Comment on fait déjà, les CR de course ? Depuis le 6 décembre 2008 ça m’était plus arrivé…
Dimanche 17 mai, aux alentours de 8h du matin. J’arrive à Albigny sur
Saône. Depuis la Croix Rousse, à peine quelques kilomètres. Avec un peu plus d’entraînement dans les pattes, j’aurais pu venir en courant (ça m’aurait servi d’échauffement et ça aurait été bien).
Je suis les panneaux indicateurs « Trail des Passe Montagnes » et j’arrive comme une fleur devant la salle polyvalente. Il y a déjà pas mal de voitures et pas beaucoup de places alors j’ai du bol, j’en trouve une juste à côté du retrait des dossards.
Dans le ciel, le soleil se la joue XXL et il fait déjà bon. Pas de doute sur la tenue à adopter : court en haut, court en bas ! Par contre le vent souffle un peu et il y a plein de poussières qui volent : les lunettes de soleil seront utiles pour protéger les yeux (et quand on porte des lentilles c’est pire).
Pour l’instant je suis encore en jean et sandales. Il fait un temps estival, on est bien ! Je croise des concurrents qui trottinent déjà, plus d’une heure avant le départ… Plutôt pressés d’en découdre les gars ! De mon côté je suis comme un gamin. Après mes 3 mois de misères tendineuses, je suis ravi de me retrouver enfin au départ d’une course. En croisant les coureurs et les coureuses qui se préparent, je me rends compte à quel point ça m’a manqué. Cette ambiance bonne enfant, cette sensation de faire partie d’un petit monde de passionnés qui partagent l’amour de la course à pied. Regarder les équipements des uns, des autres, se rendre compte du nombre ahurissant de coureurs en Salomon (effet de mode sûrement), voir ceux qui partent avec porte bidons, ceux qui ont un sac… Ben c’est con mais ça me fait plaisir. Même si je continue à penser que c’est l’entraînement que je préfère, ça fait quand même du bien de mettre un dossard de temps en temps !
Je file récupérer mon dossard, le 301. Il règne une joyeuse ambiance dans cette salle, un coin buvette (important ça), un coin consigne sacs, un coin pipi (très important ça), et un coin retrait des dossards. J’aperçois Yanshkov assis sur une scène et je file lui dire bonjour. Les béquilles à côté sont bien pour lui, mince, j’avais pas su ce qu’il lui était arrivé… On papote un peu, je suis désolé pour toi Yan, quand ça veut pas, ça veut pas… Courage, patience et ça repartira aussi sec !
De retour à la voiture, je me prépare doucement. Maillot orange, chaussettes oranges obligatoires pour tout membre du GCO qui se respecte… et voilà JeanMik qui passe par là. Hop, nouvelle séance de papotage… On file ensemble prendre un café et comme le temps finit toujours par passer, on commence à penser au départ. Je tombe sur deux potes, donc re papotage et avec JeanMik, on rejoint la ligne de départ. On se retrouve sur les hauteurs d’Albigny, sur une portion goudronnée. Quelques photos, l’ambiance est décontractée, les gens ont le sourire (pour certains ça va pas durer :o))) On remarque avec JeanMik qu’il y a quelques coureurs avec des chaussettes oranges. Peut être veulent ils être intronisés au GCO ? JeanMik déclare qu’il faut attendre de les voir courir, il y a des minimas pour être susceptible d’intégrer le prestigieux GCO. De mon côté, j’attends de voir ce qu’ils consomment comme boisson d’après course. Et en quelle quantité… Faut pas déconner, la bière d’après course du GCO c’est quand même une institution !
