Vendredi 29 janvier 2010 5 29 /01 /Jan /2010 13:21

La première fois que j’ai entendu parler de Serge Girard, je ne courrais pas. C’était à la fin du siècle dernier…

Je ne faisais pas de sport, mais alors pas du tout, même pas une heure par mois. J’étais ventripotent, fumeur, et je faisais la fête 6 jours sur 7 (histoire de recharger les batteries le 7ème jour). Je passais ce qu’il restait de mes nuits à écrire des romans et des nouvelles, en me disant qu’un jour, quelqu’un les lirait. Une aube pas plus poétique qu’une autre, au retour d’une énième soirée, je me suis affalé sur mon canapé aux lattes déglinguées et j’ai allumé la télévision. Histoire de me prendre un peu plus d’inepties dans les esgourdes avant d’aller me coucher. Une dose supplémentaire de lobotomie hertzienne. Là, je suis tombé sur un petit reportage qui parlait d’un type qui traversait les continents en courant. Je n’aurais jamais pensé qu’un homme soit suffisamment taré pour se lancer dans ce genre de truc. Je me disais qu’il fallait être particulièrement secoué pour s’infliger une telle souffrance. Je ne voyais pas ce qu’on pouvait en retirer, ce que ça pouvait apporter. Sûr de moi, j’ai éteins la télévision en me disant que ce gars devait avoir un paquet de choses à fuir pour courir ainsi. 

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Si Jacques Brel avait été assis à mes côtés ce jour-là, il m’aurait répondu « Quand quelqu’un bouge, les immobiles disent qu’il fuit ». Et il aurait eu mille fois raison ! A cette époque là, j’étais un immobile fier de son état d’encroûtement et de son physique délabré.

 

Les années ont passé. Serge Girard continue de courir. En ce moment il traverse l’Europe. Il y a quelques jours à peine il était de passage dans ma région natale, en pays Biterrois. Un pays qui me manque et que j’aime. Si Georges Brassens était assis à côté de moi aujourd’hui, il me chanterait le refrain des « imbéciles heureux qui sont nés quelque part ». Et il aurait mille fois raison ! Aujourd’hui je suis un imbécile heureux mais je ne suis plus immobile.

 

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La course à pied me semble être le meilleur moyen pour découvrir le monde et pour se découvrir. Quel moyen plus naturel, plus simple, plus économique, plus évident, de voyager ? Serge Girard parcourt le monde avec une arrière pensée chronométrique. Son défi est de faire x kilomètres en tant de temps, de couvrir l’équivalent de 600 marathons en 365 jours. Il court le monde avec une volonté de défi, de record. C’est un exploit sportif colossal et je l’admire pour ça. Toutefois, je ne me reconnais pas dans cette marche en avant, dans cette recherche de performance. En revanche, il y a un côté follement attirant dans cette aventure de la traversée de l’Europe. Quelque chose qui me remue les tripes et qui me donne envie de tout plaquer pour partir courir par delà les frontières. La même chose qui me titille lorsque je vois la photographie d’une route, d’une piste, quelque part. Ailleurs. Une invitation au voyage. Partir découvrir les autres, voir le monde et à la reconquête de soi. Je crois que nous sommes tous des nomades contrariés. A différents degrés, nous rêvons tous de partir. Et lire le compte rendu des étapes de Serge Girard nous renvoie malgré tout à cette vieille lubie qui nous anime. L’excitation du départ, l’envie de voyage, la soif de découverte et de recueillement. Tout ce qui fait qu’en voyant quelqu’un partir, on l’envie toujours un peu.


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Envisager la course à pied comme un moyen de locomotion, voilà ce qui m’attire de plus en plus. Aller d’un point A à un point B. Prendre des raccourcis ou au contraire le chemin des écoliers. Se laisser guider par son envie, son ressenti. Voilà la raison même de la course à pied, son socle fondamental. La réalité une fois qu’on lui a retiré tous les artifices de mode, de chronomètre, de défi, ou que sais-je. Juste courir vers les autres, vers ailleurs. Se sentir bien, en harmonie avec le monde qui nous accueille. C’est, je crois, l’évidence qui s’impose à tout coureur d’ultra à un moment ou à un autre.

Beaucoup plus modestement je me suis mis dans la tête de m’offrir dans 4 ans (pour fêter mes 40 ans) un petit voyage en courant. 10 jours de course à pied, au départ du Lyonnais (ma terre d’adoption) et en direction du Haut Languedoc (ma terre d’origine) par le GR7 pour célébrer mon statut d’imbécile heureux qui n’est plus immobile… Mais j’ai le temps de vous en reparler !  

Par Oslo - Publié dans : Le plus dur c'est de s'arrêter
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Mardi 26 janvier 2010 2 26 /01 /Jan /2010 08:15

Lorsque j’arrive au gymnase de Marlhes ce dimanche matin il est pas loin de 8h00 et la météo semble conciliante. Tout semble donc partir sur de bonnes bases. Tout ou presque du moins. Car la nuit a été courte (merci les enfants, vous le payerez :o))) et j’ai encore le dos en bouillie de la veille, la faute à 2 séances de 2h30 passées à poncer les poutres à la maison. Le genre de truc qui vous fait vous demander pourquoi bon sang de bonsoir les ponceuses à main sont si lourdes sous la loi de la gravité. 


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Le gymnase se remplit petit à petit. Mon beau père va récupérer son dossard sur le 22km et je récupère le mien sur le 33km. Je suis super content d’être là. Cette ambiance précédent la course est toujours sympathique. Et puis mon premier dossard de l’année, je vais l’épingler ce dimanche 24 janvier. Alors que l’an dernier, j’avais du attendre le 24… mai ! C’est pas pour dire mais ça fait rudement plaisir d’être au départ de ce premier rendez vous de la saison. Enfin, rendez-vous, il faut le dire vite. C’est une course plaisir, sans objectif autre que de manger la tartiflette d’arrivée et boire la traditionnelle binouze d’après course avec les copains. Ce qui est déjà très bien. 


http://farm5.static.flickr.com/4029/4304324962_8808d4d06a.jpgAccessoirement, on va en profiter pour se faire la sortie longue de la semaine. Et la semaine a déjà été pas mal remplie puisque j’ai 88 kms et 1900m de D+ dans les pattes depuis lundi. J’ai entamé début janvier le plan d’entrainement maison pour la 6666 Occitane. Au programme un peu de tout mais je veux m’habituer aux sorties longues tout terrain. Semaine 1 j’ai participé à la reco de l’Occitane (6h-2000D+), semaine 2 je me suis fait un aller/retour de 2h50-850D+ jusqu’au col de la Luère, semaine 3 le Pilat Winter Trail que je compte courir en 4h30 environ histoire de faire entre les deux. La dernière semaine de janvier sera consacrée à la récup / assimilation (le principe d’1 semaine allégée pour 3 semaines de montée en charge est un cycle qui me va bien au teint).
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Première surprise en jetant un œil au profil du parcours : le dénivelé annoncé de 1600m D+ est passé à 1000m D+. Sur le coup je suis déçu. Ce que je cherche, dans le cadre de la prépa à l’Occitane, c’est de bouffer du D+. Et j’aurais pas craché sur 600m D+ supplémentaires. M’enfin bon c’est pas grave. D’un autre côté j’avoue qu’il me tarde d’arriver à la semaine d’assimilation, j’ai pas donné ma part au chien depuis le 1er janvier.


