Compte Rendu de course

Mardi 15 septembre 2009

Si vous avez manqué l'épisode précédent, c'est là

D’ailleurs on est tout de suite mis dans le vif du sujet. On a passé la barrière horaire, super ! C’est bien beau mais maintenant, il va falloir se cracher dans les pognes ou plutôt dans les jambes. La grimpette qui s’annonce pour atteindre le Roc du Cuzeau (1737m) est du genre pervers. Au début, elle vous endort avec un sentier roulant et plutôt large et puis lentement, mais d’une façon irrépressible, la pente s’accentue et le rythme chute. Devant moi, deux gars sympathiques papotent tout le long. Celui qui mène le train est un local du genre costaud qui plante les bâtons et commente le paysage.

 

 

J’essaye d’en profiter. D’une part parce qu’on apprend toujours des choses et d’autre part parce que ça m’évite de cogiter. Faut dire que là, je vois sur le Garmin qu’on progresse à 3 km/h et ça me met un petit coup au moral. Je me dis que si ça continue longtemps comme ça, on ne passera jamais la seconde barrière horaire. En fait je l’avoue, là, je ne fais pas le malin. Parce que non zut, crotte à la fin, j’ai pas fait tout ça pour être coincé par la seconde barrière horaire ! Mais faut prendre son mal en patience… Parce que je suis incapable de monter plus vite. Pire, les deux grimpeurs me lâchent.

 



Et en plus nous entrons dans une longue partie d’ultra brouillard comme il faut, qui me conforte dans mon choix d’avoir gardé mon coupe vent depuis le matin et d’avoir été prudent jusqu’alors. Je pioche pas mal là, dans cette côte. Avec le recul, je pense que c’est le contrecoup psychologique d’avoir passé le cap de la Croix St Robert. Je m’étais tellement dit que je devais arriver là, au moins… Parce que sinon, le corps répond encore bien. Aucune douleur, pas de crampe. Y’a pas de raison que ça coince, il suffit de continuer à mon rythme. Je m’encourage par des « Allez Guilhen, on y va tranquille ! » (ben oui, Oslo c’est un pseudo hein…) et ça marche. Je m’arrête même faire quelques photos parce que ça vaut le coup, malgré le brouillard. Il y a des passages qui valent le détour.

 

 

Nous voilà au Roc de Cuzeau, petite bascule avec descente légère qui me permet de revenir sur mes deux acolytes. Je les retrouve avec plaisir, toujours occupés à discuter des bouquetins qui squattent les lieux en temps normal. Là, ils n’y sont pas, on ne sait pas trop si c’est à cause du brouillard ou des effets de la digestion combinés à ceux de l’effort qui nous font dégazer sec…

 

 

Le Puy des Crebasses est passé à son tour (1762m) et c’est maintenant la descente réparatrice (ah bon ?) qui va nous mener aux pieds de la dernière difficulté du jour : l’ascension du Puy du Sancy, point culminant de la course à 1885m.

Dans la descente je me lâche un peu. Je sais bien que ce n’est pas sérieux mais bon, j’estime qu’après plus de 8h de course, j’ai droit à tenter le diable (un peu, juste les cornes…)

 

 

Nous traversons un joli sentier à flanc de colline, dans les bois, au milieu des fougères et nous redescendons sous les nuages. Bon, le soleil fait définitivement la gueule, on a du le contrarier, mais au moins, il ne pleut pas et la température reste agréable. Je profite d’une pause technique pour me retourner et mesurer le chemin parcouru. Les effets du brouillard conjugué aux pics rocheux m’évoquent les Blue Mountains à l’ouest de Sydney, que je me souviens avoir visité dans des conditions climatiques similaires…

 

 

Le terrain s’est aplani pour quelques centaines de mètres seulement. La descente est terminée, il faut maintenant se préparer au dernier effort. Long. Plusieurs kilomètres d’ascension pour avaler plusieurs centaines de mètres de dénivelé. A mon poignet, le Garmin annonce 55 kms et 8h24 de course. Je réalise que je n’ai jamais couru aussi longtemps (le maximum datant de la Sainté Lyon 2008 avec 7h40). Mais je sens aussi que le corps réagit encore bien. Toujours pas d’alerte. Je me suis remis de mon petit coup de mou de la montée précédente. En revanche, ce gars qui est assis au bas de la côte ne semble pas au mieux. Je m’arrête un moment, il est livide. Il me dit qu’il va vomir. Je lui demande s’il a de l’eau et du salé. Je lui propose de lui en laisser mais il ne veut pas… Pas facile. Il me dit de continuer, qu’il vomit tout ce qu’il mange, qu’il va attendre un moment.

 

 

J’hésite pas mal et puis je reprends ma route. Il y a deux spectateurs un peu plus bas, il pourra facilement trouver du secours en cas de besoin.

Là, ça grimpe méchamment. Avec des gros cailloux dans les pattes, impossible de courir. De toute façon, ça me va, je marche à mon rythme. Un gars est bien gêné avec ses bâtons, il me laisse passer. Je suis seul à nouveau, et je constate avec plaisir que les cailloux ont laissé place à un sentier bien propre, avec quelques racines mais où il est possible de courir. Dès que la pente s’adoucit, je trottine.

 

 

Ma fréquence de photos va commencer à baisser maintenant. Faut dire qu’au fur et à mesure que nous nous rapprochons du Puy de la Perdrix, le brouillard s’intensifie, la température baisse et le rythme s’en ressent. Je suis toujours inquiet sur l’heure de passage à la prochaine barrière, 17h pour avoir passé le Puy de la Perdrix et basculer de l’autre côté avant le Puy du Sancy. Je vois que je monte entre 2,5 et 3 km/h au plus fort de la pente, mais je préfère en garder sous le pied car il restera encore l’ascension finale du Sancy puis la descente sur le Mont Dore, si d’aventure je suis dans les temps…

 

 

Au détour d’un virage, au moment où le brouillard est moins épais, j’aperçois une couverture de survie dépliée. Une concurrente est en train de s’envelopper dedans. Je m’approche, demande ce qu’il se passe. La fille est exténuée. Elle me dit qu’elle n’a jamais fait si long et qu’elle n’en peut plus. Elle est au bout du rouleau. Je n’essaye pas de la convaincre de continuer, c’est toujours délicat. Surtout qu’elle semble vraiment rincée. Je lui demande si elle veut à boire, à manger, mais elle a tout ce qu’il faut. Je regarde ma montre pour me souvenir du point kilométrique où elle est, et je lui dis que je signale son n° de dossard et sa position au prochain point de contrôle.

 

 

Là, ça ne paraît pas, mais je suis heureux. Parce que je viens de passer la 2ème barrière horaire. Concentré sur mes pas dans le brouillard, luttant contre les rafales de vent qui sont puissantes par moment, j’ai presque failli louper le passage de cette foutue barrière horaire. Les organisateurs sont là, planqués derrière un monticule rocheux pour se protéger des assauts d’Eole. Je pique un carré de chocolat et leur signale la concurrente enveloppée dans sa couverture de survie. Talkie Walkie : quelqu’un va la récupérer.

De mon côté, l’objectif qui me faisait avancer depuis plus de 2h30 est atteint. Je suis passé avec un peu plus de 30 minutes d’avance à la 2ème et dernière barrière. La fatigue qui commence à s’accumuler m’empêche de jubiler. Nous passons le téléphérique et j’ai une pensée pour Zeltron…

 

 

Il nous reste à présent une dernière petite ascension pour franchir le sommet de cette course, qui lui donne son nom : le fameux Puy du Sancy. La végétation a disparu depuis un petit moment, le brouillard s’est épaissi comme un pilier de rugby du Gers élevé au foie de canard et… et ce vent ! Dingue comme ça souffle.

 

 

Les derniers mètres pour gravir le Sancy sont terribles. Les conditions ne sont pas dantesques mais elles sont quand même rigoureuses. J’ai une pensée pour les concurrents de l’an passé, qui ont affronté ce parcours sous une météo vraiment exécrable, qui a obligé les organisateurs à neutraliser la course au 50ème kilomètre. J’imagine combien ça a dû être dur pour tout le monde…

 

 

Ça y est ! J’y suis ! Sur le toit du Sancy, point culminant de l’Auvergne ! Bon, inutile de vous dire que vu les conditions météo, je ne m’attarde pas. Juste le temps de faire une petite photo des gars qui me suivent et qui avancent courbés contre les rafales de vent. Mais je suis heureux d’être là. Comme je le disais le matin à un organisateur, si on veut du calme et du soleil, on va bronzer sur une plage, on ne fait pas un trail de montagne… On est venu là pour ça, non ? Allez, je repars, le sentier passe entre deux rochers, une chaine pour s’aider à descendre de l’autre côté…

 

 

Derrière c’est le bonheur. Ça me fait penser à l’évasion de Steve Mc Queen dans la grande évasion, et cette scène mythique où il se barre avec la Triumph TR6 : derrière les barbelés allemands c’est la Suisse, la liberté… Ben là c’est pas aussi tragique ni allégorique mais bon, derrière cette paroi rocheuse où le brouillard chuinte de partout, c’est la descente vers le Mont Dore. 7 ou 8 kilomètres maxi !

 

 

Je me remets à courir, tendons et muscles restent cois. Je pense qu’ils ont jeté l’éponge depuis un moment, et attendent juste que ça se termine, trop résignés pour être douloureux. Pourtant un truc incompréhensible se passe : ma tête en veut encore. Y’a une voix intérieure qui me dit : « tu crois que tu pourrais en faire dix ou vingt de plus ? » et qui se répond elle-même « je suis sûr que oui ! ». Bon, je vous rassure : on ne le saura jamais. J’ai pas jardiné pour en rajouter et constater si oui ou non je pouvais en faire beaucoup plus. Faut savoir garder la tête froide. Et je préfère rester sur une impression positive…

 

 

Au passage d’un petit groupe d’organisateurs, ils m’annoncent 6 km de descente, je leur réponds « super ! » et l’un d’eux ajoute « tu as l’air frais comme un gardon ! ». Je me surprends à répondre « ça peut aller, ouais ! » qui me laisse avec l’étrange impression de faire preuve de suffisance. Mais bon, voilà, je me sens bien, encore frais, c’est vrai. Pour une fois, je peux en profiter quand même !

Au fur et à mesure que je descends vers le Mont Dore, le brouillard s’efface et le soleil refait son apparition. J’avais peur que la descente me flingue mais ça se passe bien. Je prends le temps de m’arrêter pour retirer quelques gravillons au fond des mes godasses.

 

 

Je suis dans un état de zen comme j’en ai rarement connu. Je rattrape un gars qui fait une pause pipi. Le sentier est maintenant roulant, nous avons quitté les paysages lunaires du haut du Sancy. Je lui dis « maintenant c’est que du bonheur ! » et il acquiesce avant de se remettre en route et de me dépasser à toute vitesse. Moi, j’ai pas envie d’accélérer. J’ai envie de continuer, de faire durer cet instant où l’on sent que l’écurie se rapproche, et qu’on a atteint son but. En même temps je déteste cette petite mort qui précède immédiatement la fin d’un ultra. Quand on voudrait que ça continue, et qu’on sait pourtant que ça va s’arrêter. Des semaines d’entrainement, des kilomètres usés, des réveils matinaux, des bobos, des doutes et des questions… Sans oublier des tonnes de bonheur. Tout ça va s’arrêter dans 3 km, c’est indiqué sur un panneau.

 

 

Dernier autoportrait, derniers virages, je rattrape un gars et nous restons dans cet ordre. La descente est raide pour rejoindre le Mont Dore, quelques cailloux et puis un peu de goudron défile sous nos pieds. On entend le speaker et bientôt on aperçoit les maisons du Mont Dore. Je ralentis pour profiter à fond des derniers mètres. Quelques applaudissements, des sourires, trois deux un zéro : passage sous l’arche. La suite c’est un dossard qu’on me reprend, dommage, je l’aurais bien gardé celui-là…

Je marche. Comme un automate. Il est 17h30, j’ai mis 10h27 pour boucler les 70 kms et 3700m de D+ du parcours. Je suis un peu ailleurs, hagard. Encore dans la course, presque envieux de ceux qui y sont encore…

 

 

Je ne veux pas trainer trop longtemps ainsi, de peur d’attraper froid. Alors je file à la voiture pour récupérer mon sac destiné à la douche. Une fille de l’organisation m’indique les douches mais me précise qu’après le passage des concurrents du 17km et du 34km, il n’y aura sûrement pas d’eau chaude. Je lui réponds que c’est pas grave, du moment qu’il y a de l’eau pour se laver… Derrière j’ai 2h45 de route à faire pour rentrer sur Lyon, je veux me décrasser avant de prendre le volant. Dans les douches, tout le monde discute, je retrouve ceux qui ont passé avec moi la 2ème barrière horaire et puis le sommet du Sancy. On se raconte notre fin de course. Tout le monde est heureux d’être allé au bout du parcours. En ressortant, je constate que les semelles de mes NB 908 n’ont pas apprécié les cailloux du Sancy. Même pas 200 bornes au compteur pourtant… à recoller plus tard…

 

 

Après la douche relaxante, plaisante, revigorante, je file me restaurer sous la tente… Bien sûr, c’est une petite truffade pour boucler la boucle ! Est-ce cette potion magique qui m’a fait me sentir aussi bien dans ma tête et dans mon corps toute cette journée ? Je préfère le penser. Même si une petite voix insiste à l’intérieur de mon crâne. Elle me rappelle que pour une fois j’ai vraiment coupé pendant les dix jours qui ont précédé la course (3 footings de 30 à 45’ maxi sur cette période). La fraicheur m’a sauvé la mise. Elle m’a permis de ne pas exploser pendant la course. Malgré le fait que je sois arrivé en ayant fait sauter 2 semaines complètes de plan spécifique début août pour soigner une tendinite d’Achille. Malgré le fait que je n’ai pas pu bouffer du dénivelé à l’entrainement comme il l’aurait fallu. Malgré le fait que je n’ai pas pu faire de vraie sortie longue au bon moment. Mais je préfère penser que c’est la Truffade qui m’a sauvé. C’est plus rock and roll. Et ça correspond plus à ma vision de la course à pied...

 

 

Voilà ! Ma saison 2009 chaotique, marquée par 3 mois de blessure interminables entre janvier et avril, s’achève sur cette course. Et quelle course ! 3 jours après, la récupération se passe bien. Quelques raideurs dans les cuisses, mais aucune douleur, Achille semble s’être définitivement tu ! Pour autant je vais le chouchouter, lui et tous ses autres potes tendons… Je me prends 3 semaines de coupure complète pour déménager dès ce samedi. Je vais quitter le centre ville de Lyon pour rejoindre les environs de l’Arbresle et des monts du Lyonnais. Je pense que je vais m’éclater à m’entrainer sur des sentiers vallonnés, ça me changera du bitume Lyonnais qui fait des dégâts sur mes tendons. Je pourrais tester mon nouveau terrain d’entrainement pour ma reprise, début octobre… Et puis du sentier vallonné c’est juste ce qu’il me faut pour préparer les ultra échéances de 2010 auxquelles je pense déjà. Faut dire que ce Sancy m’a remis en selle, en appétit et m’a rassuré. Alors je vous dis : rendez-vous bientôt !

Par Oslo
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Lundi 14 septembre 2009
Pour ceux qui auraient loupé la 1ère partie, hop c'est là.


Mais avant d’arriver à la 1ère barrière horaire, il y a du temps à passer, des kilomètres à faire et en plus c’est du roulant. Petite descente régulière jusqu’à Pessade puis on remonte doucement jusqu’au Col de la Croix Morand où nous attend le second ravito.

La descente sur Pessade nous révèle des paysages qui expliquent à eux seuls pourquoi je suis là aujourd’hui.



Je me fais plaisir. En fait non, je prends mon pied. Celui de gauche, avec mon Achille qui me fout la paix, et l’autre aussi. On court sur un sentier roulant et sur le versant d’une colline, on aperçoit toute une colonie de brebis qui ont le pied montagnard. Je vois le berger sur la crète et je me dis que niveau trail, ils doivent toucher leur bille ces gars.