9h05 : toujours sous un soleil éclatant, c’est parti ! C’est parti à fond ouais ! Oh punaise, mais ils sont fous ou bien ? Je regarde mon cardio : 180 ! Mais comment ils font pour partir comme ça ? Moi il me faut mes 20 minutes syndicales d’échauffement. Et encore c’est un minimum ! Non là vraiment ça va pas le faire. Je sors l’aérofrein, tombe la voile et je me cale à mon rythme. De chaque côté ça passe comme des Mig en pleine guerre froide. Nom de diou, je savais que j’étais toujours long à me mettre en route mais là les gars (et les filles qui ne sont pas en reste) sont vraiment pressés ! Même pas trois cents mètres de course et j’ai déjà perdu JeanMik qui est loin devant. Mais bon je m’y attendais un peu, on ne boxe pas dans la même catégorie ;)
Le parcours est pour l’instant tranquille. Pas de difficulté, c’est roulant, dégagé et large. Je sens que je vais trop vite, d’ailleurs les coups d’œil au cardio le confirment. Je décide donc… de ne plus regarder le cardio. Je continue à me faire déposer par des fusées de tous côtés pendant 2 bornes. Enfin arrive la première côte et là ça va mieux. Non seulement plus personne ne double mais je commence à doubler. Bon, entendons nous bien, mon but n’est pas de doubler mais de courir à mon rythme.
Tout se passe bien, je m’arrête de temps en temps faire des photos. Je tente même quelques vidéos tout au long du parcours mais je ne vous les soumets pas, sinon c’est mal de mer assuré !
L’ambiance est bonne, je papote avec des gars et des filles avec qui nous faisons le yoyo comme ça arrive souvent dans ce genre de course. Faut dire que dans les montées j’avance bien mais dans les descentes, je pense à mon TFL. Alors je descends avec le frein à main (ou à pieds en l’occurrence). C’est à chaque fois dans des descentes que je me suis blessé au genou (final du marvejols mende et final de la sainté lyon en 2008, séances d’escaliers en 2009) donc là, c’est tout doux. C’est un peu rageant parce que d’habitude en descente j’avance pas trop mal, mais faut être prudent…
Prudent aussi le petit gars Oslo parce que l’air de rien, il doute pas mal. Après 3 mois d’interruption presque complète, je n’ai repris l’entrainement que début avril et en privilégiant les séances faciles (pas de VMA, pas de seuil, très peu de vallonné et jamais plus de 2h). J’arrive donc ici avec 24 km à faire ce qui sera ma plus longue séance depuis le 1er janvier. J’ai peur de souffrir à la fin du parcours et dans les enchainements montée / descente que je n’ai pas travaillé. Et dire que si tout avait roulé normalement, ce dimanche 17 mai je serais en train de courir les 100 kms du Grand Raid Ventoux… Bon c’est pas grave je conjure le sort en faisant ce trail ! C’est à tout cela que je pense en courant. Et puis à prendre quelques photos aussi.
Le premier ravito arrive vite mais comme je n’aime pas m’arrêter et que j’ai le sac, je continue. Je n’ai prévu qu’un seul arrêt au milieu pour recharger la poche à eau et je vais m’y tenir.
De temps en temps il y a un petit vent frais très agréable. Cela évite les gros coups de chaleur. Je mange un peu en piochant dans mon sac, et je bois beaucoup comme d’habitude (de l’eau bien sûr :o)))
A chaque intersection, à chaque endroit où le parcours croise la route, il y a les bénévoles sans qui ce genre de fête ne serait pas possible. Je les remercie donc tous en passant, comme à chaque course. Ca ne coûte rien et c’est la moindre des choses.
En haut du mont Thou je m’arrête pour faire quelques photos car on voit les Alpes et c’est vraiment un des plus beaux panoramas du coin. Richard, un copain motard qui court aussi, me dit d’arrêter de faire le touriste. On discute un moment en redescendant puis on remonte un peu en direction du mont Cindre.
Arrive le second ravito, nous sommes au KM 11. Je recharge la poche à eau, mange un morceau de fromage au passage et je repars. La descente qui suit est longue, je la connais bien
pour l’avoir faite assez souvent (mais plutôt en montée) l’an dernier. Elle commence sur un sentier, continue avec des cailloux casse gueule et finit sur du bitume qui tape. Heureusement le
bitume ne dure pas longtemps. Je descends prudemment, ménageant au maximum mes genoux. Et là en bas de la descente, gros coup de moins bien. J’ai les jambes lourdes, Richard s’éloigne et je ne
peux rien faire pour le suivre, ce serait me cramer. Je continue à m’alimenter et à boire régulièrement, je respire bien, pas de douleur nulle part mais juste plus de forces dans les jambes.