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Sur ces considérations hautement stratégiques je vois arriver la silhouette svelte et élancée d’Arthur. On papote, on hésite à aller réveiller Taz qui est dans son camping car sur le parking avec toute sa smala. Et puis je rencontre le sympathique Hervé sur le blog duquel je vais depuis quelques temps. Je croise Philippe et son fils qui vont courir sur le 33, on a juste le temps d’échanger un mot. Benoit Laval nous dit qu’il va faire bon, j’en déduis qu’on pourrait courir en tongues et en short mais je ne vais pas m’y aventurer pour autant. Faudrait quand même essayer des YakTrax sur des tongues, ça aurait un côté innovant et rock and roll qui ne serait pas pour me déplaire…


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9h00. C’est l’heure du départ du 33. Taz, Arthur et moi-même nous serrons les coudes (j’ai bien dit coudes avec un D) pour une photo de groupe, madame Taz y va de la sienne. Mon F305 décide de faire la grève. C’est marrant, ça m’était déjà arrivé une fois, en 2008 lors de l’Ambertrail : j’arrive avec le Garmin chargé à ras et quand je le branche : « piles faibles » et il se met en carafe direct, batterie totalement à plat. Bon, j’ai tout juste le temps de ranger ceinture cardio et le 305 dans la poche du sac. Pour une fois on va courir au feeling ; après tout ça peut pas faire de mal !


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Le départ est donné, on est dans le fond, à côté de la fenêtre et à proximité du radiateur. Ça papote ça papote et le parcours démarre gentiment par une petite descente dans le goudron, avec de la neige tassée. Bref, c’est mignon tout plein. Mais je suis pas dans mon assiette, je sens qu’il y a un truc qui foire du côté de mes intestins. Je prends un peu d’avance sur Taz et Arthur avec dans l’idée de trouver un coin sympathique pour y poser mon auguste séant et alléger mes intestins comme il se doit. Il me faut pourtant attendre un petit moment car je ne montre mes fesses au public qu’en de rares occasions et la piste est étroite, trop dangereux pour mon intimité. J’accélère donc, commence à doubler un, deux puis des poignées de concurrents. Pas facile d’ailleurs de doubler dans la neige. On s’écarte de la trace et hop c’est dans la poudreuse qu’on s’enfonce ! Comme je suis bien élevé, j’essaye de passer au large pour ne pas gêner les autres coureurs. Et j’accélère encore car je repère un petit bois au loin qui me semble pas mal pour un tête à tête bucolique. La piste bifurque sur une petite bosse sur la droite, je prends à gauche et vise un bel arbre qui ne s’offusquera pas d’un peu d’engrais naturel. Je déboule sous les arbres à fond les ballons, enterre la hache de guerre entre mes boyaux et moi. Soulagés, mes intestins me lancent un « go ! go ! go ! » que n’auraient pas reniés les G.I. vomis par les hélicos de l’oncle Sam sur Saïgon en 1975.


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Persuadés que mes compères ont continué, je me lance alors à leur poursuite. Je comprendrai plus tard qu’ils étaient derrière… Je ne suis pas lent à comprendre, mais il faut m’expliquer longtemps. Ce n’est qu’arrivé au premier ravito que je déciderai de faire la course à mon rythme, ayant perdu toute notion de temps. Faut dire que sans montre, sans chrono, sans chemise, sans pantalon, euh non, je m’égare… Bref je suis à la rue, incapable de savoir depuis quand nous sommes partis. Je me doute que Taz et Arthur sont derrière mais je décide de continuer. Trop d’incertitudes à les attendre. Sans compter que je commence à avoir mal au dos, les acrobaties de bricolage de la veille se rappellent à mon bon souvenir. Je prends la décision de ne pas m’éterniser.

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Rapidement les premiers du 22 km qui s’élançait 30’ après nous nous rejoignent. Je comprendrai ensuite qu’il s’agissait d’eux (faut m’expliquer longtemps que je vous dis !) parce que sur le coup, j’ai vu trois ou quatre types en vrac, à doubler comme des flèches sur des portions carrément pas prévues pour. Bilan : deux chutes devant moi, on se croirait sur les pavés de Paris Roubaix. Faut dire que les garçons ne prennent pas de gants pour s’imposer et passer. C’est même limite. 

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Heureusement mon (lointain) passé de rugbyman m’a laissé des épaules qui, si elles m’handicapent en temps normal en course à pied, me sont bien utiles à ce moment. Un gars essaye de me faire un intérieur (et vas y que je te marche sur les pieds, un coup d’épaule et je passe) mais les 60 kg maxi du garçon se heurtent aux 73 kgs de l’ancien trois quart aile. Que croyez vous qu’il advint ? Comme disait Audiard, un intellectuel assis va toujours moins loin qu’une brute qui marche… Mais justement parce que j’ai été formé à l’école du rugby, de la fraternité et de la hips… troisième mi-temps, je tends le bras pour aider le gars à se relever et à voler vers d’autres cieux. Quelle bande de viandards, quand même, je me dis…
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Faut dire qu’à ce moment là je commence à fatiguer un peu. Nous approchons de la mi-course (je ne le sais pas, mais je le demande à un gars qui me dit avoir 15 kms à son GPS de poignet) et les longs passages dans la neige poudreuse ont laissé des traces (pas que dans la neige). Purée c’est physique ce truc là mais les jambes répondent. Je décide de me calmer un peu et de profiter.

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Arrêts photos, un lac gelé, un paysage embelli par un timide rayon de soleil. C’est pour ça qu’on est venu. Je discute avec les gars qui m’encadrent, puis me mets dans la foulée d’une triathlète (c’est marqué sur son tee shirt) qui avance bien. On déconne un moment puis c’est le second ravito. Je m’arrête vite fait, demande s’il y a du vin rouge pour faire passer le saucisson, rigole avec les bénévoles puis je pars dans les traces d’un centurion romain au déguisement très classe. J’aurais appris que les centurions portaient des XT Wings, c’est un truc qu’Uderzo et Goscinny n’avaient pas précisé dans Astérix…

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Le petit groupe qui se forme dans la petite bosse monte à son rythme. Je me cale sur les derniers et remonte petit à petit. J’ai les jambes dans un bon état. Je me sens bien, je n’ai aucune idée du kilométrage restant à faire, je n’ai pas le profil en tête, je cours au feeling et ça fait un bien fou. Je discute avec un peu tout le monde, ça doit être soulant pour eux. Y’a même un chien qui court avec nous depuis que nous sommes passés devant un ferme. Et il a la pêche le garçon avec ses 4 pattes. Dans un raidillon court mais velu, il nous met 100 mètres dans une accélération digne de Marco Pantani sur une étape de montagne de la grande époque. Pour la petite histoire et avant que je n’oublie de le préciser, je tordrai finalement le chien qui passera la ligne d’arrivée environ 10 minutes après moi (véridique : le chien a passé le portail d’arrivée ! )


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Un peu avant le dernier ravito, le parcours du 22 et du 33 se rejoignent. Je guette si j’aperçois mon beau-père (qui ratera finalement d’un souffle le podium catégorie V3, comme très souvent d’ailleurs) mais je fais chou blanc (ce qui est logique vu la quantité de neige).