On approche doucement de Pessade, je continue de gérer mais j’avoue que je commence à être confiant. Je viens de dépasser les 4h de course, et tout va bien au niveau des mes foutus tendons. Serait-ce un miracle ? Pourtant Lourdes n’est pas en Auvergne… Je commence à me dire que la truffade de la veille contenait des substances chimiques aux propriétés étonnantes. Mais très vite je reviens sur terre. Ma maman m’a dit qu’il ne fallait pas vendre la peau de l’ours avant la ligne d’arrivée… (et ma maman elle est balaise en proverbes)



Nous passons au milieu d’une allée d’arbres aux troncs sombres, c’est étonnant et beau à la fois, je sens des vagues de bonheur brut m’envahir : 4h35 de course et 32 kms avalés. Nous longeons un lac où des pêcheurs attendent que ça morde. L’un d’eux sort un beau spécimen juste comme je passe à son niveau. Je suis seul, le gars que je suivais depuis le ravito s’est arrêté pour une pause pipi. A mon tour je m’arrête pour une petite vidange comme le sentier se met à monter. Je me force à ralentir à un moment où pensant à mille et une choses, je suis un peu dans le rouge.


Nous avons donc passé Pessade, et il est maintenant temps de se diriger vers les choses sérieuses. Le cap de la mi-course vient d’être passé. 5h pour 35 kms : je suis exactement dans mes prévisions optimistes pour un temps de 10h30 à 11h00 à l’arrivée. L’arrivée, je commence à y penser sérieusement. Bon, on en est encore loin, surtout que les difficultés commencent après la Croix Morand. Mais j’ai une bonne intuition, une sorte de prémonition que je vais aller au bout. C’est un peu gonflé d’avoir ce type de pensée et je m’oblige à rester concentré, humble. Je sais que je vais me prendre un coup de pompe à un moment ou à un autre. Faut juste que je m’y prépare…



Et voilà du goudron, à défaut de plumes ! Nous arrivons en vue du ravito de la Croix Morand. De son côté, le soleil se met à faire un peu la gueule, ou le timide, ce qui revient à peu près au même… Nous croisons quelques voitures, des spectateurs (rares) qui attendent le passage d’un proche.



 

C’est pas pour rien, mais ça fait quand même plaisir de croiser un peu de monde. Histoire de se dire qu’on avance, et matérialiser cette avancée par des ravito, ça fait du bien. Même si sur le ravito en question, je me contente d'un demi verre de coca et de refaire le plein du bidon. Ah non j’exagère. Y’a du sauciflard et de la tomme de vache. Purée ouais, c’est aussi pour ça que je cours des ultras ! Les gels express sous vide, très peu pour moi ! Pour la poche à eau, j’ai de quoi aller au bout donc je remercie tout le monde comme si je venais de recevoir un césar et je me remets en route. Faut dire que devant, on a une jolie bosse à absorber.


 

Pour tout spectateur, il faudra maintenant se contenter des vaches. Nous sommes au KM 41 et d’après ce que j’avais étudié sur le parcours, les choses sérieuses commencent. En même temps, c’est maintenant le plus sympa. Je suis apaisé. J’avais envie d’arriver ici sans avoir tapé dans les réserves, et pour l’instant c’est le cas. Moralement il se passe un truc indescriptible dans ma tête. Moi qui doute souvent, là je me sens à bloc, certain d’aller au bout, à condition que je passe les barrières horaires. Mais bon, j’ai de l’avance pour la première, ça va passer pour celle-là. C’est déjà ça de pris. Je veux pas m’emballer, je ne suis pas habitué à la confiance, j’ai toujours peur que ça devienne un manque d’humilité. Et l’ultra, on le sait tous; ça nous le fait payer tôt ou tard.



Alors je m’oxygène la tête comme une éclaircie décide de venir nous voir. Un lac au loin, du vallonné, y’a pas à dire, c’est quand même beau l’Auvergne, et je dis pas ça rien que pour ses fromages… Je pense aux organisateurs qui se mettent en quatre pour nous offrir une course pareille, et aussi à leur chance de courir toute l’année sur ce spot. M’enfin, je vais bientôt quitter le centre ville pour rejoindre les monts du Lyonnais, ça sera toujours ça de pris…


Je monte en compagnie d’un gars qui me propose plusieurs fois de passer. Mais ça va déjà bien assez vite. Je sens que je pourrais aller plus vite, mais je sais surtout que je le paierai tôt ou tard. Donc je reste sage et je profite de chaque instant. Je repense à mes 3 mois de début d’année foutue, de l’annulation de ma participation au Grand Raid Ventoux. Je savoure l’instant présent, je suis à 200% dans ce que je fais et ça fait un bien XXL à la tronche. J’ai tellement douté jusqu’au dernier moment de pouvoir être au départ…


Voilà quelques rondins de bois en guise d’escaliers qui cassent bien le rythme de notre progression. Heureusement ils ne durent pas, parce que bonjour le travail des mollets. Nous dépassons un père et son fils d’une dizaine d’années qui bougonne et pleurniche. Il ne veut pas monter plus loin et crache un chaperon d’injures à destination de son père. Je repense à mon enfance, pas spécialement sportive, et je me dis qu’il sait pas ce qu’il loupe ce môme. Si je pouvais remonter le temps, je n’attendrai pas mes 30 ans pour commencer à courir !

Trève de pensées à deux balles, nous voilà face à un passage mémorable et génial. Il s’agit de la succession de trois petites bosses : Puy de la Tache (1696m), Puy de Monne (1692m) et Puy de l’Angle (1738m). On distingue les coureurs qui nous précèdent sur la crète, et plus loin le sentier qui grimpe...

 

 


Dans les côtes, on marche et dans les descentes on court, à flanc de crêtes, au loin on aperçoit ceux qui nous devancent, ce qui permet de voir où l’on va. Et ça file une maxi patate parce que monter là haut, ça a l’air plutôt sympa. Et c’est parti pour une nouvelle séance de « run to the hills ». Je chante à tue tête du Iron Maiden sur les puy d’auvergne. C’est le pied !



 

Passage au Puy de l’angle, et c’est la descente vers le col de la Croix St Robert. Et ça c’est plutôt une bonne nouvelle parce que l’air de rien, on arrive à la 1ere barrière horaire ! Hop voilà, c’est fait, elle est là, cachée sur un tas d’herbe. Kilomètre 50... Matérialisée par rien, elle n’a pas l’air si terrible, et je la passe à 14h, avec pile poil une heure d’avance.

Maintenant, ce qui nous attend, c’est le pile ou face de l’histoire. Une montagne russe géante entre cet instant et la 2ème barrière horaire au Col de la Cabane au KM 62, juste avant le Puy de Sancy. Dis comme ça, ça ne fait pas grand chose. Mais il y a quand même 12 bornes dont la majorité se feront en montant, jusqu’aux 1824m du Puy de la Perdrix. Et puis le soleil a décidé qu’il en avait assez vu. Tout ce qu’on voit là où on doit se rendre, ce sont des nuages qui s’incrustent sur les sommets… Voilà qui promet pour le dernier tiers de course ! Je sens que c’est maintenant que les choses vont se jouer…

 

 

... Suite et Fin au prochain et dernier épisode...

Par Oslo
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Lundi 14 septembre 2009

Vendredi 11 septembre

Je suis arrivé au Mont Dore en fin de journée, juste à temps pour récupérer mon dossard. L’hôtel donne sur le parc du Casino où se tiendra le départ le samedi… Pas de risque d’être en retard. En même temps, la ville n’est pas Los Angeles, on a vite fait le tour. Tout autour, on devine les sommets de la chaine des Puy qui domine la bourgade. Dommage que la nuit tombe déjà, j’aurais bien aimé voir tout ça de jour.  

 

 

La météo n’est pas mal. L’ambiance de veille de course est bien là : des arches gonflables, de la pub Salomon (challenge Salomon oblige) et partout des gars avec des XT Wings aux pieds. Incroyable ce que cette pompe a du succès, même avant de courir, on en voit partout… Les organisateurs qui me remettent le dossard sont accueillants, souriants et cools. Vraiment sympas. Ils conseillent de se couvrir pour le lendemain, malgré le beau temps annoncé car là-haut, sur les crêtes, ça va pas être pareil…

Je vais poser mes affaires à l’hôtel et j’en profite pour m’étaler dans la chambre exiguë.

   

 

Petit tour dans la cité, à la recherche d’un endroit pour manger. Demain matin le réveil est programmé à 4h30 alors je ne veux pas trop tarder avant d’aller me coucher. Donc, je fais comme les petits vieux, et il est 19h50 quand je pars à la quête d’un endroit où manger un bout. Je passe devant une pizzeria, une crêperie, je lis les menus… Bof… Nouvelle crêperie, juste derrière l’hôtel, en direction des thermes. Je vois marqué « Truffade » au moment où un couple de coureurs déchiffre le menu à mes côtés. La femme, sage, souffle à son mari qu’ils feraient mieux d’aller à la pizzeria pour y manger des pâtes. Ouais, mais moi je ne suis pas venu ici pour manger des pâtes. Alors je dis banco et je pousse la porte du resto. Une truffade et une Pelforth brune plus tard, direction l’hôtel. Il est temps de préparer le sac pour demain. A défaut de frigo dans la chambre, je dépose 2 petites bouteilles de jus d’orange sur le rebord de la fenêtre…  

 

 

Samedi 12 septembre

4h00 premier réveil naturel. La crainte de manquer le départ… Finalement je me rendors et à 4h37 le vrai réveil (j’ai toujours aimé les comptes pas ronds).

Après la douche, il est temps de manger un bout. J’ai prévu simple, quatre quart et barre de céréales. Les deux bouteilles de jus d’orange sont fraiches comme si elles sortaient du frigo. Dehors, la température est vraiment basse à 5h et je referme vite la fenêtre. Je sors les manchettes Raidlight : je partirai avec.

6h30 : j’arrive sur le départ, prêt à en découdre. Pour ne pas céder à l’agitation fébrile des concurrents qui piétinent d’impatience, je pars m’isoler à l’écart, et je m’étends sur un banc.  Je n’ai pas très chaud, surtout aux jambes (j’ai adopté le cuissard). Pour faire comme les pros, je me concentre et fais le vide. Je repense à ma prépa avec inquiétude (comme souvent). A tous ces petits bobos qui m’ont pourri le mois d’août et qui ont tronqué mon entrainement. Et puis y’a ce tendon d’Achille qui me tiraille depuis 10 jours et qui m’inquiète. A vrai dire, je me demande combien de temps je vais pouvoir courir. Je m’imagine devoir rendre mon dossard avant même le 1er ravito… Avoir fait ce chemin, avoir laissé femme et enfants à Lyon, avoir posé une journée de congés… Stop aux pensées négatives ! Ouf, un gentil organisateur passe par là et viens me parler de la météo. Cela me sort des idées noires et me fait du bien.

7h00 : pas le temps de tergiverser, on nous rassemble pour le départ.

 

 

Quelques mots d’encouragement des organisateurs et les fauves sont lâchés sous les applaudissements des spectateurs (des participants du 34 km qui part à 9h30) et à nos pieds, ambiance garantie avec fumigènes verts et rouges comme en Italie et la musique des Templiers. En fait, la musique qui aurait bien collé à cette course (mais je ne le savais pas encore) ça aurait plutôt été « Run to the hills » par Iron Maiden. Je me suis surpris à la fredonner plusieurs fois dans les heures qui ont suivi (au grand amusement de certains de mes compagnons de route…)  

 

 

Le départ est rapide. Les gars partent comme des flèches, c’est dingue. Et dire qu’on est parti pour 70 bornes comme ça, j’hallucine. De mon côté je pars cool de chez cool. Déjà que je pars toujours tranquille, mes doutes sur la tenue de mon tendon d’Achille me font ralentir davantage encore. Après la ligne droite et un virage nous sortons du Mont Dore pour aborder une grimpette goudronnée qui se transforme très vite en chemin. Je me retourne : à peine 20 concurrents derrière moi.  

 

 

Le sentier passe sous les arbres, c’est un départ gentil pour se mettre en jambes, ça monte en lacets. J’en vois déjà qui se mettent à couper. Je ne comprends pas bien l’intérêt mais bon, j’imagine que chacun fait ce qu’il lui plait hein… Nous marchons. Nous, c’est le groupe des poireaux qui squatte l’arrière du peloton. Pas le gruppetto non, c’est encore trop tôt, mais plutôt les plus encrassés des diesels.

Après un petit panorama sur le Mont Dore sous nos pieds, nous quittons la forêt pour nous enfoncer sur un sentier large et roulant. Au fond à droite c’est le Puy Loup qui s’élève à 1481m et c’est là que nous allons pour commencer…  

 

 

Je fais des photos, en pensant à Mic31 et aux copains qui m’en ont réclamé. Je me sens bien, je bois toutes les 10 minutes, les jambes répondent et le talon d’Achille chauffe gentiment. Je marche dès que ça grimpe, discute un peu et surtout je fais gaffe à pas trop taper dans les réserves. Je m’arrête assez régulièrement pour profiter du paysage. Le lever du soleil au-dessus du Mont-Dore, moi en train de courir, c’est une sacrée chance que j’aie et j’ai envie de la faire durer.  

 

 

Nous courons depuis une dizaine de km environ. Pour l’instant ça va. Je me dis que je vise le 1er ravito qui est au 25ème kilomètre et que j’aviserai de la suite en fonction de l’état du bonhomme. Pour l’instant je profite du paysage, et j’attaque une barre Chocolat Spiruline (vraiment excellente d’ailleurs, même si ça vaut pas une bonne truffade mais c’est plus pratique à emporter…) Sur le profil j’ai vu qu’on allait attaquer la première ascension de ce trail… Et c’est parti !

 


Ascension de la banne d’Ordanche, on monte doucement, c’est une mise en jambes mais prudent, je préfère marcher. Je pense aux premiers qui ont du passer là depuis un moment à toute vitesse… En fait, on a du bol d’être un poireau. Parce que comme on se traine grave, on a tout le loisir pour admirer les environs…

Je pense à mon talon d’Achille qui tient le coup, et je me dis que si ça continue comme ça, ça sera pas dommage.

 

 

La grimpette vers Ordanche est longue mais pas vraiment difficile. On peut marcher à un bon rythme et avancer. Mais ça serait dommage d’aller trop vite parce qu’on pourrait louper des points de vue vraiment sympas. Encore un effort et on y arrive, tout en haut de cette forêt dans laquelle nous avons pénétré quelques temps plus tôt.  

 

Le temps, justement, est plutôt agréable. J’ai retiré mes manchettes depuis un moment maintenant mais je garde buff et coupe vent sur moi, c’est mon naturel frileux qui s’exprime…

A la sortie du bois, il n’y a pas de loup, mais une hésitation sur la suite du parcours. En fait c’est un coureur qui m’induit en erreur. Je le vois grimper à travers champ et j’entends des gars s’appeler de l’autre côté d’une colline. Je me dis que ça doit être par là... 
 

 

Pourtant y’a un truc qui me chiffonne. Je ne vois aucune rubalise, aucune flèche cartonnée, bref, aucun indice laissant à penser que je suis sur le bon chemin. Finalement je me retrouve sur un chemin et là je suis bien embêté : à gauche ou à droite ? Un couple de coureurs me rejoint par la droite du sentier. Ils me disent que de là où ils viennent, c’est pas bon. Ils me disent aussi qu’ils ont vu plusieurs dizaines de coureurs couper à travers les collines. On court un peu sur ce chemin et en contrebas on aperçoit des rubalises. En fait j’ai été trop impatient, l’itinéraire était bien tracé. Au final on n’a pas gagné de temps, j’ai du en perdre un peu mais l’essentiel est d’être sur le bon chemin. Surtout qu’en plus y’a des vaches et juste derrière là où on va, le Puy Loup.

 

 

Un petit groupe de coureurs nous a rejoints, et nous avançons à un bon rythme (plus de 11 km/h) sur un sentier roulant. On papote, on papote et on fait pas gaffe, ça va un poil vite pour moi donc je me remets à mon rythme perso et je les laisse s’éloigner. Je récupère un coureur slovène avec qui je discute un peu en anglais parce qu’il ne comprend pas le français. Il m’explique qu’il était au Mont Blanc fin août, et j’hallucine… J’ai pas bien compris s’il avait fait l’UTMB ou s’il avait fait de la rando sur plusieurs jours… Mais comme ça monte à ce moment là, j’économise mes mots. Il me demande si le tempo est bon. J’ai envie de lui répondre que pour moi, le bon tempo c’est passer les barrières horaires, point. Et que pour l’instant je sais pas du tout si ça va être suffisant parce que je suis à l’économie. Mais comme j’ai pas envie de dire tout ça parce que ça m’essouffle, je me contente de dire qu’on ne rentrera pas dans le top 10…  
 

 

Je continue ma route et me retrouve seul à nouveau. En fait ça me gêne pas tant que ça, parce que tout là haut, on aperçoit quelques silhouettes progresser vers le Puy Loup. C’est superbe. Et finalement on se retrouve vite au bas de la montée.