Allez hop j’active le mode « j’en chie mais ça va passer » pendant 3 bornes environ.
Vers le 15ème kilo je retrouve mes moyens. La suite m’a semblé super rapide. J’ai arrêté de regarder les KM et j’ai pensé à me faire plaisir. Je me suis mis à avancer mais toujours avec la peur de me cramer donc toujours en en gardant sous le pied. Je constate notamment que je suis vraiment facile dans les côtes. Là je me pose la question : à quel point le fait de me taper 6 bornes de marche à pied pour aller bosser tous les jours, avec notamment 100m de D+ d’escaliers m’aide dans les côtes en trail ? Parce que là je me fais plaisir. Je peux courir là où la majorité marche, sans avoir l’impression de me cramer. Porté par cet enthousiasmante découverte, je me permets même de me lâcher dans une grande descente vers le 18 ou 19ème kilo. Je double je saute comme un cabri et je m’attends à me ramasser la gueule. Je veux tester mes genoux et ils ne bronchent pas.
C’est tellement la fête du slip que forcément je rate une bifurcation et que je tire tout droit avec plusieurs autres gars. On s’enfonce dans un dédale de branchages sur un petit sentier et au bout d’un moment on s’arrête car il n’y a plus de rubalise. Derrière nous un gars dit « si c’est bon c’est là » alors on repart. Mais trente mètres plus loin, un tas d’éboulis, un chemin de chèvres qui descend, un autre qui monte et rien. Allez hop demi-tour. Je repars devant le petit groupe et forcément je remonte trop loin donc je me perds une seconde fois. Je rebrousse chemin et repart dernier du groupe des étourdis. La petite affaire a du me coûter 5 bonnes minutes mais on n’est pas à ça près…
Je m’attends à recevoir un coup de manivelle. Faut dire que dans les portions planes mon GPS indique plus de 12 km/h et dans les montées je continue à avoir un bon rythme. Je ne marche plus contrairement au tout début où je faisais tout à l’économie. Faut dire que j’avais peur de morfler. La semaine a été longue au boulot et j’ai fais plus de 40 bornes de CàP. Après 1 petit mois de reprise faut pas pousser trop loin le bouchon Maurice…
Dernière descente sur Albigny. Les bénévoles nous annoncent moins de 2 kilomètres. Je relance la machine pour faire un second test de descente mais je dois m’arrêter aussi tôt… pour refaire les lacets de ma chaussure. Oui je sais je suis un boulet… Bon allez je repars, dépasse quelques types avec qui je fais le yoyo depuis le 3ème kilomètre. Et là la surprise du chef : les escaliers.
Franchement ça me plait. J’en bouffe tous les jours pour aller au boulot donc pas de problème. J’hésite à les monter en courant puis je me dis qu’il faut être sage. Arrivé en haut, ça pique un peu les cuisses…Je me remets à courir et reprend un gars avec qui j’ai fais la montée vers le mont Thou. Il est carbonisé. Il marche de guingois et marmonne des paroles de découragement. En le passant, je me tourne vers lui et lui dis de s’accrocher, qu’il ne reste plus grand-chose, qu’on finit ensemble. Il se remet à courir et ensemble nous produisons un dernier effort.
Et ça va tenir. Tout. Les genoux, les cuisses, tout je vous dis. Je finis en trombe, étonné de voir la ligne d’arrivée alors que je me sentais vraiment frais. Je finis donc sur une note super positive. Sur la ligne, je retrouve Richard qui est arrivé depuis 10 minutes. On papote, tous les gars avec qui j’ai couru et discuté sont là ou arrivent, on papote encore. Les gens sont heureux. Yanshkov arrive, me demande mes impressions, je suis ravi. Du parcours, de la météo, de cette ambiance de grande famille, et surtout que mes genoux aient tenu. 2h34 au chrono, je m’attendais à mettre 3h00 donc je suis plutôt satisfait, surtout que je me suis économisé pendant un moment.