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La neige justement, elle est très largement praticable. Rien à voir avec le début de course, où l’on s’enfonçait joyeusement dans de la poudreuse qui vous immobilisait par terre à chaque foulée. Où il était impossible de courir (sauf en descente et là c’était le grand pied). J’ai hâte d’en finir, et je demande à un gars combien il reste. Il me dit 8 kms maxi. Je me sens tellement bien que je me mets à courir partout, dans les petites côtes y compris. Je ressens cette même hilarité que j’avais connue lors de la fin de l’Ultra Trail du Sancy. L’impression qu’on va pouvoir continuer des heures durant, qu’on est bien, le cœur tranquille, les jambes qui déroulent. On se sent en alchimie avec les autres qu’on salue, avec la nature qu’on aime et avec son corps qu’on remercie pour sa tolérance.

Et j’avoue que sur les 5 derniers km je vais me lâcher. A la moindre descente je me lance à toute vitesse dans la pente, je pense à un zéro de la seconde guerre mondiale qui prend pour cible un porte avion ricain. Sauf que là, pas de cible, je dépasse des concurrents du 22 et du 33 en passant sur le côté, je m’enfonce dans la neige profonde avec une joie de gosse. C’est du bonheur brut, des vagues de joie immense qui déferlent dans l’estomac et là pas besoin de pause intestinale, y’a juste à savourer…


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Je ne me suis pas arrête au dernier ravito, j’ai continué sur le même rythme, indifférent au kilométrage restant, navigant à vue en veillant à ne pas tomber et à ne pas me flinguer une cheville (à mi parcours je me suis arrêté auprès d’un gars qui s’était foulé la cheville pour lui proposer à manger ou à boire, ou tout simplement de l’aide mais il a continué et finalement je l’ai vu passer le portique d’arrivée).

C’est presque avec surprise que j’aperçois l’église de Marlhes. Je pensais qu’il restait encore 2 ou 3 kms mais on y est. J’allonge la foulée, me disant que je n’ai pas fait de séance de seuil cette semaine (juste un peu de seuil au cardio dans une côte) alors j’envoie du lourd et finit avec une sensation de grande joie cette première course de la saison. 3h42 au chronomètre officiel, avec le Garmin au fond de la poche du sac qui a fait 33 kms les doigts de pieds en éventail… Y’en a qui s’en font pas, je vous jure ! J’espère qu’il va ne pas me refaire le même coup pour l’Occitane. Mais cette fois j’emporterai le chargeur portable USB pour parer au problème.


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Je marche jusqu’à mes affaires, grimpe en haut des marches du gymnase et retrouve Hervé en pleine séance d’étirements, on papote un peu ; ça fait plaisir de voir que ça s’est bien passé pour lui sur le 22. De mon côté, j’ai bien besoin d’une douche. Après un tour par la case décrassage, je discute rapidement avec mon beau père qui est déjà en train de manger (c’est ça l’expérience des V3). Ensuite c’est à notre tour de faire la queue pour aller manger une tartiflette fort à propos. J’en profite pour boire ma bouteille de St Yorre syndicale. Je tombe par hasard sur Bernard, que j’ai rencontré lors de la reconnaissance de la 6666 début janvier. Ça fait plaisir de voir des gens de chez moi ;)) Il me présente Maryline qui vient de remporter la course féminine du 33 km, excusez du peu... On discute de mon autre pays, d’adoption celui-ci : le pays de l’Arbresle. Voilà que Taz et Arthur nous rejoignent pour la tartiflette suivie de sa traditionnelle bière. Je m’excuse auprès d’eux pour le coup de Trafalgar du départ (il s’agit même d’un coup de trafalzar !). Et j’ai une pensée pour Jean Mik qui devait faire cette course, j’espère prendre bientôt le départ d’un trail avec toi mon gars ;)


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Après la bière, on papote encore (devinez de quoi…) et finalement je pars à 14h50 sans mollir car j’ai rendez vous à 16h00 avec mon téléviseur et sans les gosses pour le match décisif Stade Toulousain / Sale (qui verra la victoire des toulousains, ouf, un week end qui s’achève vraiment bien).

Maintenant, place à une petite semaine d’assimilation sans intensité ni volume dans les sorties ; voilà qui va faire du bien avant la suite du programme !  

Par Oslo - Publié dans : Compte Rendu de course
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Dimanche 17 janvier 2010 7 17 /01 /Jan /2010 14:58
Samedi 9 janvier. Il est 7h du matin, je démarre la voiture en direction de Vailhan. 58 minutes de route et j’arrive en avance au rendez vous fixé sur la place du village. Ce petit patelin niché dans l’arrière-pays du pays biterrois est tranquille. Les ruines du château de Castellas dominent le village et son église.

Si je suis ici de grand matin (pour un samedi, en congés qui plus est) c’est parce que Vailhan, le vendredi 23 avril prochain, sera animé par un peloton de coureurs qui vont venir en découdre avec les 118 kms et 6666 m de dénivelé positif annoncés de la 6666 Occitane. Aujourd’hui, j’ai rendez vous avec quelques autres allumés pour faire une reconnaissance du parcours. Il s’agit des 46 premiers kilomètres entre Vailhan et Lamalou-les-bains. Mais pour l’instant, je suis seul. Il est 8h du matin et ça pèle velu. Un vent glacial s’engouffre dans la voiture dès que j’ouvre la portière. Je passe au-dessus de ma frilosité pour me changer. Ceinture cardio, chaussures de trail, et surtout guêtres que je viens d’acheter en prévision des sorties neigeuses du mois de janvier, à commencer par le Raidlight Trail Trophy…

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Il est 8h30 passé. Je suis prêt mais toujours seul. Aucune voiture dans le coin, tout le monde semble profondément endormi. Et comme la température doit être de -3°, ils ont bien raison. Finalement un coureur me rejoint puis un second. Celui-là je le reconnais, c’est Antoine Guillon. Vainqueur de la Montagn’hard 2009, multiple finisher à l’UTMB (dont 2 fois dans les 6 premiers) et au Grand Raid de la Réunion (3 fois dans les 4 premiers), c’est un petit gabarit au talent immense. Et surtout d’une grande simplicité. Ce qui est d’autant plus appréciable… Antoine nous informe que les autres participants auront un peu de retard et nous invite à venir boire un thé au chaud chez lui. Nous faisons la connaissance de madame, et de certains autres coureurs qui sont déjà là, comme Gérard, l’organisateur de l’Ultra Trail d’Andorre. Forcément, ça papote trail, organisation de course, et Gérard me donne bien envie de m'inscrire à l'Ultra Trail d'Andorre mais ça ne sera pas pour cette année, prépa de Millau oblige...