 

 

C’est donc parti pour une petite séance de grimpette. « Que c’est beau ! » Plusieurs fois je vais lâcher ces mots à voix haute, ravi comme un gosse d’être ici. Faut dire que j’en reviens pas mais le tendon d’Achille me fout une paix royale. Je me sens bien, reposé, frais… Nous approchons doucement des 20 kilomètres et tout va bien.

 

 

Petit autoportrait pour juger de l’état du bonhomme quand tout ça sera terminé… Je poursuis ma progression en marchant, doucement mais sûrement, la température est idéale, il y a du ciel bleu, des vaches et des coureurs, tout va bien quoi ! Et hop, arrivée en haut du Puy Loup et de ses 1481 mètres, je me retourne pour voir ce qu’on a fait.

 

 

Je bascule de l’autre côté du Puy Loup, et là je constate deux choses qui me plaisent : le revêtement est super confortable et en plus c’est à peu près plat donc on peut courir. Le 20ème kilomètre se rapproche à toutes jambes (enfin, c’est vite dit…). Devant moi un coureur en point de mire me permet de voir où on va. Je me sens bien, et je suis heureux alors je chante « Run to the hills » parce que vraiment, c’est à ça que je pense là…

 

 

Nous avons dépassé les 20 kms et il faut à présent redescendre un peu pour converger doucement vers le premier ravito installé au KM 25, au col du Guéry. C’est l’occasion de descendre en courant les collines qui me rappellent par moments les tourbières des Highlands écossais.

 

 

Mais il n’y a pas que ces collines vertes et pleines de vaches en Auvergne. Oh non, il y a aussi des petits sentiers colorés où il fait bon courir sur un tapis mou et douillet qui ménage les tendons et apaise l’âme du coureur voyageur.

 

 

KM 25 : le premier ravito arrive. Je me pose cinq minutes. Je jette quelques emballages de barres de céréales, refait le niveau de mon camel (pas beaucoup bu d’ailleurs). Je jette deux verres de coca dans mon porte bidon que je complète avec de l’eau pour couper l’effet bulles. J’en profite aussi pour grignoter une demi-banane et manger quelques noix de cajou. Quelques mots avec les organisateurs, d’autres coureurs… Pour l’instant tout va bien. Je suis un peu surpris d’être aussi frais et surtout en paix avec mon pote Achille. Alors je vire mes pompes, les nettoie bien consciencieusement, les vide de toutes brindilles et autres gravillons. Et puis il faut repartir… Parce que bon, l’air de rien, il reste encore 25 kilomètres avant la première barrière horaire…

...... à suivre !

Par Oslo
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Lundi 18 mai 2009

Comment on fait déjà, les CR de course ? Depuis le 6 décembre 2008 ça m’était plus arrivé…

 

Dimanche 17 mai, aux alentours de 8h du matin. J’arrive à Albigny sur Saône. Depuis la Croix Rousse, à peine quelques kilomètres. Avec un peu plus d’entraînement dans les pattes, j’aurais pu venir en courant (ça m’aurait servi d’échauffement et ça aurait été bien).

Je suis les panneaux indicateurs « Trail des Passe Montagnes » et j’arrive comme une fleur devant la salle polyvalente. Il y a déjà pas mal de voitures et pas beaucoup de places alors j’ai du bol, j’en trouve une juste à côté du retrait des dossards.

Dans le ciel, le soleil se la joue XXL et il fait déjà bon. Pas de doute sur la tenue à adopter : court en haut, court en bas ! Par contre le vent souffle un peu et il y a plein de poussières qui volent : les lunettes de soleil seront utiles pour protéger les yeux (et quand on porte des lentilles c’est pire).

 

Pour l’instant je suis encore en jean et sandales. Il fait un temps estival, on est bien ! Je croise des concurrents qui trottinent déjà, plus d’une heure avant le départ… Plutôt pressés d’en découdre les gars ! De mon côté je suis comme un gamin. Après mes 3 mois de misères tendineuses, je suis ravi de me retrouver enfin au départ d’une course. En croisant les coureurs et les coureuses qui se préparent, je me rends compte à quel point ça m’a manqué. Cette ambiance bonne enfant, cette sensation de faire partie d’un petit monde de passionnés qui partagent l’amour de la course à pied. Regarder les équipements des uns, des autres, se rendre compte du nombre ahurissant de coureurs en Salomon (effet de mode sûrement), voir ceux qui partent avec porte bidons, ceux qui ont un sac… Ben c’est con mais ça me fait plaisir. Même si je continue à penser que c’est l’entraînement que je préfère, ça fait quand même du bien de mettre un dossard de temps en temps !

 

Je file récupérer mon dossard, le 301. Il règne une joyeuse ambiance dans cette salle, un coin buvette (important ça), un coin consigne sacs, un coin pipi (très important ça), et un coin retrait des dossards. J’aperçois Yanshkov assis sur une scène et je file lui dire bonjour. Les béquilles à côté sont bien pour lui, mince, j’avais pas su ce qu’il lui était arrivé… On papote un peu, je suis désolé pour toi Yan, quand ça veut pas, ça veut pas… Courage, patience et ça repartira aussi sec !

 

De retour à la voiture, je me prépare doucement. Maillot orange, chaussettes oranges obligatoires pour tout membre du GCO qui se respecte… et voilà JeanMik qui passe par là. Hop, nouvelle séance de papotage… On file ensemble prendre un café et comme le temps finit toujours par passer, on commence à penser au départ. Je tombe sur deux potes, donc re papotage et avec JeanMik, on rejoint la ligne de départ. On se retrouve sur les hauteurs d’Albigny, sur une portion goudronnée. Quelques photos, l’ambiance est décontractée, les gens ont le sourire (pour certains ça va pas durer :o))) On remarque avec JeanMik qu’il y a quelques coureurs avec des chaussettes oranges. Peut être veulent ils être intronisés au GCO ? JeanMik déclare qu’il faut attendre de les voir courir, il y a des minimas pour être susceptible d’intégrer le prestigieux GCO. De mon côté, j’attends de voir ce qu’ils consomment comme boisson d’après course. Et en quelle quantité… Faut pas déconner, la bière d’après course du GCO c’est quand même une institution !

9h05 : toujours sous un soleil éclatant, c’est parti ! C’est parti à fond ouais ! Oh punaise, mais ils sont fous ou bien ? Je regarde mon cardio : 180 ! Mais comment ils font pour partir comme ça ? Moi il me faut mes 20 minutes syndicales d’échauffement. Et encore c’est un minimum ! Non là vraiment ça va pas le faire. Je sors l’aérofrein, tombe la voile et je me cale à mon rythme. De chaque côté ça passe comme des Mig en pleine guerre froide. Nom de diou, je savais que j’étais toujours long à me mettre en route mais là les gars (et les filles qui ne sont pas en reste) sont vraiment pressés ! Même pas trois cents mètres de course et j’ai déjà perdu JeanMik qui est loin devant. Mais bon je m’y attendais un peu, on ne boxe pas dans la même catégorie ;)

 

 

Le parcours est pour l’instant tranquille. Pas de difficulté, c’est roulant, dégagé et large. Je sens que je vais trop vite, d’ailleurs les coups d’œil au cardio le confirment. Je décide donc… de ne plus regarder le cardio. Je continue à me faire déposer par des fusées de tous côtés pendant 2 bornes. Enfin arrive la première côte et là ça va mieux. Non seulement plus personne ne double mais je commence à doubler. Bon, entendons nous bien, mon but n’est pas de doubler mais de courir à mon rythme.

 

Tout se passe bien, je m’arrête de temps en temps faire des photos. Je tente même quelques vidéos tout au long du parcours mais je ne vous les soumets pas, sinon c’est mal de mer assuré !

L’ambiance est bonne, je papote avec des gars et des filles avec qui nous faisons le yoyo comme ça arrive souvent dans ce genre de course. Faut dire que dans les montées j’avance bien mais dans les descentes, je pense à mon TFL. Alors je descends avec le frein à main (ou à pieds en l’occurrence). C’est à chaque fois dans des descentes que je me suis blessé au genou (final du marvejols mende et final de la sainté lyon en 2008, séances d’escaliers en 2009) donc là, c’est tout doux. C’est un peu rageant parce que d’habitude en descente j’avance pas trop mal, mais faut être prudent…

 

 

Prudent aussi le petit gars Oslo parce que l’air de rien, il doute pas mal. Après 3 mois d’interruption presque complète, je n’ai repris l’entrainement que début avril et en privilégiant les séances faciles (pas de VMA, pas de seuil, très peu de vallonné et jamais plus de 2h). J’arrive donc ici avec 24 km à faire ce qui sera ma plus longue séance depuis le 1er janvier. J’ai peur de souffrir à la fin du parcours et dans les enchainements montée / descente que je n’ai pas travaillé. Et dire que si tout avait roulé normalement, ce dimanche 17 mai je serais en train de courir les 100 kms du Grand Raid Ventoux… Bon c’est pas grave je conjure le sort en faisant ce trail ! C’est à tout cela que je pense en courant. Et puis à prendre quelques photos aussi.

 

Le premier ravito arrive vite mais comme je n’aime pas m’arrêter et que j’ai le sac, je continue. Je n’ai prévu qu’un seul arrêt au milieu pour recharger la poche à eau et je vais m’y tenir.

De temps en temps il y a un petit vent frais très agréable. Cela évite les gros coups de chaleur. Je mange un peu en piochant dans mon sac, et je bois beaucoup comme d’habitude (de l’eau bien sûr :o)))

A chaque intersection, à chaque endroit où le parcours croise la route, il y a les bénévoles sans qui ce genre de fête ne serait pas possible. Je les remercie donc tous en passant, comme à chaque course. Ca ne coûte rien et c’est la moindre des choses.

 

 

En haut du mont Thou je m’arrête pour faire quelques photos car on voit les Alpes et c’est vraiment un des plus beaux panoramas du coin. Richard, un copain motard qui court aussi, me dit d’arrêter de faire le touriste. On discute un moment en redescendant puis on remonte un peu en direction du mont Cindre.

 

Arrive le second ravito, nous sommes au KM 11. Je recharge la poche à eau, mange un morceau de fromage au passage et je repars. La descente qui suit est longue, je la connais bien pour l’avoir faite assez souvent (mais plutôt en montée) l’an dernier. Elle commence sur un sentier, continue avec des cailloux casse gueule et finit sur du bitume qui tape. Heureusement le bitume ne dure pas longtemps. Je descends prudemment, ménageant au maximum mes genoux. Et là en bas de la descente, gros coup de moins bien. J’ai les jambes lourdes, Richard s’éloigne et je ne peux rien faire pour le suivre, ce serait me cramer. Je continue à m’alimenter et à boire régulièrement, je respire bien, pas de douleur nulle part mais juste plus de forces dans les jambes. Allez hop j’active le mode « j’en chie mais ça va passer » pendant 3 bornes environ.

 

Vers le 15ème kilo je retrouve mes moyens. La suite m’a semblé super rapide. J’ai arrêté de regarder les KM et j’ai pensé à me faire plaisir. Je me suis mis à avancer mais toujours avec la peur de me cramer donc toujours en en gardant sous le pied. Je constate notamment que je suis vraiment facile dans les côtes. Là je me pose la question : à quel point le fait de me taper 6 bornes de marche à pied pour aller bosser tous les jours, avec notamment 100m de D+ d’escaliers m’aide dans les côtes en trail ? Parce que là je me fais plaisir. Je peux courir là où la majorité marche, sans avoir l’impression de me cramer. Porté par cet enthousiasmante découverte, je me permets même de me lâcher dans une grande descente vers le 18 ou 19ème kilo. Je double je saute comme un cabri et je m’attends à me ramasser la gueule. Je veux tester mes genoux et ils ne bronchent pas.

 

 

C’est tellement la fête du slip que forcément je rate une bifurcation et que je tire tout droit avec plusieurs autres gars. On s’enfonce dans un dédale de branchages sur un petit sentier et au bout d’un moment on s’arrête car il n’y a plus de rubalise. Derrière nous un gars dit « si c’est bon c’est là » alors on repart. Mais trente mètres plus loin, un tas d’éboulis, un chemin de chèvres qui descend, un autre qui monte et rien. Allez hop demi-tour. Je repars devant le petit groupe et forcément je remonte trop loin donc je me perds une seconde fois. Je rebrousse chemin et repart dernier du groupe des étourdis. La petite affaire a du me coûter 5 bonnes minutes mais on n’est pas à ça près…

 

Je m’attends à recevoir un coup de manivelle. Faut dire que dans les portions planes mon GPS indique plus de 12 km/h et dans les montées je continue à avoir un bon rythme. Je ne marche plus contrairement au tout début où je faisais tout à l’économie. Faut dire que j’avais peur de morfler. La semaine a été longue au boulot et j’ai fais plus de 40 bornes de CàP. Après 1 petit mois de reprise faut pas pousser trop loin le bouchon Maurice…

Dernière descente sur Albigny. Les bénévoles nous annoncent moins de 2 kilomètres. Je relance la machine pour faire un second test de descente mais je dois m’arrêter aussi tôt… pour refaire les lacets de ma chaussure. Oui je sais je suis un boulet… Bon allez je repars, dépasse quelques types avec qui je fais le yoyo depuis le 3ème kilomètre. Et là la surprise du chef : les escaliers.

 

 

Franchement ça me plait. J’en bouffe tous les jours pour aller au boulot donc pas de problème. J’hésite à les monter en courant puis je me dis qu’il faut être sage. Arrivé en haut, ça pique un peu les cuisses…Je me remets à courir et reprend un gars avec qui j’ai fais la montée vers le mont Thou. Il est carbonisé. Il marche de guingois et marmonne des paroles de découragement. En le passant, je me tourne vers lui et lui dis de s’accrocher, qu’il ne reste plus grand-chose, qu’on finit ensemble. Il se remet à courir et ensemble nous produisons un dernier effort.

Et ça va tenir. Tout. Les genoux, les cuisses, tout je vous dis. Je finis en trombe, étonné de voir la ligne d’arrivée alors que je me sentais vraiment frais. Je finis donc sur une note super positive. Sur la ligne, je retrouve Richard qui est arrivé depuis 10 minutes. On papote, tous les gars avec qui j’ai couru et discuté sont là ou arrivent, on papote encore. Les gens sont heureux. Yanshkov arrive, me demande mes impressions, je suis ravi. Du parcours, de la météo, de cette ambiance de grande famille, et surtout que mes genoux aient tenu. 2h34 au chrono, je m’attendais à mettre 3h00 donc je suis plutôt satisfait, surtout que je me suis économisé pendant un moment.

 

Je file manger un morceau parce qu’on n’est pas puni non plus. Je retrouve un autre copain motard qui court aussi (on est un paquet de motards à courir en fait !) on discute autour d’une assiette de salade de riz. Les mêmes discussions que dans toutes les fins de course : impressions sur le parcours, courses déjà faites, celles à venir, des nouvelles de machin et de truc… Du classique.

JeanMik a déjà pris sa douche, il est arrivé depuis un moment et il est heureux du parcours. Nous décidons de fêter cette belle journée par la bière traditionnelle d’après course du GCO. A l’ombre derrière le break, on est bien et c’est que du bonheur, merci encore JeanMik pour la Leffe !

