La montée de Chambles, ça faisait un moment que je voulais la faire (enfin, un moment, faut le dire vite, juste 2 ans, depuis que j’ai commencé la CAP en novembre 2005...) Mais y’avait toujours
un truc pour m’en empêcher. Cette année c’était décidé, j’allais en être parce que :
- beau papa est du coin et la court chaque année depuis un bail
- il fallait éliminer les excès de foie gras du réveillon de noël
- j’en avais entendu beaucoup de bien (et moi je fais confiance aux gens qui disent que c’est bien)
Bon alors la montée de Chambles, ça se passe dans la Loire (42 pour les fanas de chiffres), à quelques kilomètres de St Etienne. Il s’agit d’un parcours de grosso modo 11 kms (11.4) qui permet de
rejoindre deux villages : St Just St Rambert et Chambles. Et comme c’est un parcours qui grimpe un peu (300m environ de dénivellé +), la course s’appelle tout naturellement « montée de Chambles
». Logique implacable s’il en est...
Voilà pour la présentation de la course. Ah mais non, j’ai oublié des détails qui ont leur importance. La course se déroule le dernier dimanche de l’année, c’était donc le 30 décembre. Juste
avant le réveillon, le peloton est détendu, il a la tête au foie gras, aux chocolats, et pas trop à la compétition. Ambiance détendue donc, avec la présence traditionnelle de plusieurs
concurrents déguisés.
Nous arrivons à plusieurs, en force donc avec beau papa (le plus expérimenté de nous tous), le beau frère, et deux collègues. Bon, autant être lucide et avouer qu’on ressemble plus à la 7ème
compagnie au clair de lune qu’à une horde d’athlètes prêts à bouffer du chronomètre (en plus c’est pas bon, c’est plein de chiffres qui se coincent dans les dents). Il est 9h20, départ dans 40
minutes donc… Nous récupérons nos dossards dans le gymnase et nous voyons des gens courir partout pour les traditionnels échauffements d’avant course. Mon beau frère me rappelle qu’il est hors de
question qu’il s’échauffe car c’est sa première course et qu’il a pas l’habitude. Je lui dit qu’il est un peu con mais que c’est juste mon avis perso qui n’engage que moi et je vais trottiner
tout seul pour rejoindre la ligne de départ. En plus on peut même faire pipi contre un arbre parce que dans les toilettes du gymnase c’est pire que devant une boucherie de Stalingrad aux pires
heures de la famine russe. Enfin presque…

Bon, en attendant le départ, on plaisante un
peu, on discute avec les voisins, on commente les déguisements. Dans le peloton, outre les nombreux pères noël, on retrouve Brice de Nice, Sébastien Chabal, les schtroumpfs (mais pas tous), les
dalmatiens, des nones, des écossais, y’en a pour tous les goûts. J’avoue que je regrette de ne pas avoir pris le temps de préparer mon déguisement. Mais promis l’an prochain je serais déguisé moi
aussi.
10h00 : coup de feu de départ. Pour éviter le gros du peloton (même si je suis plus gros que la majorité des coureurs composant le peloton mais chut ; on va dire que c’est la faute aux abus de
table du réveillon de noël), je me faufile dans les cents premiers. Et puis bon, je pourrais au moins dire que j’aurais été dans les 100 premiers à un moment. Mon cardio a du mal à se mettre en
route, il capte rien, faut dire qu’on est tous serrés et que ça frotte un peu. Bon, tant pis je cours au feeling sans me préoccuper de ma FC (pourtant j’aime bien, Chambles est à peine la 3ème
course à laquelle je participe et je ne me connais pas encore tout à fait, donc pour éviter de partir trop vite je regarde toujours le cardio avec attention au départ). Devant les gars qui sont
pas là pour rigoler sont déjà loin devant. Après les 2 kilomètres de goudron du départ, je suis un peu à la peine. Mon cardio a retrouvé ses esprits, je suis sur un rythme lent, rythme de départ
de mon dernier semi marathon en novembre… J’ai envie de lâcher les chevaux mais je sais qu’il y a 300m de grimpette et qu’il faut en garder sous le coude. Alors je monte tranquille, je discute
avec les autres, on parle de recettes de cuisine et de réveillon de noël, on compare nos menus respectifs. Bref, une ambiance super. Lorsque je vois le panneau « Souriez, photo dans 10m » je
prends un air inspiré et je regarde loin devant pour faire style le vieux briscard qui est super fort. Bon sur la photo ça donne un air constipé d’éléphanteau en train de sauter en l’air, c’est
assez décevant mais finalement je m’y attendais…
Bizarrement, quand le profil grimpe, je suis plus à l’aise et je commence à remonter un peu. J’accélère doucement (je suis super fort pour accélérer doucement) et lentement je me cale à mon
rythme de course. Il reste 6 kilomètres et je me sens pas vraiment bien. Je cogite dans ma tête en me disant que 2008 doit être pour moi l’année de la nutrition. Si je veux pouvoir progresser,
les seuls entraînements ne vont pas suffire, il va falloir perdre du gras parce que 78 kilos c’est lourd à porter, surtout avec des abdos kronenbourg.
L’itinéraire de la montée de Chambles est très joli. Il serpente sur un terrain en terre entre les arbres et on arrive au village de Chambles en passant près du château d’Essalois qui surplombe
le barrage de Grangent. C’est vraiment un coin très sympa mais la météo n’est pas vraiment avec nous. 4 ou 5° et des nuages bas qui bouffent le relief, c’est tristounet. Bon, je regarde un peu le
paysage quand même parce que c’est aussi pour ça que je fais de la CAP mais assez vite je m’intéresse à nouveau au profil de la course. Dans les quelques descentes de récupération, je me rends
compte que je ne sais pas gérer ces moments. Tous les gars que j’ai distancé dans les grimpettes me recollent dans les descentes, ça me désole un peu. Il va falloir que je travaille ça sur le
plan que j’attaque mi janvier pour préparer les trails de 2008.
Le dernier kilomètre est absorbé avec deux gros virages et deux pentes courtes mais super dures. J’en profite pour faire parler mes cuisses d’ancien rugbyman et doubler encore quelques coureurs.
On passe sous la tour de Chambles qui culmine à 18 mètres de hauteur et on redescend vers la ligne d’arrivée.
J’arrête le cardio : 55 minutes et 17 secondes. Un temps qui me classe 237ème sur 750 partants. J'ai vu que le vainqueur a quand même bouclé la montée en 39 minutes... Respect ! Là aussi, ce que
j’aime dans la CAP c'est ça : une belle école d’humilité. On a les victoires qu’on peut : j’ai fini premier des 5 membres de la 7ème compagnie. Je me change car il commence à bruiner et il ne
fait pas chaud. Puis j’attends mes compagnons et nous partons ensemble boire un bon vin chaud pour nous remettre de nos émotions.
C’était donc ma 3ème course et certainement la plus sympathique. Un moyen très détendu pour terminer l’année 2007 en beauté. Maintenant je prends 2 semaines de coupure et je réattaque mi janvier
avec un plan trail pour préparer les Cabornis mi mars.
Prochaine course juste pour le plaisir : Foulée des Monts d’Or fin janvier… D’ici là il va falloir :
- faire le réveillon
- dormir
- et puis aussi, se remettre à l'entrainement...