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Tout le monde nous rejoint et à 9h30 et c’est l’heure des présentations pour ceux qui ne se connaissent pas (surtout moi en fait, l’expatrié lyonnais pourtant originaire de la région). Plus de dix prénoms qu’on vous annonce en moins de 30 secondes, inutile de dire que je les oublie aussi vite. À part pour Lionel, alias Yoyo sur UFO et Pascal, le coorganisateur, triathlète qui nous suit en VTT… Bon voilà, cette fois il est temps d’y aller car le vent nous frigorifie. Nous nous élançons à petites foulées direction les sentiers ! Sortie du village puis petite côte histoire « d’étirer le peloton le jour J » dixit Antoine. Jusqu’à Faugères (km 21), le parcours que nous allons emprunter n’est pas à 100% celui qui sera finalement retenu le jour de la course. Ben oui, quand on fait de la reco, on jardine, on essaye… Mais ces 21 premiers kilomètres sont gentils. On peut courir tout le temps (sauf le jour de la course où perso je garderai des forces dès le début) et les côtes sont douces et pas longues.

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Notre petit groupe de 14 coureurs progresse à une allure tranquille de rando course. Ça papote dans tous les coins, on prend le temps de se ravitailler pendant que Yoyo aide Pascal à réparer la crevaison de son VTT. Mais on ne s’éternise pas car dès qu’on s’arrête, on a l’impression que le blizzard va nous transformer en blocs de glace. Un tel froid c’est quand même peu courant dans la région… Alors nous repartons pour éviter de rester trop longtemps immobiles. L’ambiance est joyeuse dans le groupe, j’ai beaucoup apprécié cette réunion en petit comité où tout le monde échange. Yoyo raconte son périple sur la Transpyrénéenne, Antoine nous parle de son abandon au Népal dû au mal de l'altitude puis de ses projets pour l'année... Retour d'expérience sur le Grand Raid de la Réunion... Tout le monde a des anecdotes intéressantes et c'est vraiment plaisant. 

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Pour la suite du périple, nous passerons bien par les deux « sommets » de cette première partie de course, comme prévu : Tantajo (km 27) et La Coquillade (km 37). Pour y grimper, nous marchons dans les coupe-feu, ces pistes qui portent bien leur nom, avec pour certaines des pourcentages assez velus voire même carrément costauds. Là aussi le jour J faudra y aller tout doux !

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La descente sur Lamalou-les-bains sera le moment de répit final, le jour de la course, il s’agira du second ravito mais sûrement du premier auquel je m’arrêterai quelques instants. Mais aujourd'hui, pressés d'aller nous mettre au chaud, nous sommes descendus à un bon rythme, façon de voir si les cuisses répondaient encore... Nous convergeons vers les voitures qui nous attendent pour nous ramener à Vailhan. Arrêt du Garmin sur un temps de 6h pour 43 km et 1900 m de D+ pour 46 kms et 2000 D+ annoncés sur le site de la 6666. La barrière horaire pour la course est fixée à 6h30, après un départ de Vailhan à 21h. Inutile de vous dire que le jour J, je vais être plus proche de la barrière horaire que des 6h mises aujourd’hui ! Je me connais, prudence, prudence… Retour à Vailhan dans les voitures et je profite des conseils d’entraînement prodigués par Antoine, c’est toujours bon à prendre…

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Sur le forum UFO, lorsque Antoine nous a parlé de cette reconnaissance, il a précisé qu’il s’agissait de la partie la plus roulante du parcours. Sourire… Ceux qui ont envisagé de participer et qui ne connaissent pas la suite du parcours peuvent s’attendre à du technique et à du velu. Pendant que nous courrons je prends conscience de la difficulté que va représenter cette course. Mais aussi de sa beauté. Antoine et Pascal nous ont mitonné des portions tout simplement superbes, avec pléthore de sentiers monotraces au milieu des cailloux. Et dire que cette partie va se courir de nuit (départ de la course prévu à 21 heures), je suis content d’avoir pu faire cette reconnaissance car je sais à quoi m’attendre. Je connais un peu le Caroux et je sais que la suite du parcours sera dantesque mais je pensais que cette première partie serait vraiment « roulante » en français dans le terme. Mais finalement c’est tout aussi bien que ça soit du velu, après tout il faut bien justifier les 4 pts que cette course donnera aux aspirants UTMB s’ils franchissent la ligne d’arrivée…

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Pour résumer, cette partie Vailhan – Lamalou est une succession de petites et moyennes bosses qui l’air de rien, ont le chic pour vous casser les jambes si l’on n’y prend garde. Moralité : il va falloir en garder un paquet sous la semelle le jour J. Parce que si on part trop vite, c’est le casse-pipe assuré. Je pense notamment à la descente après la Coquillade, truffée de pièges (surtout de nuit) qui sera à prendre avec grande précaution pour nous autres coureurs solos. Les relais en revanche, vont débouler à toute blinde là-dedans, ça sera l’occasion pour eux de semer ceux qui ne sont pas à l’aise dans les descentes un peu chaudes. Et puis la grimpette sur la Coquillade qui fait bien monter les pulsations si on n’y prête pas garde… 5.jpg
Mais surtout, ce qu'il faut bien comprendre, c'est que tout ça n'est qu'une grande partie de rigolade en comparaison de la suite et de la partie dans le Caroux !
Bref, encore une fois, si certains comptent venir mais ne connaissent pas le coin, surtout ne prenez pas cette course à la légère. Ce n’est certes pas les Alpes ni les Pyrénées, mais je vous garantis qu’il y a largement de quoi se faire mal aux pattes et se faire piéger !


image_1671.jpgDe mon côté, je vais y aller avec l’objectif de finir dans les délais impartis et si je parviens à tenir le plan d’entraînement que je me suis prévu sur les 16 semaines entre le 1er janvier et le 23 avril, j’ai bon espoir d’y parvenir. En tous cas je vais tout faire pour !
Par Oslo - Publié dans : Compte Rendu de course
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Dimanche 10 janvier 2010 7 10 /01 /Jan /2010 13:25
Dans mon langage, objectif ne signifie pas chronométre. Il s'agit simplement de dire que je vais m'entrainer de manière spécifique pour ces courses là. Ce sont celles qui me tiennent le plus à coeur et que je vais essayer de préparer le plus "sérieusement" possible.