 

Voilà une bien sympathique façon d’occuper son dimanche matin, à refaire comme toutes les courses qui se déroulent dans les monts d’or d’ailleurs, paradis du trailer lyonnais ! De mon côté, vraiment soulagé de voir que la machine a bien tenu. Moralement je suis reparti à bloc. Physiquement, on va d’abord faire une semaine light et finir doucement le plan de remise en forme pendant les 2 semaines suivantes… Qui va piano… joue du piano, enfin non mais vous avez compris hein ;)

 

Par Oslo
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Lundi 8 décembre 2008
Préambule
Sainté Lyon… Quand on est un béotien en matière de course à pied, cette course est incompréhensible. Je me souviens… Décembre 2005. Cela fait deux mois que je me suis mis à courir. Deux footings par semaine, après plus de 10 ans sans aucune activité physique. Et je tombe sur un reportage qui parle de cette course. 69 kilomètres en courant ! De nuit ! Au mois de décembre ! Mais ils sont tarés les mecs ! J’avoue qu’à cette époque on m’aurait dit « Dans trois ans, tu y seras » je n’y aurai pas crû une seconde. Je n’aurais pas crû que j’allais mordre à la CàP à ce point et devenir passionné au point de prendre le départ d’un truc pareil…
Trois ont passé, je me prépare à y aller à mon tour. Pas d’objectif chrono mais je table quand même sur 8h-8h30… Faut bien se donner une idée… Volontairement je n’ai pas reconnu le parcours, et je n’ai pas étudié attentivement le profil de la course. Je veux tout découvrir pendant la course.

Vendredi 5 Décembre 2008
Dernière journée au boulot. J’avoue que j’ai la tête ailleurs, vers le parc expo de St Etienne. Mais le week-end commence mal : une grosse flaque sous le capot de la voiture et une fumée pas catholique qui s’échappe du moteur en remontant sur la Croix Rousse… Le garagiste n’a pas la pièce en stock, d’ici lundi c’est zéro voiture. Je vais donc prendre l’option SNCF pour rejoindre la ville des verts. Comme tous les jours, je me couche vers 21h30 en vérifiant une dernière fois la liste du matériel à emporter pour le lendemain. 


Samedi 6 Décembre 2008
La nuit n’a pas été si longue que je l’aurais voulue. Ma fille fait ses dernières dents et tousse beaucoup. A 7h30 je me lève et prépare le biberon avant de le lui donner. Son estomac calmé (et ce n’est pas une mince affaire, c’est dingue ce que ça mange à 13 mois !), j’ai un peu plus de répit. Pendant le petit déjeuner, je pense à la course. C’est curieux de devoir attendre si longtemps, le départ est encore tellement loin… Je n’ai pas l’impression d’y être, pas d’excitation, rien…
17h00 : Je n’ai pas pu faire la sieste. Impossible de dormir en début d’après midi. Alors j’ai eu le temps de faire mon sac. Petit exploit, j’ai réussi à tout faire rentrer dedans, camel y compris. Question chaussures, je me laisse encore le temps de choisir : les salomon Trail Comp sont dans le sac, les NB 1061 de route à mes pieds. Un gros bisou à madame et à ma fille qui pleure quand elle me voit partir… Mais allez je suis fort, je claque la porte et c’est parti pour le métro jusqu’à la gare.
18h50 : je sors de la gare de Chateaucreux. Le train est parti avec 30 minutes de retard, mais j’ai largement le temps. Nous sommes plusieurs en chaussures de sport avec le sac sur l’épaule à chercher le parc expo. Je fais le trajet avec un grand costaud, militaire de carrière qui vient de Paris pour la course. Il est bien sympa, on parle du Lyon Urban Trail qu’il a disputé lui aussi quelques semaines plus tôt.

19h10 : j’entre dans le parc expo de St Etienne. J’aperçois le ballon Petzl et les stands comme celui de Raid Light, des gens partout… Oh purée, là ça y est, je réalise que j’y suis ! Ces trois dernières années me reviennent en tête dans un flash de 30 secondes. C’est le temps que je reste là, debout, au milieu de tout ça, seul. Et puis je vais voir mon numéro de dossard puis je fais la queue pour le récupérer. Je retrouve mes copains Taz et Arthur, fait la connaissance de Line. Je suis content de les trouver. Ca va être long jusqu’à minuit et je n’aimerai pas gérer ça tout seul. Et puis même, pour moi une course c’est avec les copains. Faut partager ces moments-là. D’ailleurs Orion39 et Yan42 arrivent et puis c’est Biscotte et Xavier, et même Ana qui fait un passage. On commence à être un petit groupe…


20h00 : j’ai terminé mon repas, deux sandwiches fromage poulet cornichons, j’ai ma dose de pâtes depuis trois jours, je n’en veux plus… Et puis niveau intendance, c’était plus facile d’emporter les sandwiches. Le speaker n’arrête pas de parler, « le parc expo ressemble à Woodstock » déclare une passante. Ouais, y’a un peu de ça. Des concurrents sont allongés un peu partout pour faire une bonne sieste. J’aimerai bien pouvoir faire comme eux mais c’est impossible. Trop de lumière, trop de bruit, je ne sais pas m’isoler. Toutefois j’évite de me disperser. A l’image d’Arthur, je commence à me préparer lentement. J’essaye d’être méthodique pour ne rien oublier. Collant chaud, maillot de corps manches longues respirant, polaire… ouh là cette chaleur. Il fait trop chaud pour l’instant, je reste donc avec mon maillot Odlo sur le dos (en plus ça rime). En fait le plus galère c’est la préparation du camel. La veste imperméable Quechua sera de la partie mais je la roule sur le camel, en la faisant tenir par les passants élastiques. Je pense qu’elle me servira en cas de froid. Car pour la pluie, il semblerait qu’on y échappe. Je me sens bien dans ma tête. Je n’ai pas l’impression qu’on va partir pour 8 heures de course. Je tombe d’ailleurs sur le petit carton étanche que je me suis préparé avec les temps de passage. Côté pile le scénario raisonnable pour franchir la ligne en 8h30, côté face le scénario optimiste pour en finir en 8h00. J’ai un paquet de trucs dans le camel. Faut dire que j’ai fais le choix de me passer des ravitos pendant la course. Je veux être en autonomie complète niveau alimentation. Et ne m’arrêter que pour refaire le plein de la poche à eau. J’ai dans l’idée de ne pas m’arrêter avant Sainte Catherine. Je range donc gels, temps de passage et sporténine dans une poche latérale, mini-sandwiches dans l’autre poche latérale. Dans la poche dorsale interne, tout ce qui craint (lentilles de contact de secours, téléphone, carte d’identité, de la monnaie) et dans la poche dorsale externe ce qui pourra me servir pendant la course (sous gants en soie, piles de rechange, stock de sandwiches).


21h30 : je ne suis pas encore prêt mais il y a encore le temps. Je me balade dans le parc expo, je rencontre beau papa avec les autres bénévoles, je prends un café et discute un moment. De retour avec les copains, Orion, Taz et Yan sont allongés en position repos. Line fait de même. De mon côté je finis mes préparatifs, pas encore décidés sur le choix des chaussures, trail ou running ? Miaou et Yinyin arrivent à leur tour, le pauvre Yinyin a l’air fracassé. Il dort debout après ses 12h de home trainer pour le téléthon. Et derrière il enchaine avec une Sainté Lyon en solo : cet homme-là est un doux dingue… De mon côté je commence à fatiguer, c’est l’heure habituelle où je commence ma nuit. Je vais avoir une ½ heure vraiment difficile…
23h00 : il est temps de poser les sacs à la consigne. Je me suis donc décidé pour les Salomon Trail Comp. Je boucle mon sac et le pose dans le bus, un peu de spéléo mais par chance je trouve une place en haut…
23h15 : le speaker commence à nous faire monter la pression mais de mon côté c’est toujours le calme plat. Le café que j’ai bu commence à me faire du bien, je me réveille doucement. En fait, c’est lorsque nous sortons avec toute la bande que le froid finit de me réveiller tout à fait. Un petit pipi en compagnie de Biscotte et Taz et puis nous avançons. Nous nous retrouvons avec Biscotte, Xavier, Taz et Arthur pas trop mal placés mais la ligne de départ est très large, on a du mal à se rendre compte.
23h45 : J’avale un comprimé de sporténine et j’attends tranquillement, on discute, on échange quelques conneries pour faire passer le temps et puis j’allume le 305 pour qu’il ait le temps de choper les satellites. Il lui faut du temps le bougre, il est un peu diesel, comme moi…
23h59 : le décompte est fait, on va y aller. On se tape dans les mains avec Biscotte, Xavier, Taz et Arthur en se souhaitant une bonne course et puis c’est parti… mais pas trop vite, on marche un peu, pas trop en fait et puis on court.
 
Dimanche 7 Décembre 2008
C’est parti pour 8 kms d’échauffement sur du goudron, et là j’y vais mollo. Devant, Taz est déjà parti avec Biscotte et Xavier. Je suis avec Arthur, nous avons récupéré Line et nous avançons tous les trois à un rythme qui me va bien. Le cardio ne bronche pas, c’est l’échauffement. Côté température, ça va bien. 2 couches sont largement suffisantes car il ne fait pas très froid. Le bonnet et les gants pour compléter la panoplie, et la frontale est pour l’instant éteinte. Je sens un truc taper contre ma cheville. Je pense que c’est ma puce qui se fait la belle. Pas facile de voir en détail une puce noire sur un collant noir dans la nuit… Mais je la devine. Tandis que je me demande ce qui a tapé contre ma cheville, un concurrent me rattrape et me dit que mon sac est ouvert et que tout se casse la gueule dedans. Mince ! Arthur s’occupe de moi, et constate que le coupable, c’est le gobelet plastique individuel que l’organisation nous a donné. Je l’ai accroché au zip de la poche ventrale externe et avec le poids, il est descendu et a ouvert le sac. Je ne prends pas le temps de vérifier si j’ai perdu quelque chose, de toute façon y’avait rien qui craignait ici. Arthur accroche le gobelet à un endroit plus sûr et c’est reparti.

La montée sur Sorbiers se fait tout doux, marche rapide et premier ravito. Je mange un peu toutes les 20 minutes et bois de la même manière, très peu mais très souvent. Par contre je sens qu’il y a un problème du côté de mes adducteurs. J’ai mal. A cet endroit, c’est la première fois, je ne sais pas pourquoi mais j’ai mal. Si tôt après le départ, ça m’inquiète un peu. Je me dis qu’il va falloir serrer les dents mais avec tout ce qu’il reste à faire, je suis pas très rassuré. Mes jambes sont lourdes, je n’ai pas de bonnes sensations, vraiment ça le fait pas. Mais je m’oblige à ne pas y penser, à la place je regarde le paysage ou du moins ce qu’il y a à voir…
Heureusement, après Sorbiers, les premiers sentiers arrivent et c’est pas dommage. Parce que le goudron c’est bien joli mais c’est pas ce que je préfère. Je suis avec Taz, nous avons perdu Arthur mais il ne doit pas être bien loin derrière. Au ravito de St Christo en Jarez, pas de stop, on continue comme si de rien n’était.
La boue est là et bien là, comme on nous l’avait promis. Certains essayent de l’éviter, pour ma part, je ne m’ennuie pas, je vais tout droit et hop, un peu de thalasso pour pas cher… Il y a quand même des passages difficiles car on se contracte pour tenir sur des appuis instables et en fin de course, ça va se sentir aussi… Dans les côtes, on marche, et puis après on trotte. 1 comprimé de sporténine à chaque heure et puis voilà.
Je ne suis toujours pas bien, et mes jambes sont lourdes, toujours ces douleurs étranges aux adducteurs mais ça n’a pas empiré depuis le départ. Lorsque je vois le panneau « Reste 50 kms » je prends un petit coup au moral mais plus à cause de mon état général que de la distance. Je ne comprends pas pourquoi j’ai ces douleurs-là, insolites pour moi. 24h après je me demande si ça peut être dû à mes chaussures, à du stress que je n’avais pourtant pas du tout ressenti ? Je n’ai toujours pas compris en fait…
Dans les côtes je me retourne et vois de mes propres yeux cette image récurrente qu’on associe à la Sainté Lyon : le défilé des frontales… Purée c’est vrai que c’est beau. Ca a quelque chose de magique. Devant soi, à la faveur des virages qu’emprunte l’itinéraire, on aperçoit les lumières de ceux qui nous précèdent. Sur plusieurs kilomètres. Et derrière soi, même topo. Y’a pas à dire, ça fait quelque chose.
Arrive Moreau (le ravito, pas le coureur cycliste) mais là aussi, on ne s’arrête pas. On va descendre sur Ste Catherine et là Taz se lâche alors je le suis. C’est du sentier, c’est bien pour les pieds (ça rime aussi) et je dois avouer qu’on se fait bien plaisir. Taz surveille sa montre, on est sur les bases de moins de 8h à Lyon, mais je trouve que ça va quand même un peu vite. Mon diesel n’est toujours pas chaud. Il ne l’est pas davantage lorsque nous arrivons au ravito de Ste Catherine.

Là on s’arrête. Pas longtemps, juste le temps de remplir le camel, soit un peu moins d’1 litre depuis le départ, soit 28 kilomètres. Je profite des poubelles pour me débarrasser des emballages des gels (des nouveaux gels, de marque, plus chers mais bien plus efficaces que ceux de D4… j’en reparlerai dans quelques jours dans un post de bilan de l’année). Je fais le transfert poche dorsale / poche latérale de quelques sandwiches devant les yeux de bénévoles à qui je dis « Je suis bien content il me reste plein de sandwiches au parmesan ! » (ça aussi ça rimait) et ils se marrent. Nous repartons aussi sec pour la suite des évènements.


La descente sur St Genoux se passe globalement assez bien, notamment la section dans le bois d’Arfeuille. Y’a juste le défilé des relais qui envoient du gros et qui passe à gauche, à droite, c’est un peu chaud par moments. Dans la boue, il y a une ou deux gamelles. A St Genoux, je repense à Arthur et à son C.R. de sa première Sainté Lyon où ici même il souffrait du genou. C’est la dernière petite ascension avant la descente sur Soucieu. Taz et moi marchons de concert, nous poussant pour laisser passer les relais ou même certains solos qui sont plus en forme que nous. Mes douleurs aux adducteurs s’effacent peu à peu. Un sandwich au parmesan, puis un gel qui va bien, toujours un peu d’eau toutes les 15 minutes environ et je retrouve lentement mes sensations. C’est pas encore ça mais je sens que ça va en s’arrangeant. 40 kilomètres d’orage, ça commençait à faire long ! Il serait temps que je retrouve enfin mes jambes si je veux finir correctement…
La descente sur Soucieu est malgré tout un peu longue. Je ne le sais pas encore mais les portions goudronnées de cette descente vont faire des dégâts à mon genou. Heureusement qu’on est resté raisonnables avec Taz. On aperçoit les lumières de Lyon et ça parait à la fois très proche et très loin encore… Et puis j’ai tous ces petits cailloux qui roulent depuis un moment sous mes pieds, au bout de mes orteils, c’est vraiment désagréable.