Je file manger un morceau parce qu’on n’est pas puni non plus. Je retrouve un autre copain motard qui court aussi (on est un paquet de motards à courir en fait !) on discute autour
d’une assiette de salade de riz. Les mêmes discussions que dans toutes les fins de course : impressions sur le parcours, courses déjà faites, celles à venir, des nouvelles de machin et de
truc… Du classique.
JeanMik a déjà pris sa douche, il est arrivé depuis un moment et il est heureux du parcours. Nous décidons de fêter cette belle journée par la bière traditionnelle d’après course du GCO. A l’ombre derrière le break, on est bien et c’est que du bonheur, merci encore JeanMik pour la Leffe !
Voilà une bien sympathique façon d’occuper son dimanche matin, à refaire comme toutes les courses qui se déroulent dans les monts d’or d’ailleurs, paradis du trailer lyonnais ! De mon côté, vraiment soulagé de voir que la machine a bien tenu. Moralement je suis reparti à bloc. Physiquement, on va d’abord faire une semaine light et finir doucement le plan de remise en forme pendant les 2 semaines suivantes… Qui va piano… joue du piano, enfin non mais vous avez compris hein ;)
mail : caposlo@gmail.com
planning 2010 en cours d'élaboration :)))
J'ai un souvenir d'un itinéraire dur. Avec des portions (avant le Mt Thou, je crois ???) de route ou de piste roulante... Pas top. Par contre, le choix des chemins, et les bénévoles étaient très très sympas, l'an dernier... As -tu apprécié l'itinéraire ?
Ravi d'avoir participé à ce trail en ta compagnie et d'avoir enfin fait ta connaissance même si on est resté peu de temps ensemble...la bière de récup a été un moment d'extase je te l'avoue...et on l'avait bien méritée...j'espère que l'on aura rapidement l'occasion d'aller s'entrainer sur du long quelque part dans les monts d'or ou du lyonnais,.. bonne récup à toi....see you soon...;-))
Tu nous aurais pas un peu bluffé avec ton histoire de TFL ? Genre le gars "j'suis blessé, j'suis à l'agonie, j'me fais curé les dents pour m'soigner..." et en fait il se fait un super prépa en douce, à l'insu du plus grè de nous tous ???
Z'allez voir qu'à la prochaine il va nous faire le coup du sprint aussi non ?!!!!
Super reprise ! Moi aussi j'ai hâte de trinquer avec toi !!!!
Tu m’a fais bien marré avec ta bifurcation et ta fête du slip.
C’est des xt wings que tu as vu aux pieds de beaucoup de coureurs ? J’ai succombé à l’effet de mode et je suis assez déçu. Le système de laçage n’apporte pas grand-chose, je suis gêné au niveau de la malléole et il y a une zone qui à tendance à vouloir se transformer en ampoule.
Pour le reste, elles sont plutôt bien mais une bonne paire de trabuco fait tout aussi bien l’affaire surtout dans sa dernière version.
Faudra y aller quand même mollo sur les minimas pour le GCO … Il va un peu vite pour nous papy jeanmik ! Il a une sacrée forme le gaillard ! Faut peut-être plus se polariser sur la bière … ;-)
2h34, t’as vraiment pas traîné surtout en jardinant le long du parcours ! Je tablais sur 2h45. Me suis pas planté de beaucoup. J’ai plus confiance en tes capacités que toi-même ! ;-)
En ce qui concerne papy JeanMik, il met méchamment du gaz ! Même en étant entrainé comme je l'étais en fin d'année dernière je n'aurais pas pu le suivre. Impressionnant ! C'est pour ça que je préfère me rabattre sur la bière, je pense avoir moins de retard à rattraper ! :o)))
Quant au chrono, 2h34 ouais, je me serais pas paumé, j'aurais fait moins de 2h30 mais bon, finir 80 ou 95ème, ça change pas grand chose ;))