Pour 2010, elles seront au nombre de 3 dans l'ordre chronologique :
- 23 avril : 6666 Occitane. Trail de 118kms et 6666m de D+ dans le massif du Caroux (Haut Languedoc)
- 25 septembre : 100 km de Millau. Cent bornes de légende sur les routes millavoises.
- 03 décembre : 24h du Pontet. Courir en rond pendant 24heures... je me lance !

Et à côté, d'autres courses de préparation aux trois précédentes, ou simplement "pour le fun" :
- 23 janvier : Raidlight Pilat Trail. Trail de 32 kms et 1500m de D+ dans le massif du Pilat.
- 14 mars : Trail des cabornis. Trail de 38 kms et 2100m de D+ dans les monts d'or, aux portes de Lyon.
- 28 mars : Lyon Urban Trail. Trail de 39 kms et 1600m de D+ entre Rhône et Saône.
- 06 juin : Ambertrail. Trail de 32 kms et 1300m de D+ en Auvergne.
- 03 juillet : 100 km du Morvan. Cent bornes sur les traces de Vercingétorix.
Par Oslo
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Jeudi 31 décembre 2009 4 31 /12 /Déc /2009 08:40
Nous voici donc arrivés à la St Sylvestre ! Et avant de tourner définitivement la page de l'année 2009, il est temps de dresser un petit bilan de l'année de course à pied qui s'achève... avant d'en entamer une autre !
P1010757.jpg

Les 3 flops 2009:

- Ma tendinite / dentinite de janvier à avril qui m'a bouffé trois mois de prépa et qui ma fait annuler le Grand Raid Ventoux. Là je l'ai vraiment mauvaise ! 3 mois sans pouvoir courir plus d'1 heure c'est la galère.
- Ma blessure à la con au tendon d'achille (glace direct sur la peau = brûlure :o))) qui m'a fait annuler un trail alpin en août. Avec le recul, c'est plus drôle qu'autre chose... ça m'apprendra à jouer les apprentis Rambo.
- Le peu de dossards accrochés (3 seulement) même si c'est pas ce que je préfère, j'avoue que ça m'a manqué.

Les 3 tops 2009 :

- Mon déménagement dans les monts du lyonnais avec plein de sentiers et du dénivelé comme j'aime et l'augmentation de mon KM hebdo suite à ce déménagement.
- L'ultra trail Sancy en septembre : mon meilleur souvenir de course à ce jour. Tout a été génial, une fois arrivé, je me suis dit que j'aurais pu repartir dans l'autre sens...
- La découverte des méthodes d'entrainement au cardio de Stu Mittleman dans son bouquin Slow Burn. Une révélation qui m'a fait gagner plus d'1 km/h à FC constante en quelques mois seulement.

Comparatifs 2008/2009 :

  2008 2009
Nombre de sorties 162 194
Kilométrage total 2100 km 2350 km
Dénivelé total 35094 m 46920 m
Nombre d'heures 207h26' 230h54'
Nb moyen de sorties hebdo (hors période de coupure) 3.65 4.65
Nb moyen de KM hebdo (hors période de coupure) 47.75 57.45
Dénivelé moyen hebdo (hors période de coupure) 765 m 1299 m
Nb d'heures moyen hebdo (hors période de coupure) 4h36' 6h00'

Bon, y'a pas à tortiller pour marcher droit... Ce que j'aime c'est courir beaucoup (souvent et longtemps). La vitesse passe au second plan. J'ai donc été malheureux entre janvier et avril 2009 car je n'ai pas pu faire de sortie de plus de 20', 30' et au mieux 45' pendant de longues semaines... Ce qui explique le mauvais ratio "Km total / Nb de sorties". J'espère donc pouvoir corriger tout ça en 2010 et dépasser les 2500 km (oui je sais, c'est crétin et inutile comme objectif mais je m'en fous, je fais ce qui me plait :)))

Les 3 objectifs 2010 :
En fait, les 3 objectifs sont conditionnés par un 1er objectif primordial : ne pas se blesser ! Dès lors, si tout va bien, j'ai 3 objectifs principaux de course pour 2010 qui sont, par ordre chronologique :

- 23 avril 2010 : de la première édition avec la 6666 occitane (mon 1er cent bornes trail)
- 25 septembre 2010 : du mythique avec les 100km de Millau (mon 1er cent bornes route)
- 03 décembre 2010 : du hamster avec les 24 heures du Pontet (mon 1er 24 heures).

Dès lors, facile de comprendre comment va s'articuler ma saison : trail de janvier à avril / récup en mai / goudron de juin à septembre / récup et spécifique 24h d'octobre à décembre / coupure en décembre.
Bon, alors oui, prévoir des trucs à l'avance comme ça c'est chaud parce qu'on ne sait jamais ce qui peut se passer (2009 m'a bien appris là dessus). Mais bon, se fixer des objectifs c'est quand même motivant et stimulant (le cousin de Stimorol) donc c'est bon ! Ces 3 objectifs là vont m'occuper 12 mois ou presque, j'ai bien travaillé, j'ai mérité de partir en vacances ce soir... Je vous la souhaite bonne, prospère et joyeuse à tous !

Par Oslo - Publié dans : Bilan
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Lundi 28 décembre 2009 1 28 /12 /Déc /2009 16:20
Cette dernière semaine de l'année sera une semaine de coupure au niveau de la course à pied en ce qui me concerne mais je me rattraperai sur les chocolats, foie gras, et vins... Ben oui, on n'est pas puni hein :)

1 - Pour buller pendant les fêtes

Avant que l'année ne se termine, je vous souhaite à toutes et à tous d'excellentes fêtes de fin d'année. Profitez bien de votre famille et des bonnes choses de la table... Car à partir du 4 janvier, semaine 1 oblige, va falloir se remettre à l'entrainement


http://boutique.ultrafondus.net/images/articles/UFOMagHS02-miroir.pngD'ici là, relaxxxxx ! Vous pouvez en profiter pour buller devant le superbe Ultra Calendrier 2010 que nos amis d'Ultrafondus ont concoté et lâché en kiosque depuis le 15 décembre. Et pour ceux qui auraient déjà le teint jaune révélateur d'un foie fatigué par les abus de produits raffinés, je vous ai même mis le lien pour commander directement le précieux mag directement depuis votre canapé acheté en trois fois sans frais. Oui je sais je suis décidément trop sympa en cette fin d'année, sûrement le relâchement après une année bien remplie.
Pour en revenir à ce calendier UFO, inutile de vous dire qu'en ce qui me concerne, je l'ai déjà lu et relu et que j'ai même entouré plusieurs rendez vous pour l'an prochain... J'ai comme l'impression que ça va twister dans les chaussures en 2010 !