Soucieu en Jarrest. 5 minutes d’arrêt. Je remplis le camel et prends le temps de boire un coca. Taz est marqué. Il s’assied et fait la grimace. Ses traits sont tirés, le manque d’entrainement spécifique pour cette course se fait sentir. Je cherche des mots réconfortants mais je n’en trouve pas. Je me sens un peu inutile, j’aimerai bien trouver quelque chose à dire pour l’encourager. Et puis Line arrive. Elle s’arrête à peine, nous dit qu’elle est bien entamée et qu’elle a peur de ne pas pouvoir repartir si elle stoppe. On l’encourage puis on repart à notre tour quelques temps après. Les relais qui partent maintenant doivent jouer des coudes pour passer, pas terrible pour eux.
A la sortie de Soucieu, c’est un peu compliqué. Taz a froid, il enfile sa veste. Je l’imite parce que je sens aussi un petit air frais. Faut dire que ça fait un moment qu’on court et qu’il fait toujours aussi nuit. Par bonheur, on a échappé à la pluie, le ciel est presque dégagé, on aperçoit des étoiles. On se remet à trottiner après un moment à marcher. Niveau horaire, on a un peu lâché l’affaire. On calcule que si on n’a pas de défaillance on peut rentrer en 8h30. Taz ne court pas, il trottine, je sens qu’il a du mal. Mais on ne parle pas, difficile moment. Je m’arrête pisser, il revient à mon niveau. Je me demande ce que je dois faire. L’attendre et l’accompagner jusqu’au bout ou partir à ma cadence car je sens que je peux hausser le rythme ? Je n’arrive pas à me décider. Mais je me dis qu’il faut que je vois jusqu’où je peux aller, que je me fasse violence pour tenter de faire les 20 derniers kilomètres à mon allure. C’est vrai qu’on peut encore rentrer en 8h30 mais j’aimerai quand même faire un peu mieux. Alors je vais faire le chien, le traitre, le lâche. Je vais abandonner Taz à son triste sort. Et je m’en veux un peu, mais c’était trop tentant de me payer un morceau de cette Sainté Lyon en égoïste et en solitaire. J’espère que tu ne m’en voudras pas trop Taz…

Je laisse donc Taz et m’enfonce donc en solitaire dans cette nuit. Enfin, en solitaire c’est un bien grand mot parce qu’il y a vraiment du monde. En fait, il y a même trop de monde. La majorité des relais annonce qu’ils arrivent, on se pousse et tout se passe très bien. Mais certains relais passent limite. Je sais bien que nous autres solos les ralentissons mais c’est pas une raison. Y’en a un qui en fichu en l’air un pauvre gars devant moi en le bousculant… La fatigue s’abat sur tous les concurrents, je vois des gars manquer de se flanquer en l’air alors qu’ils marchent sur le goudron. D’autres s’arrêtent pour faire des étirements contre les maisons, les arbres… Plus on se rapproche de Lyon et plus cette course ressemble à des morceaux du radeau de la méduse. De mon côté, j’ai haussé le rythme mais je reste raisonnable. Je ne calcule pas, je gère juste mon effort en me faisant plaisir dans la petite bosse qui permet d’arriver sur Chaponost. Et mes jambes répondent bien. C’est étonnant, j’avais connu sensiblement la même chose sur la Ronde des 1000, un second souffle passés les 40 kilomètres. Je me sens bien et je me dis que je vais pouvoir rentrer en moins de 8h30 et même en 8h20 si tout continue comme ça.
A Chaponost, petite bosse pour monter et descendre jusqu’au ravito de Beaunant. Je sens qu’il va pas falloir mollir, je vois le panneau « Reste 15 kms » et là y’ a comme un déclic dans ma tête. Je me dis « putain ! » (oui des fois je suis vulgaire, surtout avec moi-même) donc je me dis « putain ! 15 bornes c’est que dalle, 1h30 à 10 km/h, peut être un peu plus avec la fatigue mais c’est rien du tout ! »
Je me souviens que j’ai l’iPod dans la poche arrière de mon collant. Tout en courant je l’attrape, je colle les écouteurs dans mes esgourdes et je branche le barda en choisissant une sélection aléatoire de Metallica. Juste pile poil ce qu’il me faut. Et c’est parti pour les premières mesures d’Enter Sandman… C’est marrant mais après cette Sainté Lyon, je n’entendrai plus cette chanson de la même manière. Cette intro avec la batterie et les guitares, ça m’a filé une de ces patates ! Soudain j’ai eu l’impression de ne courir que depuis 3 bornes, je me suis senti léger… Et j’ai envoyé du lourd. 10 bornes de fou, à remonter tout le monde, je crois que pendant ces 10 bornes, il n’y a que trois ou quatre solos qui m’ont doublé. J’étais vraiment dans un état second. Une sorte de rêve éveillé. Je me sentais flotter, je n’avais plus mal nulle part, et j’étais concentré sur un point : la ligne d’arrivée. Je me suis surpris à me taper dans les mains pour m’encourager. J’ai repensé à des moments assez difficiles que j’ai vécus il y a quelques années et j’ai été regonflé à bloc. C’est vraiment extraordinaire ces sensations-là… Le genou droit commence à me tirailler sérieusement mais je n’y pense pas, je me concentre sur des pensées positives.

Dans la montée de Ste Foy, je profite de marcher pour retirer mon coupe vent. En haut de la côte je rattrape Mamanpat a qui j’adresse un petit signe, elle a l’air bien dans sa course. Après Ste Foy c’est la descente qui fait mal au genou droit, ma tendinite du fascia latta s’est bel et bien réveillé. Exactement les mêmes douleurs qu’à la fin du Marvejols Mende en juillet. Tant pis, je descends avec le frein à main, de toute façon, il reste encore quelques kilomètres, autant en garder sous le pied. Et puis je vois que je suis bien en avance sur mon calcul, je suis maintenant sûr de rentrer en moins de 8h30, en moins de 8h20 et même peut être en moins de 8h00. Et surtout je sais que je vais aller au bout. J’aperçois la tour du Crédit Lyonnais, les lumières toutes proches de la ville. Je vois Line juste devant moi, je la dépasse et elle me dit qu’elle commence à fatiguer.
Et puis c’est le panneau « Lyon » et très vite la Saône tout près du tunnel de Fourvière. Je repense à mes séances de seuil de ces dernières semaines qui passaient par là à 6h du matin… Ca me motive, je sens que l’écurie est toute proche. Dans ma tête, les sentiments sont confus. J’ai de l’émotion qui déboule par paquet de vingt, une envie conne de me mettre à pleurer comme un gamin. Je me dis que je suis en train de finir cette course et je repense au regard que j’avais sur cette aventure il y a encore trois ans en arrière quand j’ai débuté la course à pied.



Place Carnot : je remercie les bénévoles qui canalisent les automobilistes impatients et je continue, je sais que c’est encore long, plus que 4 kilomètres nous dit un bénévole. Je me dis que si je ne flanche pas, je dois pouvoir rentrer en 7h45, 7h50… C’est une motivation comme une autre pour ne pas baisse pavillon. On traverse le Rhône et on descend sur les quais. Je m’attends à déguster dans l’escalier mais il n’y a que mon genou qui gueule un peu. Certains joggers courent en sens inverse, ils nous regardent comme si nous étions des extra terrestres. Faut dire qu’on doit avoir des gueules pas permises avec de la boue partout…
Je repère un solo devant moi qui a sensiblement le même rythme que moi. J’essaye de me caler derrière et de serrer les dents. Mon genou me fait vraiment mal maintenant. Mais que c’est long ces foutus quais du Rhône ! Je plafonne à 8,5 km/h cette misère… J’arrête l’iPod, le metal ça va bien cinq minutes, j’ai besoin de calme et je veux entendre les sons de cette arrivée. Je dépasse des solos qui marchent, hagards, et des relais me dépassent à des vitesses supersoniques. Encore un dernier coup de rein, virage à gauche, et là j’aperçois le palais des sports. Au panneau 100 mètres j’entends que ça revient derrière, alors je pense à Arthur et au sprint que nous avons disputé au Lyon Urban Trail. Intérieurement je souris et je hausse le rythme. Je dépasse deux derniers solos et puis je pénètre dans le palais des sports. Là, le changement d’ambiance est terrible. On passe du froid au chaud, de la solitude à la foule. Mais on passe aussi de la lumière à l’anonymat. On quitte les camarades galériens pour redevenir un civil et ça c’est le côté moins drôle.

J’arrête le 305 et je vois 7h41… je suis bien content. Par contre, galère pour retirer ma puce, il doit y avoir un kilo de boue par-dessus. Je la tends au monsieur et récupère mon joli maillot « Finisher », purée il me fait plaisir celui-là ! Je marche jusqu’à une zone sans trop de monde, ce qui est difficile. Je trouve un morceau de mur où je peux me poser pour faire quelques étirements. Je me retourne et vois Line qui arrive. Heureuse d’en finir. C’était dur… On attend un moment les autres et puis on décide de se retrouver après... Faut dire que la douche semble une bonne chose… Je vais récupérer mon sac et croise Biscotte et Xavier qui en reviennent. Petite tape dans la main, tout le monde a le sourire malgré les douleurs. La douche fait du bien ! Je retire mes chaussettes et là c’est l’apocalypse, j’ai une couche de boue de 2 centimètres sur les pieds ! Faut dire que mes Trail Comp étaient déjà un peu abîmées avant le départ. Mais là, les petits trous se sont agrandis et la boue est entrée là dedans sans se faire prier. Je n’éternise pas la douche parce qu’y en a qui attendent. J’enlève le plus gros en attendant d’être à la maison pour en prendre une plus longue.



Je récupère toute la bande et nous nous regroupons dans les loges en attendant que la pression et la chape de fatigue retombe un peu. Nous échangeons nos impressions sur la course en mangeant des noix de cajou (merci Taz). Yan42 affronte la foule pour aller chercher son panier repas, nous attendrons qu’il n’y ait plus personne, vers 11h30 pour aller récupérer les notres. Un coup de fil à Miaou qui est à 15 bornes de l’arrivée, je ne pourrais pas l’attendre. Elle nous informe que Yinyin a abandonné, ce qui ne nous surprend guère après ses 12 heures de home trainer… Et à 12h00 après le départ de Biscotte, Xavier et Yan42, je quitte à mon tour les copains pour partir retrouver la petite famille.


Bilan

Le bilan de cette Sainté Lyon est bon. Seul petit bémol, ma tendinite du fascia latta qui s’est rappelée à mes bons souvenirs. Je pense que l’accumulation de descentes sur goudron combiné à mes chaussures de Trail peut expliquer ce phénomène. A propos de chaussures, je pense que le choix des Salomon Trail Comp n’était pas le bon. J’aurais dû partir avec les NB de running, j’aurais eu plus d’amorti et la fin aurait été plus douce. Peut être même que mon genou aurait tenu plus longtemps. Et je ne pense pas que j’en aurais bavé sur les portions boueuses. D’autres s’en sont très bien sortis ainsi… Mais bon, voilà, c’est fait.
Je suis heureux d’avoir bouclé cette course mythique et je suis très heureux de l'avoir fait avec vous les copains. Mais je ne pense pas revenir courir ici chaque année. Trop de monde, trop de goudron, trop roulant, ça commence à faire beaucoup pour moi. Et puis après avoir couru une première fois, j'ai un temps de référence et j'ai peur de tomber dans l'envie de faire mieux et donc de penser chrono avant tout. Pas le but pour moi... On verra ça plus tard donc.
Maintenant place au repos. J’avais prévu 2 semaines d’arrêt mais avec ma tendinite je vais attendre que ça soit complètement remis. Il m'avait fallu 3 semaines en août... Je veux être en forme début janvier pour préparer 2009 donc je ne vais pas précipiter le retour aux affaires… Il est temps de récupérer et de faire un bilan détaillé sur cette année riche en expériences. Je prépare d’ailleurs quelques articles à ce sujet qui vont suivre au cours du mois…

Temps de passage :
- St Christo en Jarez :     01h42 / 1255ème
- Ste Catherine :              03h03 / 1027ème
- Soucieu en Jarrest :     05h09 / 1044ème
- Lyon                           :     07h41 / 892ème

Par Oslo
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Lundi 3 novembre 2008



Le premier Lyon Urban Trail va-il échapper aux gouttes de pluie ? Depuis vingt-quatre heures, il tombe des cordes sur le Rhône, et toute la nuit précédente, j’ai entendu le clapotis de la pluie sur les toits et les balcons.
6h réveil, petit-déjeuner classique… j’ai même le temps de bouquiner un peu puis c’est l’heure de partir. Le trajet n’est pas long, il est 7h05 lorsque j’arrive au parking souterrain du boulot, juste à deux pas du départ. Bon, le truc que j’avais oublié c’est que le principe d’un parking souterrain c’est d’être souterrain et donc plongé dans l’obscurité. Aussi pendant que je me prépare je suis plongé dans le noir à trois reprises, obligé d’aller rallumer la minuterie à tâtons. J’adopte pour une tenue courte, car les températures seront clémentes d’après la météo. D’après le dernier bulletin que j’ai vu sur le web le samedi soir, on devrait même échapper à la pluie mais ça j’y crois pas trop. J’adopte donc court en haut et en bas ainsi qu’une paire de manches RaidLight que je teste pour la première fois. Elles me tiennent bien chaud le temps de prendre le départ et ça n’a pas de prix.



Parc de la tête d’or 7h30 : je ne trouve pas les copains, il n’y a pas grand monde mais petit à petit ça arrive et les gens s’enquillent dans la file d’attente. Je finis par retrouver Arthur, Miaou, Taz déguisé en hippie et Yan42. On papote un peu mais déjà c’est l’heure de se présenter au départ. On salue Miaou qui part un peu plus tard pour le 20 km.
Et c’est parti avec le speaker qui nous annonce 6000 marches. Mais on va pas les compter. On commence par quelques kilomètres dans le parc de la tête d’or, idéal pour se mettre en jambes et s’échauffer avant d’affronter les 19 difficultés de la journée. À ce titre, il faut souligner le road book très chouette fourni par l’organisation au retrait des dossards. Un petit dépliant avec le plan des 2 parcours, 20 et 40 km, la liste et la localisation des 19 difficultés et la liste de 26 points remarquables de la ville que nous pourrons apercevoir ou emprunter. Bref, du bon boulot.
Nous sortons du parc de la tête d’or, traversons le pont Churchill et entamons la première montée de la journée, la montée de la boucle. La route est coupée en deux par des barrières : les voitures continuent de rouler à gauche et nous nous montons sur la partie droite de la route. Mais à cette heure-ci un dimanche matin de vacances scolaires, on va pas en voir beaucoup des voitures. Arthur, Taz, Yan42 et moi courons ensemble, on papote, on y va cool, ça me va bien et c’est chouette. On marche dans la côte qui dure 750m et arrivés en haut, on part direction Caluire pour une petite boucle avec redescente sur le Rhône et regrimpette sur la butte avec la montée des lilas qui dure 300m.



On prend le temps de papoter avec les autres concurrents, l’ambiance est sympa, tout le monde est ravi d’être là et en plus il semble qu’il ne va pas pleuvoir. Mais on n’a pas le temps de souffler non plus car déjà on arrive sur le troisième point délicat baptisé « les 3 enfants » avec une grimpette de 180m. Nous sommes en train de nous diriger vers la Croix Rousse mais on prend le temps de faire du tournicoti-tournicota et on redescend vers le Rhône encore une fois, pour le plaisir de prendre les fameux escaliers de la rue Joséphin Soulary. Ceux-là je les connais car je les prends matin et soir pour aller et pour revenir du boulot… La version complète fait 400 marches, mais là on coupe un peu pour ne faire que 200m d’escaliers. Pour l’instant tout va bien, on gère, on monte en marchant pour s’économiser, certains marche par marche, d’autres 2 par 2, et d’autres comme ils peuvent. Allez, un dernier coup de collier et on bascule sur le sommet. On recommence à courir pour s’engouffrer dans une nouvelle série de « je descends et je remonte » avec les 300 m de la montée Bonnafous.



Là y’a pas photo, on peut courir parce que la côte est douce… Et puis on aura le temps de marcher un peu plus tard. Pas très longtemps après d’ailleurs… Juste le temps de passer à proximité de Croix Paquet et de son célèbre arrêt métro en pente sèche sur crémaillère… Sauf que là on ne voit pas l’arrêt de métro, ni le jardin de Croix Paquet et ses vignes, on voit juste les superbes escaliers qui permettent de rejoindre la rue des Fantasques. 600m d’escaliers et de côte, derrière nous on voit Lyon et le ciel bouché.



Que tous les fans du manège enchanté se rassurent, nous voilà repartis pour une dose supplémentaire de tournicoti-tournicota ! J’ai beau connaître le terrain puisque c’est là que je m’entraîne régulièrement, ça fait plaisir d’y passer en course, avec des potes et dans l’ambiance du peloton… Surtout qu’on arrive dans un lieu superbe du coin, une traboule remarquable, la Cour des Voraces.



À partir de là, c’est plus cool puisqu’on descend régulièrement pour se rapprocher de l’hôtel de ville. J’en profite pour faire un peu le guide touristique et donner à Yan42 quelques indications sur les lieux qu’on visite, j’espère que je ne l’ai pas trop embêté mais sinon il me l’aurait dit. À moins que son camel fuyant ne l’ait empêché de me dire « oh ferme là deux minutes ! » ;))
Nous arrivons au pied de l’opéra et surprise, nous entrons dans l’hôtel de ville qu’on nous a ouvert, ça c’est chouette.



Nous traversons l’hôtel de ville et basculons de l’autre côté, c’est à dire sur la place des terreaux et ses 69 fontaines de Buren, ses 4 chevaux dans la fontaine (rassurez-vous, ce sont des statues, on n’a quand même pas jeté 4 chevaux dans la fontaine juste pour le plaisir). On traverse la place des terreaux, très calme à cette heure-là du dimanche matin, puis nous coupons la rue Sainte Catherine, haut lieu de la beuverie Lyonnaise, pour nous envoyer à nouveau quelques marches d’escaliers, et nous diriger vers la 7ème ascension de la journée, la Montée de la Grande Côte et ses 600 mètres.



Juste comme nous prenons notre rythme, un petit détour pour absorber de nouveaux escaliers et surtout profiter de longer l’amphithéâtre des Trois Gaules, lieu de prédilection des vieilles pierres et des chats qui s’y font dorer la pilule dès le retour du printemps. Pour l’instant c’est pas encore le printemps mais on n’est pas non plus en hiver. Pendant qu’à quelques kilomètres seulement de Lyon, certains retrouvent 1m d’eau dans leurs magasins, ici toujours pas de pluie. Ça fait un moment déjà que j’ai retiré les manches RaidLight et remises dans le sac à dos. Très bon produit qui m’a tenu chaud quand il fallait et qui se range facilement sans prendre de place. Je sens qu’elles vont me servir bien souvent !



Allez, pendant ce temps l’heure tourne et nous nous apprêtons à faire nos adieux à la colline de la Croix Rousse, où je joue à domicile… Une dernière grimpette avant de descendre jusqu’à la Saône… La montée de Vauzelles, 200 mètres avec un escalier de plus à se mettre sous les semelles.
Bon, on papote, on papote, Yan42 est trempé à cause de sa poche à eau qui fuie.
Et puis c’est l’heure du ravito ! Place Rouville, en redescendant vers la Saône avec un panorama superbe sur Fourvière vers laquelle nous allons nous diriger.



Au ravito, petit arrêt pas très long. Il me reste encore pas mal d’eau dans le camel alors je me contente d’un peu de chocolat pour la gourmandise, d’un peu de pain d’épices et puis surtout deux tucs que je glisse dans le filet du short. Allez, clic clac quelques photos de plus, une gorgée de coca avant de repartir et nous sommes déjà sur la Saône très haute avec les dernières pluies. D’ailleurs, les pauvres gars qui avaient décidé de se garer sur les quais la nuit de samedi vont le regretter amèrement…



La passerelle de l’homme de la Roche est un chouette passage pour passer de l’autre côté du fleuve. C’est aussi le moment de souffler un peu parce que des choses sérieuses nous attendent. Arthur qui lui va jouer à domicile sur Fourvière nous avertit que bon c’est bien beau la Croix Rousse mais que maintenant on va passer aux choses sérieuses…


Pour l’instant faut avouer qu’on a quand même bien géré notre effort, restant en dedans pour en garder sous le pied. Côté cardio, je suis étonné mais mon rythme reste calme, je me sens bien, les jambes répondent. Je prends un cachet de sporténine toutes les heures, plus en prévoyance que par réel besoin… L’ambiance est toujours excellente, nous sommes toujours tous les quatre et je prends beaucoup de plaisir. Il vaut mieux d’ailleurs parce que voilà que se profile déjà la 9ème difficulté de la journée, et pas des moindres. Montée de la sarra, 600m avec des escaliers maousse. Là c’est même pas la peine d’essayer de courir, tout le monde se met à la marche.



Bon, encore une fois, les organisateurs ont fait preuve d’originalité : après être montés, qu’est ce qu’ils nous ont réservé ? Une descente oui ! La piste de la sarra, que les VTTistes connaissent bien. Pour ma part c’est la première fois que je l’emprunte. Je manque de me vautrer lamentablement dès le début avec une glissade que n’aurait pas renié Candeloro et ses patins à glace. A l’image des camions sur l’autoroute je vise la voie de dégagement rouge et blanche avec du sable au fond… J’évite la chute et je descends calmement. Faut dire que c’est ma première sortie de plus de 2h depuis mes soucis de TFL au début de l’été et qui m’ont pourri la fin du Marvejols Mende. Et faut avouer que j’avais peur que ça coince. J’ai appris à me ménager dans les descentes du coup…



Vous connaissez le topo ? Après la descente de la sarra, ben on va remonter ! C’est ce qui est bien avec ce parcours… Pas besoin de l’avoir étudié avant, ça monte puis ça descend, puis ça monte puis ça descend… et on boucle… Et le pire c’est que c’est vraiment le pied ! Je bois un coup, mange encore un peu et c’est la grimpette suivante, la montée Nicolas de Lange et ses 350 mètres avec plus de 500 marches d’escalier.



Comme nous sommes un dimanche matin, de toussaint en plus, les plus pieux d’entre nous se seront recueillis au passage de la basilique Notre Dame de Fourvière. Depuis le temps qu’elle nous nargue depuis la Croix Rousse, cette fois on y est mais bon on y repassera dans quelques temps alors on ne fait pas les malins. On profite quand même du superbe décor autour de nous à l’intérieur du parc du Rosaire. Encore un endroit de Lyon que je n’ai connu que récemment, grâce à la course à pied et à mes séances matinales…



Il est maintenant temps de se payer un joli plongeon jusqu’au quartier touristique et gastronomique du vieux Lyon. Pour pas changer une recette qui marche, nous nous enfilons toute une série d’escaliers. Le soleil se joint même à la partie avec toujours cette vue très sympa sur les toits de Lyon en contrebas.



Avant la Montée du gourguillon, Taz s’arrête pour une pause technique. Non, pas pour faire pipi mais pour un échauffement / début d’ampoule sous son pied. Pas facile de courir dans de telles conditions. Surtout que le gars s’est quand même enfilé un semi avec un joli chrono à la clé 15 jours plus tôt. Nous l’attendons en grimpant doucement le Gourguillon, ça nous permet aussi de nous alimenter et de faire redescendre les puls.
Après la grimpette, nous traversons une oasis, un joli petit tapis de feuilles d’automne vraiment sympa. Ceux qui ne connaissent pas la ville ont dû être étonnés de trouver ça en plein Lyon.



Et la suite n’est pas mal non plus puisque les traceurs nous font arriver en plein sur les amphithéâtres de Fourvière. Un panorama vraiment superbe au milieu des vieilles pierres, avec un décor pareil, on ne pense même plus à la course. D’ailleurs je réalise que je ne fais pas trop attention aux kilomètres passés. Depuis le départ, je me régale tellement que je fais juste attention à mes pulsations pour réguler mon rythme et puis c’est tout. Courir dans de telles conditions c’est juste un maxi plaisir.




J’ai profité du 2ème ravito au pied de la basilique pour refaire le plein de la poche à eau et de prendre un second verre de coca et une moitié de banane. J’ai absorbé les 2 gels que j’avais emporté et la moitié d’une barre de céréales. Avec trois Tuc au milieu, aucun problème, mon estomac tient bien le coup, j’ai l’impression d’être parti il y a 10 bornes à peine et pourtant on en a fait plus de deux fois plus.

De retour sur la Saône, nous constatons que le temps de faire les cabris sur la colline de Fourvière, la décrue ne s’est pas amorcée. Et les infortunés automobilistes ne sont pas prêts de remonter dans leurs voitures.
A l’origine nous devions emprunter les berges et remonter jusqu’à Vaise et redescendre de l’autre côté. Mais ces inondations en ont décidé autrement, puisque les organisateurs ont coupé la partie aquatique. Ca tombe bien, j’ai beau m’être mis à la piscine depuis septembre, je suis pas encore bien au point…



La route s’élève comme nous avons traversé le pont Koenig pour regrimper sur la Croix Rousse. Au menu la Montée hoche, histoire de se payer une nouvelle tranche de grimpette parce que les organisateurs ont du avoir peur qu’on s’ennuie sur une trop longue portion plate… Ils sont gentils quand même, de vrais GO ! Dans une descente nous revenons sur certains concurrents du 20 km dont Miaou que nous saluons dans une joyeuse pagaille. Après 5 semaines sans course à pied à cause de son entorse, c'est un parcours difficile qu'elle a choisi... Mais bon, tout le monde a la banane et ça fait plaisir à voir. 


 
Bon alors, du single track en plein cœur de Lyon, qui a dit que ce n’était pas possible ? Moi le premier j’étais sceptique mais faut reconnaître que c’est vrai. Et y’en a même eu plusieurs ! Bon okay ça vaut pas un sentier escarpé à flanc de falaise dans les Gorges du Tarn ou en Corse mais bon pour une course en ville c’est quand même pas vilain. Enfin, bref, celui qui nous a amené au pied du parc de la roseraie était sympa.



Nous approchons de la fin. Bon il reste encore quelques kilomètres mais les plus grosses difficultés sont derrière nous. Il faut maintenant gérer la fin de la course. C’est le moment du troisième et dernier ravito. Je commence à sentir que ça fait un petit moment qu’on est parti mais tout se passe bien. Dans le dernier passage hors bitume, Arthur plante une belle accélération mais toujours prévoyant je reste calme dans la descente alors que d’habitude j’aime bien me lâcher. Mais bon, je suis en bons termes avec mon TFL depuis un moment, j’ai envie que ça continue.



Au troisième ravito, micro arrêt. Arthur ne s’attarde pas, ça tombe bien j’ai pas envie de m’arrêter non plus. Juste le temps de boire deux gorgées de coca et de manger un morceau de pain d’épices. Il me reste un barre de pâte d’amande, ça ira bien pour les 9 bornes qui restent. Devant nous, un joli mur, la dernière difficulté de la journée qui porte le numéro 19, la montée de l’église… Elle fait mal celle-là. Pour autant je me sens toujours bien dans ces grimpettes, j’ai un bon rythme et je suis étonné. Finalement je me rends compte que rien ne vaut d’arriver frais sur une course.



La dernière partie du parcours est un peu monotone mais c’est surtout que je ne sais pas trop par où nous allons revenir sur l’arrivée. Encore une fois je découvre une partie de Caluire et de Lyon que je ne connaissais pas. Nous sommes à présent de l’autre côté de la Cité Internationale. Il y a le Rhône à traverser sur un pont pas très sexy avec toutes les bagnoles qui passent. C’est le côté négatif de la course en ville mais franchement, quelques mètres sur 40 km c’est vraiment rien.



Le Pont Poincaré est notre dernière ligne droite. C’est le cas de le dire. Nous avons dépassé le panneau 42 km (40ème en réalité) et nous entendons le speaker qui fait l’animation depuis l’aire d’arrivée. Arthur hausse progressivement le rythme et nous remontons des concurrents que nous doublons. Yan42 est toujours avec nous. Mais devant Arthur se prépare à envoyer du lourd. Je sens qu’il nous réserve une de ces arrivées dont il a le secret. Je me cale dans ses chaussures et tente de suivre. C’est qu’il a de grandes canes le bougre ! Et une foulée diablement efficace. De mon côté c’est pas vraiment ça mais aujourd’hui les jambes répondent bien donc je le suis. Nous finissons au sprint, je ne pense même pas à essayer de le gratter et je crois pas que j’aurais pu. M’en fous, je me serais pas autant craché dans les mains tout seul, ça fait plaisir de cracher ses poumons comme ça. Mais j’aurais pas pu faire beaucoup plus à cette vitesse !

Voilà ! Nous avons terminé ce 1er Lyon Urban Trail et épargnés par la pluie en plus de ça ! 4h26 au chrono, je m’attendais pas à ce temps-là. Même en comptant les 2 bornes supplémentaires qui ont été retirées sur les quais de Saône, ça nous aurait fait moins de 5h et je pensais plutôt faire 5h30. Le temps de poser le sac et de boire un coup, Taz arrive. Finalement il a du bien s’accommoder de son souci d’ampoules car il a bien bastonné sur la fin.



Nous retrouvons la famille d’Arthur puis Yannick et Miaou qui nous parlent de leurs 20 kilomètres respectifs, là aussi tout le monde semble bien content, même si Yannick regrette de pas avoir fait le 40. Ce sera pour l’an prochain !



Cette phase de récupération à l’arrivée fait du bien. On prend le temps de papoter et de revêtir les maillots offerts pour pas choper froid. Faut dire qu’après s’être arrêté de courir, il y a un petit air frisquet qui nous enveloppe, et la fatigue aidant, faut faire gaffe…



Le temps de manger le contenu du panier-repas puis d’attendre Arthur, Yan42 et Taz qui se font masser par les ostéos disponibles pour remettre en place toutes ces belles mécaniques.
De mon côté je passe mon tour pour l’ostéo mais la prochaine fois je pense que je me laisserai tenter…
Mes jambes n’ont pas trop dégusté, elles m’ont fidèlement porté tout au long de ces 40 kms que je n’ai pas vu passer, grâce à tous mes copains. Une très chouette sortie longue variée et plaisante à souhait, super bien organisée, avec ce qu’il fallait de panneaux indicateurs et de préposés au fléchage.



Je signe tout de suite pour la 2ème édition mais avec quelques aménagements :
- un grand et beau soleil
- un peu plus de D+ parce que là on a failli s’ennuyer ;))
- une mousse au chocolat dans le panier repas de l’arrivée
- une autre date parce qu’en 2009 j’espère être au départ des Templiers fin octobre… Alors pas de LUT début novembre.

Un grand merci à Arthur, Yan42 et Taz pour ce moment de partage et de grand plaisir.
Heureux d’avoir fait la connaissance de Miaou et de Yannick, en attendant de vous revoir sur la prochaine course (SaintéLyon à priori…)

Voilà, maintenant c’est repos. Une séance de piscine mardi pour pas traumatiser la machine. A J+1 je suis assez étonné de me sentir aussi bien. Je me suis repayé une tranche d’escalier pour aller au boulot à pied. Tout semble aller bien. Je vais quand même prendre une semaine sans toucher aux baskets. Ensuite, il sera temps de se remettre au boulot pour finir la prépa pour la Sainté Lyon. Mais globalement je suis rassuré après ce LUT. Je me sens en forme, le genou a tenu de façon impeccable. Je crois que je ne vais pas faire beaucoup de volume d’ici la Sainté Lyon, juste deux sorties longues mais pas plus et surtout couper 10 jours avant comme je l’ai fais pour le LUT. Mais d’ici là, une semaine de grasse matinée sans aucun réveil avant 7h, le pied ;))

Par Oslo
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Lundi 22 septembre 2008
Samedi dernier, sur le coup de 15h, j'accompagne mon beau-père sur une petite course sympathique du côté de Firminy dans la Loire. Au programme : les sentiers du Cotatay et un petit 15 km nature sur les contreforts du Pilat. Ca faisait un petit moment que je n'avais pas rechaussé les chaussures de trail, c'était l'occasion... Et puis après une semaine chargée, j'avais prévu un petit footing de 12 km. Mais j'avais bien envie de changer la routine et une petite course en guise de séance de seuil, why not ? Bon, il suffisait d'y aller mollo et de profiter d'un peu de dénivelé et de chemins en terre. Après 3 séances sur le goudron cette semaine, c'était pas du luxe. Et puis j'avais envie de savoir où j'en étais dans les descentes qui m'avaient flingué le TFL lors du Marvejols Mende.



Nous arrivons près du gymnase vers 14h30 et le temps de se changer, il est l'heure de partir faire un petit échauffement. 1,5 km et 50m de D+ plus tard (un truc de barge quoi...) nous rejoignons les concurrents près du portique de départ et d'arrivée. Au premier rang, des caïds de la course de montagne, Emmanuel Meyssat et Julien Rancon qui finiront 1er aexeco moins d'une heure plus tard...

15h : départ ! Devant ça part vite. Très vite. Trop vite. Décidément, plus le temps passe et plus je me rends compte que je ne suis pas fait pour les sprints... 15 km, c'est trop court, le temps que je chauffe mon diesel, je me retrouve dans les derniers. En plus la route commence à grimper et c'est plutôt sec. J'ai encore le lapin du déjeuner sur le bide, c'est pas trop la forme, les pulsations à 170, va falloir calmer la bête. Je me mets donc dans les pas de beau-papa et je suis le train. J'en profite pour m'arrêter de temps en temps et faire quelques photos...


Je ne connais pas le terrain, ni vraiment bien le coin, alors je fais du tourisme et je discute avec beau-papa et les autres concurrents. Je suis impressionné par le rythme que tient un V4 à une centaine de mètres devant nous. Le tracé du parcours est sympa comme tout. Très peu de goudron, ça grimpe de temps en temps et plutôt sec. Je marche, les mains sur les genoux et je rattrape ceux qui essayent de courir. Dans une longue descente je lâche les chevaux, dépasse le petit groupe et teste mon genou. Bonne nouvelle : ça a l'air de tenir. Je rejoins la première féminine, la dépasse et continue à envoyer du gros. Je me dis qu'il faut bien que je me fasse plaisir à un moment. Un instant je pense à mettre les gaz jusqu'à l'arrivée... Soit 10 bornes. Mais je redeviens sage tout de suite... Même pas 4 semaines que j'ai repris après la coupure annuelle, faut pas pousser, surtout que la semaine a été quand même un peu chaude. Bon, du coup c'est ma séance de seuil à moi qui commence. Un peu moins de 2 kilomètres environ pendant lesquels je me lâche. Arrive alors le ravito au pied du barrage, le signal pour moi qu'il faut calmer le jeu et reprendre un rythme d'entrainement. Je n'ai besoin de rien, je suis parti avec un petit bidon de flotte et du miel liquide (qui va me rester sur l'estomac toute l'après midi et même jusqu'au repas du soir...)