2 - Le dernier dossard de l'année : la montée de Chambles 2009

Tiens, sinon, j'ai participé ce dimanche 27 décembre à la dernière course de l'année. Bon okay, je n'en avais disputé que 2 cette année (famélique, vous avez dit ?) mais c'était quand même la 3ème et dernière ! Comme je l'ai fait en 2007 et 2008 j'ai pris part à la traditionnelle Montée de Chambles. Pour une fois j'y suis allé avec un objectif chrono. Après mes 55'17 de 2007, je voulais faire 50' cette année. Objectif ambitieux mais réalisable car j'ai quand même progressé depuis 2 ans. Et pour une fois, moi qui déteste l'objectif chronométrique, je me suis dit "why not?" (oui, je parle super bien anglais :))

La montée de Chambles (pour ceux qui dorment au fond à côté du radiateur, le ventre explosé par les abus de papillotes) c'est dans la Loire et c'est une petite grimpette de 11 kms pour un peu plus de 300m de D+.  Et comme dans toutes les courses, c'est celui qui arrive le premier qui a gagné.

http://www.wanarun.net/elevation/courbe_6344.png
Bon là je me suis pas posé de questions, j'ai démarré comme une mule, avec en ligne de mire les Laval, Guichard et compagnie; excusez du peu ! Et forcément j'ai explosé assez vite :) Bon c'était rigolo mais je le referai pas chaque semaine. En plus j'avais pas vraiment tout fait pour faire péter un chrono : bouffe de noël toute la semaine, 50 kms dans les pattes les 4 jours avant la course... Malgré tout je me suis bien explosé les gambettes. Parti trop vite, sur des bases de moins de 4' au kilo, pour moi qui court tout doucement, c'était forcé que ça explose en vol. J'ai chopé un point de côté au 2ème kilomètre et hop j'ai pioché le reste de la course. Quand j'ai vu que je ne pourrais pas finir en 50' j'ai un peu baissé les bras et j'ai laissé faire. Au final je termine en 51'50" environ, les jambes piquantes et j'ai récupéré dans la descente goudronnée pour rentrer, car cette année j'ai echainé le retour en courant soit 11,5 kms dans l'autre sens. Au final je suis partagé... Pour me faire mentir moi-même j'avouerai que se lancer un petit défi chronométrique, de temps en temps, c'est pas mal. Je comprends même que certains ne jurent que par ça. Mais bon, on ne se refait pas, ça me gonfle. Je crois que je vais malgré tout instaurer comme tradition de ne viser le chrono qu'une fois par an, pour Chambles. Cela me semble un choix raisonnable, ménageant la chèvre et le chou (ou le Riesling et le foie gras, c'est comme vous préférez).

Sur ce, je coupe tout entrainement durant cette semaine entre noël et le jour de l'an, je bosse 4 jours puis c'est parti pour 10 jours de congés à partir du 31 ! Avec le début de mon plan d'entrainement pour la 6666 qui commence fort puisque le 9 janvier j'ai rendez vous avec quelques UFOs pour une reconnaissance de la 6666. Au menu 46 kms et 2000 m de D+ dans le Caroux : je vous raconte tout ça avec les photos qui vont bien d'ici mi janvier. D'ici là portez vous bien !
Par Oslo - Publié dans : Entrainement
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Jeudi 17 décembre 2009 4 17 /12 /Déc /2009 14:03
2010 c’est presque là ! Mon planning de courses et donc, par voie de conséquence d’entrainement, est finalisé. L’année va s’articuler autour de 3 objectifs majeurs. Par objectifs, je veux parler de courses principales avec tout autour des courses de préparation, des courses plaisir, et des off qui vont bien aussi… parce qu’on n’est pas punis !
Mais pour l’instant je préfère penser pas à pas, et aborder les choses les unes après les autres…

Où on en est ?
Là, au milieu de la huitième semaine sur dix d’un plan « général » de remise en forme qui a suivi 15 jours d’arrêt consécutifs à ma participation à l’Ultra Trail du Sancy et à mon déménagement à la campagne…

Comment on est ?

On est pas mal mais j’avoue que je commence à fatiguer un peu, la faute à beaucoup de boulot, du stress, de la malbouffe  à midi liée à ce stress et à ce boulot… et des semaines bien chargées niveau course à pied autour de 100 km hebdo. Il est donc temps de lever le pied pour reposer la machine avant la suite des évènements. Je vais donc alléger les 2 prochaines semaines en terme de volume et d’intensité d’entrainement. Début des hostilités 2010 prévu le 4 janvier.

Et maintenant ?
(sur une bande originale de Gilbert Bécaud…)
Ben maintenant, on va prendre une semaine de vacances pour noël. Au programme un peu de footing mais pas trop et sûrement la traditionnelle Montée de Chambles le dimanche 27 décembre pour le non moins traditionnel dernier dossard de l’année. J’ai pris le départ en 2007 et en 2008, je vais donc faire la passe de trois (non ce n’est pas sale). Et au risque de vous décevoir, je pense même que je vais y aller avec un objectif chrono ! Et oui, sacré nom d’une pipe : comme quoi tout arrive ! En fait je veux éprouver jusqu’au bout ma théorie du « le chrono c’est caca » et me mettre en situation compétitive. Histoire d’analyser les sensations que j’aurais pendant la course en pensant chrono. Histoire de voir si je me sens toujours aussi mal à l’aise avec ça. Histoire de voir si je suis super déçu ou au contraire super heureux à la fin, en fonction du résultat… Et de la façon que ça a de pervertir, ou pas, mon ressenti sur la course. En 2008 j’y étais allé en touriste et en 2007 j’avais couru les pas à tout fait 12 kms et 300m de D+ en 55’ ; l’objectif sera donc de faire mieux. Ce sera une expérience sur ma relation un peu SM avec le chrono…
Ensuite, la dernière semaine de l’année, 53 de son petit nom (en 1953, George Brassens sortait son album « La mauvaise réputation »), ce sera entrainement nul ou presque. A peine 4 sorties pour venir bosser, soit même pas 40 km. Il faudra dormir et prendre des forces pour aborder 2010… TADAM ! (ça c’est censé faire mystérieux et inattendu…)

1er objectif 2010

Car le 4 janvier 2010 je démarre un plan d’entrainement aux petits oignons en vue de mon premier objectif de l’année… qui aura lieu les 23 et 24 avril… la 6666 Occitane. Au menu : 118 kms et 6600m de D+ dans le massif du Caroux qui a bercé mon horizon durant 21 ans (les 21 années qui ont précédé mon exil lyonnais). Quand on voit le profil de cette course:

profil 6666

…et qu’on sait que son traceur n’est autre que monsieur Antoine Guillon (vainqueur de la Montagn’Hard, trois fois dans le top 4 du grand raid de la réunion, 2 fois dans le top 6 de l’UTMB…) on peut s’attendre à une course de malade.

Et pour préparer une course de malade, ben, faut arrêter de s'amuser et se mettre au boulot. Donc, cette année, pour la première fois j’ai décidé de me mettre sérieusement au boulot. Exit les semaines cool pleines d’endurance et de sorties à la papa. Je me suis donc préparé un petit plan de 16 semaines avec ce qu’il faut de VMA, de seuil, de rando courses et de travail type trail (montées, descentes…). Bon, pour être tout à fait honnête, j’ai énormément de mal à me motiver en semaine à 4h du matin pour aller faire de la VMA à la frontale dans la nuit noire… autant sortir à cette heure là pour faire du travail en côte, du trail, ou de l’endurance, voire du seuil : pas de souci, mais pour ce qui est de la VMA, c’est une véritable punition. Pour autant je vais essayer de m’y tenir (si le corps le tolère) car le profil de la 6666 c’est pas pour les demi-sels, et va falloir que je m’y file pour préparer ça un peu sérieusement. C'est-à-dire en travaillant toutes les allures comme un gentil garçon… Ce que je n'ai jamais réussi à faire. Bon, ce sont des déclarations de bonne intention, faudra que je m'y tienne mais après 15 jours de repos relatif d'ici début janvier, je pense que j'aurais rechargé les batteries comme il faut. Et puis cette course me tient à coeur, je reviendrai plus tard sur les aspects psychologiques autour de ce massif du Caroux dans mon Languedoc natal.

Intégrées dans mon planning, j’ai également prévu quelques courses et off de préparation :
-    9 janvier : reconnaissance officielle de la 6666 sur les 46 premiers km (2000m D+) : une sorte de "2222" :))
-    24 janvier : Raidlight Trail Trophy : 33 kms dans la neige avec les potes Taz, JeanMik et Arthur.
-    14 ou 21 février : OFF monts du lyonnais : 2x50 kms et 3000m D+ sur 2 jours avec qui veut venir...
-    14 mars : Trail des Cabornis : 40 kms dans les Cabornes

Bon, pour l’instant l’échéance du 23/24 avril est encore loin, je ne fais pas trop d’huile mais je crois que dès le 9 janvier, à l’occasion de la reconnaissance officielle d’une partie du parcours ; je vais réaliser que j’ai du pain sur la planche. Me connaissant il faudra juste que je sois vigilant pour ne pas trop en faire question volume :) et pouvoir récupérer comme il faut. Bref, un savant dosage que pour une fois, je compte respecter grâce à un plan un peu réfléchi (mais pas trop, faut pas pousser non plus, je reste un ancien fainéant :)))

Par Oslo - Publié dans : Entrainement
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Dimanche 13 décembre 2009 7 13 /12 /Déc /2009 18:05
Semaine 50 : Foncier 7/10

Lundi 07/12 SAP 15,7 km - 300m D+
1h23' FCMoy : 153
Lundi 07/12 A/R boulot 9 km - 200m D+ 0h50'  
Mardi 08/12
MEP
13,3 km - 290m D+ 1h17' FCMoy : 147 
Mardi 08/12
A/R boulot 9 km - 200m D+ 0h50'
Mercredi 09/12
A/R boulot 9 km - 200m D+ 0h50'
Jeudi 10/12 MEP/SAP 15,7 km - 400m D+ 1h26' FCMoy : 151
Jeudi 10/12 A/R boulot 9 km - 200m D+ 0h50'  
Vendredi 11/12 A/R boulot 9 km - 200m D+ 0h50'  
Dimanche 13/12 Trail 20,3 km - 510m D+ 1h52' FCMoy : 155
  CàP 110 km - 2510m D+ 10h10'  

51gXj2kVr4L._SS500_.jpgLa fin d'année se rapproche... Je prépare donc cela comme il se doit. Aujourd'hui visite d'un marché de noël où nous nous sommes fournis en produits diététiques et adaptés à la pratique de la course à pied : cassoulet artisanal, foie gras de canard, et pâté de campagne. Le tout en provenance directe d'un petit producteur Aveyronnais, région bénie des dieux...

Et puis pour me donner bonne conscience, j'ai passé commande du bouquin ci-contre : "Guide d'entrainement à l'ultra-trail - l'exemple : Le grand Raid de la réunion", par Eric Larcroix.
Voilà de quoi agrémenter mes trajets quotidiens dans le train pour aller au boulot. Faut dire que j'ai décidé de préparer sérieusement mon premier objectif 2010... qui ne sera pas la Diagonale des Fous même si j'aimerai bien (ce sera pour plus tard j'espère).
Moi qui ne planifie jamais rien de manière très cadrée, j'ai cette fois jeté des idées de séances/semaines spécifiques pour un entrainement à l'ultra trail.
En complément je me dis que ça ne sera pas inutile de lire comment les vrais coureurs d'ultra trail et leurs vrais entraineurs préparent une course comme le Grand Raid...

Pour plus de détails sur l'année 2010, rendez vous dans quelques jours, je ferai une petite présentation de mes objectifs et des principales courses que j'espère être en mesure de réaliser... Après les soucis de début 2009, je reste prudent dans l'établissement de mes objectifs, on ne sait jamais de quoi demain sera fait. Mais bon, je suis confiant, la truffade m'avait bien réussi pour le Sancy en septembre, y'a pas de raison que le cassoulet et le foie gras ne fassent pas de même pour le premier trimestre 2010 :)
Par Oslo - Publié dans : C.R. hebdo
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Dimanche 6 décembre 2009 7 06 /12 /Déc /2009 15:19
Semaine 49 : Foncier 6/10

Lundi 30/11 A/R boulot 9 km - 200m D+ 0h50'  
Mardi 01/12
A/R boulot 9 km - 200m D+ 0h50'  
Mercredi 02/12 MAP 14,5 km - 340m D+ 1h29' FCMoy : 141
Mercredi 02/12
A/R boulot 9 km - 200m D+ 0h50'
Jeudi 03/12 A/R boulot 9 km - 200m D+ 0h50'
  CàP 50,5 km - 1140m D+ 4h49'  

Voilà une semaine famélique comme je ne les aime pas... Mais bon, concert le mercredi, coucher tardif et surtout travaux dans la maison avec 3 jours non stop de vendredi à dimanche, cela ne m'a pas permis de mettre le nez dehors et surtout les runnings dehors... J'ai tout juste profiter de la sortie MAP du mercredi matin pour roder ma 2ème paire de NB1062. Les 1063 sont attendues pour cette semaine.
Me voilà donc sorti d'une semaine light sans le vouloir, cela va me permettre d'attaquer tambour battant les 4 dernières semaines du plan "tout venant" avant de se sortir les doigts pour un plan spécifique pas piqué des vers à partir de début 2010...
Par Oslo - Publié dans : C.R. hebdo
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Mardi 1 décembre 2009 2 01 /12 /Déc /2009 14:27


Chronos a une sale gueule. Chronos a même trois sales gueules (homme, taureau et lion). Chronos c’est ce après quoi nous courrons toute la journée, toujours plus prompts à creuser notre propre tombeau. Une course sans but, frénétique et vouée au chaos, à l’obscurité, à la fin.