J'attends beau-papa, discute avec les bénévoles, regarde passer Julien Rancon et Emmanuel Meyssat qui passent dans l'autre sens, direction l'arrivée. Faut dire qu'on arrive au pied du barrage dont on va faire le tour avant de repartir. Un peu dommage qu'on reprenne le même chemin (ou presque) mais c'est pas très grave non plus. Je fais quelques clichés (tous loupés car j'étais en position vidéo, quel blaireau..) et je me refais doubler par quelques concurrents dont la première féminine. Beau-papa arrive, nous y allons. Le tour du barrage est chouette, c'est bucolique et on court sur des brindilles et des herbes, ça change de mes sorties habituelles à Lyon city.
En redescendant, passage sur un long morceau de goudron où les deux premières féminines se tirent une bonne bourre juste devant nous. L'ambiance est sympa dans le peloton, on discute, je surveille mon rythme cardiaque qui s'est stabilisé à 165, ce qui est plutôt correct vu les conditions et la semaine passée. Sur la fin du parcours, une nouvelle grosse bosse va creuser des écarts. La première féminine lache sa dauphine et je sens que beau-papa est dans le dur. Je ralentis en haut de la bosse et l'attend puis je repasse derrière lui pour le laisser relancer. Finalement nous bouclons les 15 km et 650m D+ en 1h23, ce qui nous classe aux alentours de la 75ème place sur 109 concurrents. Séance d'étirements dans l'herbe sous un petit soleil bienvenu et c'est l'heure de rentrer à la maison pour voir en différé Montauban-Toulouse...

Bilan : une bonne petite séance typée trail improvisée et réussie.  Aucune douleur au TFL droit malgré deux descentes abordées tambour battant. Bref, c'est bon signe, 3 semaines de reprise et tout va bien ! Une course qui gagne à être connue et que je referai certainement à l'occasion dans le même contexte.
Par Oslo
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Mardi 22 juillet 2008

  Le week-end du Marvejols-Mende commence ce samedi 19 juillet à 7h00 pile poil. La petite est dans son siège auto, prête à continuer une nuit plus courte que d’habitude. Le lit parapluie et la poussette sont dans le coffre avec les sacs pour madame et moi et mon sac de sport. Allez, on décolle sans plus attendre. Il faut éviter les bouchons des vacanciers qui partent dans le Sud. A la sortie de Lyon ça roule déjà beaucoup et dès les premiers ralentissements en amont de Vienne, nous bifurquons direction St Etienne. A partir de là, personne. 3heures de route plus tard, arrivée à Mende.
Le samedi le temps est superbe sur Mende. Nous retrouvons mon frère qui habite ici et avec qui je vais courir le lendemain.  Ensemble nous commençons notre préparation physique : double apéro en terrasse avec un bon morceau de Laguiole (le fromage) coupé au Laguiole (le couteau) pour faire glisser les bières. Du bar, nous avons une vue imprenable sur la place du Foirail pile en face, là où sera jugée l’arrivée des 22,4 km de demain.


Après un déjeuner raisonnable (salade omelette) il est temps de faire du tourisme. Promenades dans Mende, au-dessus du Lot. Je profite des soldes du magasin de sport qui liquide son stock avant de fermer. Je ressors du magasin avec du matos de trail : cuissard Raid Light, maillot Raid Light, manchettes Raid Light et porte bidons…North Face. Chacun des articles étant à -30% c’est appréciable. En fait je cherchais depuis un moment ce type d’articles pour éviter de partir avec le camel sur des trails courts de 3 ou 4 heures. Là, il y a des poches extérieures avec filet sur le cuissard et le maillot, plus pas mal de place encore dans la poche du porte bidons. C’est nickel.

Dans l’après midi nous allons retirer nos dossards sur la place du foirail, tout roule bien, on sent que l’organisation est bien rôdée depuis 1973… Faut juste faire gaffe à pas perdre la puce qui sera fixée sur les godasses.

En fin de journée, nouvelle séance d’entrainement fractionné sur le zinc du bar et nouvelle tournée d’apéro avec les copains du frangin. Ensuite repas à l’hôtel et je reste raisonnable (fruits de mer en entrée, médaillon de lotte) mais comme je suis pas moine, je m’offre un bon morceau de roquefort et un dessert glacé, faut pas déconner non plus !

22h : au lit, demain y’a course !

La nuit ne va pas être de tout repos. Je commence par me bloquer le dos en enjambant le lit parapluie où dort ma fille, tout ça pour atteindre la douche… Le nerf sciatique qui me faisait tant de misères il y a quelques années refait des siennes… Je peux à peine tendre la jambe… Génial ! Comme je suis d’un naturel pessimiste, je fais toujours suivre les seuls médocs qui pouvaient me remettre debout à l’époque où je me bloquais 2 ou 3 fois par an. Je prends 2 cachetons et je me couche, des douleurs électriques dans le dos qui irradient jusqu’à l’arrière du genou.


 
         Dimanche 20 juillet

 
       La nuit a été longue. Très mal dormi, trop chaud, trop mal au dos et trop mal au bide à cause des cachetons. Le bon côté c’est que je n’ai plus du tout mal au dos. Le mauvais côté c’est que je suis en vrac.

Il est 7h00 je descends déjeuner. La majorité des concurrents au Marvejols Mende est déjà passée dans la salle du petit déj. Les navettes partaient tôt pour Marvejols ce matin.

P’tit déj frugal puis je rejoins mon frangin chez lui et nous mettons le cap sur Marvejols. J’hésite à prendre ma ceinture porte bidon gagnée lors du trail du Plateau le 1er mai. Elle est malcommode mais je peux ranger l’appareil photo, de quoi manger et un bidon de 600 ml. Finalement je la laisse dans la voiture, décidant de partir léger.

Après un mini échauffement de 10 minutes nous arrivons sur la ligne, euh pardon, sur la troupe de départ. Il y a du monde partout, c’est dingue. Les dossards rapides sont devant le filet de séparation, tous les autres derrière. Mon frangin a l’objectif de faire mieux qu’il y a 11 ans lors de sa dernière participation à la classique (il l’avait courue en 1h58). Il s’est un peu entrainé ces dernières semaines et malgré ses 7 kilos et 11 ans de plus, il espère y parvenir. De mon côté je ne suis pas très rassuré. Je n’ai pas d’objectif chrono sur cette course, je viens avant tout pour me faire plaisir et passer un week-end en famille dans une région que j’aime. Mais justement sans objectif, j’ai enchainé des semaines d’entrainement pas forcément très bien construites. J’ai surtout cherché à me faire plaisir, finalement c’est bien là l’essentiel. Mais la contrepartie du truc est que je suis un peu crevé, le mardi précédant la course je faisais encore une sortie trail de 24,5 km et 1000m D+ qui a laissé des traces. Je l’ai senti dès le départ. Le départ ? Ben oui, c’est parti il est 9h00 !

 
        Dès les premiers mètres, je comprends qu’on s’est placé comme des quiches sur le départ. Devant nous ça rame, ça n’avance pas. Ils ont élargi le pont de Marvejols mais ça ralentit vraiment. Il y a trop de monde, pas assez de place sur ces premières centaines de mètres. On boucle le 1er kilomètre en 8 minutes, c’est lamentable. Mon frangin part plus vite que moi. Je vérifie mon cardio, je monte assez vite dans les tours, c’est pas bon signe. Je décide de doubler ceux qui lambinent par la droite. Au 3ème kilo, je n’en peux plus, faut que je fasse la vidange. Je dis à mon frère de continuer en restant sur la partie droite de la route. Un petit pipi plus tard, c’est reparti. Je hausse le rythme et redouble pas mal de concurrents avant de rejoindre mon frère. Au 5ème kilo, ça commence à se clairsemer dans le peloton et ça va bien pour courir tranquillement. Les premiers doivent déjà être en train d’attaquer la seconde côte, voilà ce que je me dis à cet instant. Je me retourne quand même pour me donner du courage : il en y a un paquet derrière aussi, quand même…


Allez, après ce faux plat montant en sortie de Marvejols, c’est le premier moment fort de cette course, la mythique montée du Goudard. Je pose mes pieds sur l’inscription légendaire qui fait partie des images fortes de cette course : « Ici commence l’enfer ». C’est 5 bornes d’ascension à plus de 10% sur du goudron dur comme un noyau de pêche. Je chope une mini bouteille d’eau au ravito et à partir de là je prends mon rythme. C’est trop difficile de courir avec le frangin, de toute façon on attaque la partie costaude, on va pas pouvoir beaucoup discuter. D’ailleurs y’a personne qui tchatche là. Dès le bas de la pente, des gars se mettent à marcher devant moi. Je vais galérer pendant 5 bornes, pas forcément pour monter mais pour doubler ceux qui marchent. Plusieurs fois je dois passer dans le bas côté, me tordre les chevilles pour passer… Je perds beaucoup d’énergie là-dedans. Je vais le payer dans les 500 derniers mètres de l’ascension. Après le faut plat (Goudard est à 960m mais le sommet est à 1023m) je dois marcher pendant 150 mètres pour reprendre mon souffle car mon cardio s’affole. Dès que la pente redevient normale je reprends le rythme course à pied. La descente qui suit est terrible. Je laisse parler mes cuisses qui sortent de plusieurs mois d’entrainement typé trail. Je descends à toute vapeur, personne ne me doublera entre le 10ème et le 16ème kilo. Faut relativiser : les gars de mon niveau sont mieux partis, ils sont devant… Je descends à fond, et je me sens étonnamment bien. Pour amortir l’impact de la foulée, je cours dans le bas côté dès que je peux et ça fait du bien. Mes NB 826 qui n’ont que 40 bornes dans les semelles répondent bien, je suis content de mes soldes de juin.

14 ème kilo : fin des 4 kms de descente, c’est un nouveau faux plat montant qui débute. Soudain un coup de tonnerre déchire le ciel et deux minutes après ce sont des trombes d’eau qui nous tombent dessus. Les photographes motards s’arrêtent à la hâte sous un arbre pour passer les combinaisons de pluie. Je me dis que j’ai bien fait de pas emporter ma ceinture porte bidon avec l’appareil photo parce que là il serait mort. Je suis trempé jusqu’au trognon mais ça va bien. Je commence à me dire que mon genou droit avec sa tendinite du TFL ne va pas apprécier la descente que je viens de m’enfiler mais trop tard, tant pis, on verra bien… La seconde ascension débute, la montée de Chabrits est velue. Ceux qui ont trop tapé dans leurs réserves à Goudard le payent cash. Je monte à mon train, m’aspergeant d’eau de façon régulière grâce aux nombreuses mini bouteilles fournies aux ravito surnuméraires (j’ai jamais vu autant de ravito dans une course !). Dans la côté, deux ou trois gars vont me doubler, je prends la roue du dernier que je repasserai à Chabannes avant un petit flottement.

Je m’alimente en piochant un abricot sec de temps en temps. Nous sommes au 18ème kilo et j’ai un moment dur. A la recherche d’un second souffle… Une demi-douzaine de gars va me passer entre le 18ème et le 19ème. Faut dire que mon genou droit commence à se raidir et à faire son timide. Le problème c’est ce qui nous attend maintenant : plus de 3 bornes de folle descente jusqu’au rond point des casernes avant une dernière montée jusqu’à la place du foirail. En temps normal, peanuts mais là ce dernier faux plat montant faut s’en méfier. Pour l’instant je suis dans la descente sur Mende. J’ai depuis longtemps abandonné tout espoir caché de chrono. Sans référence, sans expérience ni connaissance du tracé, j’essaye juste d’avoir une foulée légère et de me décontracter. Je n’ai pas beaucoup pensé à compenser mes appuis déséquilibrés qui sont la source de la tendinite de mon TFL sur le genou droit. Et je le paye cher. J’ai horriblement mal au genou à partir du 19ème kilo, c’est un enfer. Je grimace et je me sens grimacer. Je suis dégoûté car sinon tout va bien, je me sentirai bien pousser une nouvelle accélération mais je ne peux tout simplement pas. Je sais que ce sont les descentes qui font le plus mal dans mon cas et je serre les dents en regardant défiler les mètres sur mon F305. Purée que ça fait mal. Et l’orage qui menace d’en remettre une couche… Là c’est le mental qui me fait avancer, et j’avance car je double pas mal de monde. C’est long cette descente ! La ligne droite n’en finit plus.  

Je vois le panneau du 21ème kilo, puis je vois sur l’écran de mon cardio 21,4 kms… Plus que 1000 mètres (je pense en mètres pour m’aider à avancer) et j’aborde le faux plat montant avec bonheur. Ca tire dans le genou mais la douleur est plus supportable que dans l’interminable descente. Dans Mende, il y a un monde fou malgré la pluie. Les gens sont massés de part et d’autre du petit couloir qu’il nous reste pour atteindre la ligne d’arrivée. On se croirait dans une étape du tour de France. C’est dingue. Les encouragements de la foule me portent même si je sais qu’aucun ne m’est directement adressé. Avec la météo pourrie, je sais que madame sera restée au chaud avec la petite. Je finis le dernier kilo en donnant tout ce que je peux, je dépasse encore et puis c’est l’arrivée. Je m’arrête en poussant un grand ouf de soulagement, mon genou droit à l’agonie. Ma montre indique 1h53 et des brouettes. Les bénévoles récupèrent les puces, puis on nous distribue le tee shirt, la médaille et surtout la bouteille d’eau pétillante que je bois en 20 minutes. L’orage qui menaçait éclate. J’attends mon frangin en me mettant à l’abri de la flotte parce que c’est pas chaud ce qui nous tombe sur la couenne. Il arrive en 2h02, content d’en finir, il a souffert de cette dernière descente mais comme il dit : « voilà c’est fait, j’en refais une dans 11 ans et puis c’est terminé ». Nos classements respectifs seront : 738 et 1191 sur 3583 arrivants. Le vainqueur, Nicholas Kiprono frôle le record de l’épreuve avec 1h11’26’’ et le dernier boucle le parcours en 3h55.

Le restant de la journée va se conjuguer en douche réparatrice (quel bonheur !) et surtout en fractionnés apéritifs, promenades digestives et le soir repas pas du tout light à base d’aligot, de magret de canard au miel et au fromage de chèvre et de vin rouge… Faut bien décompresser ! Retour sur Lyon dès 6h30 le lundi matin.

 Voilà, je pourrais dire que j’ai fais cette grande classique de la course sur route. Dommage que mon genou ait fait des siennes, je crois que le dénivelé négatif de Goudard lui a fait vraiment mal… Mes quadriceps sont bien en feu au lendemain de la course mais le moral est bon. Je vais prendre une semaine de repos avant de reprendre les chemins d’entrainement. Pour soulager mon genou et sa tendinite du TFL je vais toutefois veiller à supprimer toute séance de dénivelé pendant les 2 prochains mois. Comme ma prochaine course doit être un marathon fin septembre, ça tombe bien.


Par Oslo
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Lundi 23 juin 2008

Après l’Ambertrail et ses 32 kms de boue le 8 juin, place à un nouveau trail, beaucoup plus ludique et calme celui-là, le Trail Thou Night dans les superbes sentiers des Monts d’Or. Au programme, un départ à 21h30 depuis St Romain au Mont d’Or et une arrivée sur Couzon au Mont d’Or, juste à côté : 12 kms et 700m de D+ à la lueur des frontales.
Après un petit repas sur le coup de 19h00, je prépare mon sac à l’arrache et ça c’est mal. Moi qui suis d’habitude bien organisé, cette fois-ci c’est rock and roll. J’aborde cette course comme une bonne partie de plaisir avant tout, une séance de footing pour boucler la semaine.
Je laisse les chaussettes oranges à leur place, préférant des chaussettes noires en l’honneur de la nuit la plus courte de l’année. Niveau textile, avec presque 30° au moment de partir, je ne me pose pas de question : short et maillot sans manches.