Je n’aime pas plus ses manifestations modernes et surtout ce que nous en avons fait. A toujours vouloir aller plus vite, à toujours chercher la productivité, le résultat immédiat, la meilleure performance. Il nous faut répondre sur plusieurs tableaux : nos vies en tant que salariés, collaborateurs ou patrons, nos vies en tant qu’Hommes, nos vies en tant que père ou mère, fils, fille, frère, sœur, voisin, collègues… conducteurs et bricoleurs du dimanche… j’en passe…

 

Ma conception de la course à pied s’entoure d’un sentiment de méfiance, voire parfois de défiance, envers le chronomètre. Vais-je devenir un meilleur homme parce que je vais courir plus vite ? Vais-je progresser dans la voie de l’humanisme en même temps que mon temps sur semi marathon va progresser de 5 ou de 10 minutes ? Je ne crois pas qu’en grimpant de cent places dans la hiérarchie d’une course, je vais devenir plus attentif aux autres, plus ouvert au monde, plus en harmonie avec ce qui m'entoure et avec moi-même. Je pense au contraire que je vais en vouloir toujours plus : battre mes records, tomber les murs des quart d’heure, des demi heures, passer sous la barre de l’heure, devancer 1, 10, 100 nouveaux concurrents. Etre le meilleur ! Vieux rêve abscons et pervers. Le chronomètre, lorsqu’il tourne à l’obsession, devient le bras armé de sa propre chute. Que peuvent deux jambes face au temps ? C’est une fuite en avant vouée à l’échec. Savoir qu’il y a un mur de béton en face de soi mais s’y précipiter avec un enthousiasme aveuglé.

Il y a un peu du mythe d’Icare revisité dans cette envie sans cesse renouvelée de vouloir courir plus vite. Abaisser son temps, comme voler plus haut, courir plus vite et se rapprocher de la barrière qu’on ne pourra plus franchir. Parce qu’au-delà de ses possibilités, au-delà du soleil, là où l’on se brûle les ailes : aux confins de ce que l’on peut. Et alors, regarder un temps sur un chronomètre en sachant qu’on est au bout. Se résumer à cette série de chiffres en affichage digital sur une montre qui ne nous survivra peut être même pas… En se disant tôt ou tard qu’on est peut être juste passé à côté de l’essentiel.


Je cours longtemps car c’est ce qui fait de moi un meilleur homme. On ne court plus pour battre le voisin, pour être le meilleur, mais juste parce que l’on entre en vibration avec le reste du monde. On ne court plus pour battre quelqu’un mais pour découvrir quelqu’un. En l’occurrence c’est soi même, ou les autres, les autres et soi même, dans n’importe quel ordre, avec une profondeur qui nous est propre. C’est là qu’on commence à toucher la complexité et le formidable paradoxe que nous propose la course à pied. A fortiori la course à pied de longue distance. D’une activité solitaire, taciturne et silencieuse, on va retirer la matière qui va alimenter le rapprochement avec les autres. Durant ces heures de recueillement individuel, on se retrouve avec soi-même, sans masque, sans fard, peut être pour la première fois. On entre en résonnance avec son moi profond, tous les constituants organiques qui nous font humains. Nous nous découvrons tels que nous sommes, dans une sorte de régénérescence salvatrice. Pas de convention arbitraire derrière laquelle s’abriter, pas de faux-semblant pour se cacher, juste la terre qui tourne sous nos semelles et l’horizon à perte de vue des possibles. Durant ces heures là, passées en tête à tête avec nous mêmes, on peut prendre conscience de l’importance des autres, de notre propre fragilité et du besoin absolu de sociabilité qui nous habite.



Certains parviennent à jongler entre les deux approches, et même à passer avec aisance de l’une à l’autre, piochant ainsi leurs petits paquets de bonheur dans chacune. J’avoue que pour ma part, c’est tout simplement impossible. Les paquets de bonheur que je retire après une course au chronomètre sont quantités négligeables. Peau de chagrin rabougrie, avec la mine grise des dimanches après midi de novembre au cœur de la ville bétonnée.

J’ai pourtant essayé la course au chronomètre, à l’occasion de semi marathons, et de course de dix, douze kilomètres. Je n’en ai rien retiré de bon. Quelques sentiments délétères de satisfaction immédiate après un temps amélioré, rien qui ne s’efface pas au bout de quelques jours. Le même sentiment de vide qu’après un repas avalé en vitesse dans un fast-food. La faim qui revient très vite. On n’est pas rassasié, il nous faut autre chose, une alimentation plus naturelle, des mets plus sains. A la recherche de l’harmonie disparue, écrasée sous le battement de la semelle toujours plus vite, toujours plus vite.


Je suis incapable de me rappeler de mes temps de référence sur 10 kilomètres ou semi-marathon. Pour cela, je suis obligé d’aller fouiller dans mes carnets d’entrainement. Et lorsque je les ai sous les yeux, rien ne transparaît, tout se fige, j’ai l’impression d’avoir le canal du midi gelé sous mes pieds. C’est morne et froid, sans saveur, sans vie. Il souffle au fond de mes entrailles un vent chargé d’ennui, incapable d’émouvoir. J’ai la sensation d’une course vaine, d’une recherche vouée à l’échec. D’une quête sans graal, monochrome et languissante.

En revanche, les sensations que m’ont procuré chacune des mes courses longues sont encore fraiches dans mon esprit. Je me rappelle de chaque souffrance, de chaque moment de joie, de ces petits riens qui mis bout à bout transforment une journée ordinaire en plaisir extraordinaire. Des foulées, des kilomètres, des heures… si loin du temps. Comme à l’abri des ravages de Chronos, de ses foudres compétitives, de sa soif absolue de se mesurer aux autres. Tous ces moments passés à courber l’échine dans une trop longue côte, à dérouler les jambes dans une descente jouissive, ces doutes, ces renoncements jamais à terme, ces rebellions intérieures et ces milliers d’explosions de bonheur brut… Lorsqu’on se sent tellement vivant qu’il faut se pincer pour comprendre qu’on ne rêve pas. Tous ces moments passés et bien plus encore à venir, forment le ciment de l’homme meilleur que la course à pied a fait de moi. Loin des chronomètres et de leurs vices. Qui font porter des jugements de valeur binaires ou décimaux, mais tellement loin de nos richesses intérieures.

 

Dans une société où il faut toujours aller plus vite, soigner la productivité, où l’homme qui ne travaille pas au rythme d’une machine devient quantité négligeable, bon à jeter, la sérénité d’une longue journée de course peut nous remettre sur les rails. Ceux de l’humanisme, ceux qui nous rendent meilleurs, ceux de la méditation, de l’équilibre entre l'être et le devenir, sans brusquer le monde, sans violer ses rythmes biologiques. Prendre le temps de ne plus se soucier du temps, ce n’est pas un luxe, c’est une nécessité.

Par Oslo - Publié dans : Le plus dur c'est de s'arrêter
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