20h00 : je décolle de la Croix Rousse, descends jusqu’à la Saône que je remonte jusqu’au pont de Couzon. Sur la route, le téléphone sonne, c’est Taz qui est en chemin, on se file rendez vous devant l’accueil de la course. J’arrive à la salle rurale de Couzon vers 20h20, impeccable, j’ai largement le temps de me préparer.
Etape 1 : récupération du dossard et du tee shirt Adidas. C’est le même tee shirt que celui des 10 kms de Saint Priest, ou presque. De toute façon on n’est pas venus pour ça mais pour la paëlla la course.
Etape 2 : se changer. Pendant que je fais le tour de la Clio en petite tenue, à la recherche de mon cardio, Taz arrive et se gare sur le grand parking en bordure de Saône. De mon côté je cherche encore un peu puis je me souviens que j’avais posé mon Garmin et la ceinture cardio sur le buffet de la cuisine… Bon ben alors ils y sont encore. Quel blaireau, tant pis, on va courir sans. J’enfile un maillot et un short humide… la faute à la poche de mon camel mal fermée. Bien fait, la prochaine fois, je remplirai la poche à eau juste avant de courir. Bon en même temps, enfiler une tenue humide, ça rafraîchit direct.

Enfin prêt, je rejoins Taz qui finit de se préparer. On papote de sa préparation pour le Grand Duc, de la course de ce soir. Il ne veut pas se faire mal avant la dernière semaine précédant le Grand Duc et courir à allure footing. De mon côté, le mois de Juin est un mois de « semi-repos » et je veux courir tranquillos, donc on va pouvoir courir ensemble c’est chouette.
Le départ se fait sur St Romain, nous y allons en footing, en suivant les panneaux marqués « Départ Thou Night », en compagnie de quelques compagnons de route. Bon, ça nous empêche pas de manquer un embranchement le long de la voie ferrée et de nous retrouver sur une mauvaise route. Demi-tour et nous retombons sur nos pas. Je retrouve avec bonheur la commune de St Romain, théâtre de mon premier trail il y a quelques mois à peine, lors du Cabornis.

Sur la ligne de départ, il fait encore jour. Il n’est pas tout à fait 21h30, nous sommes moins de 200, l’ambiance est détendue. Dans les rues de St Romain, nous entendons un orchestre qui envoie de l’air pour la fête de la musique. Tout le monde écoute quand même les recommandations des organisateurs, même Taz qui est pourtant plutôt dissipé.
21h30 (n’ayant pas de montre, je suppose) c’est parti ! On s’applaudit pour s’encourager mais aussi parce qu’on est beaux, forts et intelligents. Je suis super content d’être là. Devant comme d’habitude ça part sur un bon rythme, nous on calme le jeu d’entrée. Sortie de St Romain, première côte et on se met à marcher. De toute façon ça bouchonne un peu, alors on papote et on profite. Le ciel est encore clair, pas besoin d’allumer les frontales.

Sur les parties goudronnées, on passe à proximité d’un gamin qui joue de la trompette, d’une fille qui joue du synthé. C’est ça aussi le concept de cette course : avoir de la musique un peu partout tout au long du parcours. Et ça, c’est génial. Nous remercions les musiciens et nous continuons de courir. Dans le peloton, ça discute, ça rigole, ça se prend pas la tête et c’est juste du grand bonheur.  

Sur les sentiers des Monts d’Or que je connais pourtant pas mal pour m’y être copieusement envoyé du spécifique lors de mes entrainements Trail de février à avril, je manque pourtant de repères, la faute à l'obscurité. Et oui, rapidement la nuit tombe, nous allumons les frontales et je dois avouer que comme ce que j'avais entrevu cet hiver, la MyoXP me laisse une très bonne impression.

Le traceur a une fois de plus redoublé d’ingéniosité pour nous mitonner un parcours aux petits oignons. Ca monte, ça descend, ça tournicote. Ma première expérience de course de nuit me procure un plaisir immense. Sans cardio, je suis super zen, me fiant aux indications de Taz qui contrôle sa FC pour rester dans sa zone de footing prévue. En passant devant un orchestre, nous chantons (faux) quelques notes pour les accompagner. Nous en profitons même pour louper une intersection et crapahuter sous une falaise, embarquant avec nous d’autres coureurs. Plus de points verts fluo sur le parcours : on s’est donc gourré. Demi tour, des gars restés en bas nous crient « c’est bon c’est là ! » et c’est reparti. Dans les zones boueuses, c’est de la grande rigolade car avec la nuit, on ne les aperçoit qu’une fois qu’on y est dedans… En haut d’une côte, Taz se lâche et accélère bien alors que j’étais en train de discuter avec un gars. Faut que j’accélère pour le rattraper mais ça sert à rien parce qu’il perd son podomètre, j’en aurais bien profité pour faire pipi mais j’y ai même pas pensé. Bon je mange un abricot sec, c’est toujours ça de pris... Et dans le lointain on entend la musique qui monte, c'est vraiment chouette.

Le parcours est diversifié : nous avons des petits passages bien piégeurs avec pierres et boue, une descente raide avec une corde, des petites côtes à flanc de colline. Arrivés en haut du mont Thou, le spectacle est superbe. Les lumières de Lyon brillent dans la nuit, des bénévoles se sont installés là avec de la lumière et du Clapton dans les haut-parleurs… Taz le métronome imprime l’allure et nous redescendons. Une guirlande rouge joue de la flute au détour d’une côte, plus loin ce sera du violon. Vraiment ce concept de course en musique est tout simplement génial. Nous crapahutons une dernière bosse avant de redescendre sur St Romain. Les bénévoles sont toujours là et leurs indications précises pour éviter les pièges comme des racines planquées au milieu. Nous arrivons à St Romain, il ne doit plus rester grand-chose. J’aperçois d’ailleurs Taz qui accélère lentement mais sûrement puis qui plante un vrai démarrage. Je me dis qu’il doit rester moins d’1 kilomètre alors je le suis au cas où il y ait un ours et pas rester seul. Nous doublons un duo de coureurs puis c’est le virage de la salle rurale et l’arrivée. Nous sommes bipés puis on nous remet les tickets pour la paëlla. A la lumière de ma frontale je regarde le Polar de Taz qui indique 1h40. Les résultats officiels nous créditeront de 1h40’08 et 1h40’10 aux 72ème et 73ème places sur 148 finishers hommes.

J’ai les bras trempés de sueur, l’air de rien il a fait encore bien chaud sur cette course. Exercices d’assouplissements, étirements, on boit un peu d’eau et on file se changer avant de revenir déguster la paëlla et boire une bière sous la lune. Là encore l’ambiance est bien sympa et tous les bénévoles aux petits soins.

Voilà c’est fini. Mais je reviendrai parce que cette course était géniale. Un grand merci aux organisateurs, aux bénévoles et bien sûr aux musiciens tout au long du parcours, c’était vraiment très sympa de vous entendre. Cette première expérience de course de nuit en appelle d’autres. Bon la SaintéLyon ce sera quelque chose de bien différent mais d’ici le 7 décembre, on a le temps de voir venir…

Par Oslo
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Lundi 9 juin 2008
Salut tout le monde!

Finalement je me suis bien élancé sur le tracé de l'Ambertrail ce dimanche 8 juin. Il s'agissait d'une première, dans le cadre du Challenge des Chemins Dynamiques en région Auvergne. Au programme 2 courses organisées par l’association Courir en Livradois Forez :  le Traillou (12 kms, 300m D+) et l'Ambertrail (32 kms, 1200m D+). Pour ma part, ce sera l'Ambertrail sans aucun autre objectif que de finir, même sur une seule jambe et peu importe laquelle…

Après une nuit rock and roll ponctué par les pleurs de ma fille à 40° de fièvre, je me réveille tant bien que mal à 7h et m'enfile un petit déjeuner classique. Le sac est prêt depuis la veille, je quitte la maison endormie sous une météo typique de juin à 8h du matin : 10°, pluie, brouillard et plafond nuageux au ras des pâquerettes...
15 minutes de voiture plus tard, j’arrive à Ambert où la météo est la même, ça promet… Je me change et opte pour le corsaire, laissant le short dans le sac et un maillot à manches longues. Je vérifie le camel et je pars trottiner un petit kilomètre ou deux pour m’échauffer. Les concurrents arrivent par grappes et finalement je repère mon beau père et mon beau frère. Ils ont été courageux de se taper une heure de route un dimanche matin à 7h du matin sous un temps pareil. Ils se dépêchent de s’inscrire, ce sera le 12 kms pour eux, déjà largement de quoi se mouiller. Sur la ligne de départ, le speaker nous informe des consignes de sécurité et surtout nous annonce qu’il y a pas mal de boue sur les chemins.

8h45 : j’allume le ForeRunner et je constate avec horreur que j’ai oublié de le recharger. Damned… Je le remets dans le fond du camel et je garde au poigner mon bon vieux Polar RS100 de secours…

9h00 : départ ! Je me cale sur le rythme de beau-papa et de Bertrand qui avancent pas mal. Je pense surtout à ma jambe droite. Je me suis fait un beau bandage avant de partir, j’espère que ça ira. Je suis en phase d’échauffement, je teste mes appuis, j’essaye de compenser ce décalage dont m’a parlé le toubib. On doit être dans le dernier quart de la course, loin devant ça galope déjà bien.
Je constate avec soulagement que les kilomètres sont clairement indiqués donc l’absence de mon F305 ne va pas me gêner.

9h30 : c’est l’heure du premier gel et après avoir discuté le bout de gras, je perd mes camarades de jeu car les parcours bifurquent. A droite, sur du plat c’est le 12 kms qui continue, à gauche, avec une belle côte c’est le 32 kms.
Pour l’instant on ne s’est pas trop enfoncé dans les sous bois et les chemins restent corrects… Ca ne va pas durer… Ce parcours bucolique sur les hauteurs d’Ambert qui en temps normal aurait été d’une bonne accessibilité va se transformer en patinoire. Notamment dans les descentes. C’est la descente olympique. Et que je te descends sur les fesses, sur le dos, … J’ai de la chance de passer au travers, je suis même plutôt satisfait de constater qu’en descente j’ai un bon rythme.


10h00 : c’est la fin du premier ravito. 10 kms parcourus, ce qui fait pile poil du 10 bornes à l’heure. Ma jambe tient le choc et mon genou reste coi, merci le bandage. Par contre mes chaussettes oranges que j’inaugure pour l’occasion sont déjà marrons. De la boue, mais de la boue ! Un truc de dingue, des flaques et des flaques, on s’enfonce parfois jusqu’à mi-mollet dans des tourbières. Heureusement les bénévoles sont là pour nous conseiller de prendre plutôt à gauche ou plutôt à droite pour éviter les racines, les flaques trop profondes. Vraiment, ils sont nickel les bénévoles. Je prends soin d’adresser quelques mots à chacun et il y en a souvent. C’est sympa. Le crachin va tomber sans discontinuer tout au long de la course. L’ambiance est sympa et moi je suis super heureux d’être là et surtout de pouvoir continuer de courir avec ma patte folle.

10h30 : aux alentours du 15ème kilomètre j’ai rattrapé puis lâché un groupe compact de quatre coureurs que j’avais en ligne de mire depuis le ravito. Le parcours est sublime. Sentier mono trace en sous bois, avec flaques de boue à gogo, nappes de brouillard dans les vallons, je m’éclate comme un gamin. Je me sens bien. Je m’enfile un second gel, décidé à ne pas trop en ingurgiter, j’ai un stock d’abricots secs dans la poche du camel. Le parcours est plutôt facile. Pas de grosses côtes, pas de descentes difficiles, mais avec la boue tout est plus corsé. D’ailleurs je ne vois pas une racine, je m’y prends les pieds dedans et c’est le grand plongeon. Le Grand Bleu peut aller se rhabiller ! Je me récupère comme un blaireau dans une flaque de boue. Le temps de me relever, je repars aussi sec. Mon pied droit qui a tapé dans la racine me fait plutôt mal, j’essaye de ne pas y penser. Au bout d’un kilomètre ça passera.

11h00 : second ravito. Ouf. Je l’attendais depuis un moment. Faut dire que depuis 3 bornes je me suis un peu lâché. Mon genou tient toujours le choc, j’ai profité d’une descente régulière et bien humide pour lâcher un nouveau petit groupe de coureurs. Mais je sens que dans mes chaussures, il y a un peu de tout : des graviers, des cailloux, des feuilles… Un castor pourrait fabriquer un HLM avec tout ce qu’il y a dans mes godasses. Je profite donc du ravito du 20ème km pour retirer mes enclumes à boue et faire un peu de ménage.
Je repars dans les roues ou plutôt dans les semelles d’un coureur qui a un bon rythme. Là je dois avouer que je vais pas du tout être raisonnable. Je vais le suivre et le gars envoie pas mal alors on remonte ensemble et on double plusieurs concurrents. Je me dis que je vais le payer plus tard mais tant pis c’est trop bon sur ses sentiers piégeux. Bon après deux bornes de délire, je commence à ressentir un petit coup de barre. Je marche dans les côtes, faut dire qu’il y en a une velue aux alentours du 24ème kilomètre. Mon compagnon de délire me lâche mais ce n’est que partie remise…

26ème kilomètre : là je suis dans le dur… C’est la dernière bosse avant la descente sur Ambert. Je regarde ma montre et je me dis que je dois arriver à finir en 3h30 maxi. C’est une nouvelle motivation donc je relance la machine malgré la fatigue et quelques douleurs sur le genou. Je compense sur la jambe gauche, comme a dit le toubib…

28ème kilomètre : on passe à un endroit où un petit cours d’eau a décidé qu’il n’avait pas assez de place dans son lit donc il s’est carrément incrusté dans le chemin. Y’en a j’vous jure, ils respectent rien. Bon, comme je suis un grand gamin je trouve ça génial alors je patauge dans la flotte. Devant c’est une nouvelle bosse qui se dessine… Ah dommage, je l’avais pas prévue celle-là. Pourtant j’avais pris le profil du parcours mais au lieu de l’étudier j’ai préféré me lâcher. Bon tant pis, on va marcher un peu plus longtemps que prévu…

29ème kilomètre : ouf, on a basculé dans la descente sur Ambert. Beau Papa et Bertrand sont là pour m’encourager, c’est sympa à eux d’être restés alors qu’ils ont du finir leur 12 bornes depuis un moment.

30ème kilomètre : le panneau « 2kms » me fait du bien à la tête. Faut dire qu’à force de compenser sur ma jambe gauche je me chope des crampes assez douloureuses. La sportéine ne suffit pas… Je serre les dents mais j’essaye surtout de me détendre. Je remonte sur le gars avec qui on s’était un peu lâché après le dernier ravito. Il a l’air claqué, il marche sur une partie goudronnée, je continue de courir, pas vraiment que je sois vraiment bien mais je sens que si je m’arrête ça va être dur de repartir. Mais finalement ça va bien se passer. Je souffle, détends les épaules et je retrouve une bonne foulée pour les 2 derniers kilomètres. Dans les dernières centaines de mètres je reprends 3 autres coureurs et franchis la ligne d’arrivée en 3h21. Classement 71ème/141 soit pile poil le milieu, j’aurais voulu le faire exprès j’aurais pas pu ! Je retrouve Beau Papa et Bertrand et nous remontons dans la montagne pour partager un repas qui retape…


Alors cet Ambertrail, je regrette pas de l’avoir couru malgré mon genou droit un peu douloureux. Le bandage m’a fait du bien, c’est une bonne solution pour tenir le coup.
Le parcours de ce trail était vraiment sympa, diversifié, pas trop technique mais plaisant dans les sous-bois. La présence de la boue a rendu les choses très amusantes et je me suis régalé. Les bénévoles étaient vraiment impeccables, serviables, souriants malgré la pluie, attentionnés. J’ai aimé l’esprit cool de cette course. Par contre j’ai aussi vu des gobelets en plastique et des gels vides jetés dans la nature. Y’a vraiment des cons qui respectent rien. C’était le seul point négatif. Pour le reste ça a été franchement du bonheur et je reviendrai. Mais pour l’heure c’est du repos... et nettoyage des chaussures et des chaussettes :o)
Par Oslo
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